Tariq Ramadan répond aux complotistes
Depuis la fin de l'ère Sarkozy, la télévision française semble avoir quelque peu délaissé son épouvantail musulman préféré, Tariq Ramadan...
A-t-il été choisi pour la connotation religieuse de son nom ? Ou bien pour sa filiation qu’on lui a reproché à chaque passage à la télévision ?
L’image qui fit rentrer Ramadan dans l’histoire politique française fut la mise en scène de sa confrontation à Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2007. Il était alors censé jouer le rôle du méchant musulman qui défend la lapidation. Mais les journalistes furent bien surpris de se retrouver face à un intellectuel brillant qui ne se laisserait pas aussi facilement enfermer dans la case du méchant terroriste islamo-fasciste. Les journalistes se sont alors évertués à user de stratagèmes pour le piéger et obtenir le scoop qui leur aurait valu la légion d’honneur offerte par notre très cher (et on le paie encore) ex président : "Ramadan soutient la burka, la lapidation et l’égorgement des moutons dans les baignoires". Et pourquoi pas les tournantes, puisque c’était le niveau du débat politique du moment.
Désormais, les propagandistes du web ont pris le relais des propagandistes de la télévision. L’image d’un des rares intellectuels musulmans engagés jouissant d’une aura médiatique importante est utilisée dorénavant comme l’éventail d’un autre complot (en réalité, le miroir de l’autre) : celui de l’axe américano-sioniste convergeant vers le nouveau diable qatari.
Après avoir été considéré comme symbole de l’intégrisme, on en fait maintenant un symbole de traîtrise et de collaboration à "l’Empire"... Pourtant, en toute subjectivité bien sûr, mais quand j’écoute cet homme, je reconnais plus d’intégrité dans son discours que chez nombreux hommes politiques ou religieux. Développant une pensée complexe réconciliant les richesses des cultures occidentales et orientales, mystiques et laïques, scientifiques et religieuses, il est évidemment une cible idéale pour tous les réductionnistes qui veulent appliquer leur filtre idéologique binaire à une monde qu’ils imaginent (de) bipolaire.
Ce ne sont plus seulement ses idées auxquelles on s’attaque (on cherche toujours le fameux "double discours", piètre escroquerie intellectuelle de C.Fourest et ses confrères et connessoeurs) mais à ses activités professionnelles, qui en faisaient en 2009 un dangereux islamiste, et en 2012 un agent de l’Empire !
On lui a d’abord reproché d’être présentateur sur la chaîne pro-iranienne Press TV, ce qui lui a valu d’être démis de ses fonctions au conseil municipal de Rotterdam. Aujourd’hui, c’est sa nomination comme directeur du CILE au Qatar sur laquelle reposent la nouvelle rhétorique de la diabolisation. C’est justement l’objet de cette video que je vous propose de découvrir.


