vendredi 27 janvier 2023 - par zevengeur

DNDR#07 – Dernières nouvelles du Rock’N’Roll (Blackrain, Billy Idol, Gypsy Pistoleros, Ron Atkins/Nordic Union)

Blackrain

Ayant découvert le groupe en 2013, j’écrivais « Blackrain le miracle » considérant l’improbabilité de l’apparition d’un combo de Glam/Hard-rock de ce niveau en France.
Après 6 albums d’excellente facture, ils ont convaincu un public fidèle mais ne sont pas pour autant devenus un groupe mainstream même après que Jack Douglas le producteur d’Aerosmith et de John Lennon, impressionné par la qualité musicale du groupe ait produit (à grands frais) deux de leurs albums.

Cela devrait changer avec ce septième album « Untamed » qui frise cette fois la perfection absolue, le combo signe peut être ici son « Machine Head » !
Notons d’abord la production impressionnante de Johannes Braun, chanteur des allemands de Kissin’ Dynamite et manifestement excellent derrière les consoles de mixage, sur cet album il a réussit l’exploit de dépasser le travail de Jack Douglas, en témoigne un son incroyable en particulier sur la partie guitares.
Venons-en maintenant au cœur du sujet, à savoir les compositions de l’album. Elles sont tout bonnement exceptionnelles et dépassent largement le style Glam-rock car l’amateur de Hard-rock ou de Metal y trouvera aussi son compte, en bref cet album est extraordinairement varié et le choix de 12 morceaux est parfait afin de privilégier la qualité à la quantité.
Saluons en passant la voix de plus en plus exceptionnelle de Swan, le gros travail de la section rythmique et les solos systématiquement inspirés et très accrocheurs de Max 2, en effet ces derniers sont souvent le point faible de nombreux groupes fussent-ils suédois. Signalons toutefois le triste départ en ce début d’année du batteur Frank remplacé par Franky Costanza, l’un des meilleurs batteurs français de sa génération.
En prime, pour l’annonce de ce nouvel opus le groupe a sorti 4 vidéos dont le niveau de créativité compense largement le manque de moyens, du punch, de l’humour comme ce clin d’œil à la série « Hélène et les garçons » sur le clip de l’un des meilleurs morceaux de l’album (et de l’année 2022) « Demon« .
En synthèse, Blackrain nous propose ici non seulement le meilleur album de sa carrière mais aussi l’une des meilleures productions jamais réalisée en France, si ce n’est la meilleure.
A condition qu’il y ait un minimum de promotion, cet album sans fautes devrait leur ouvrir les portes de ventes massives aux quatre coins de la planète, c’est tout le mal que l’on peut leur souhaiter !
(Pour le commander, c’est ici).

Billy Idol

Ce bon vieux Billy a beaucoup roulé sa bosse depuis qu’il est dans le circuit et sa vie fut loin d’être un long fleuve tranquille.
Après une première période punk dans les années 70 où il connut un certain succès avec son groupe Generation X, il choisit ensuite la voie d’une carrière solo avec la réussite que l’on connait.
Accompagné par son presque compère de toujours le guitariste Steve Stevens, ils furent à l’origine de l’un des duos chant/guitare les plus marquants du Rock’n’roll à l’image des Jagger/Richards (Rolling Stones), Tyler/Perry (Aerosmith) et autres Monroe/MacCoy (Hanoi Rocks).
C’est en 1982 que sortit son premier album éponyme qui reste à mon sens l’une des 10 meilleures productions de tous les temps dans la catégorie Rock/Hard-rock pour la qualité des compositions, du son et pour l’originalité.
Idol aurait par ailleurs pu démarrer une carrière cinématographique prometteuse car il avait été choisi par James Cameron en 1990 pour jouer le rôle du T1000 dans le film Terminator 2. Hélas, c’est à cette date qu’il fut victime d’un terrible accident de moto qui le clouât sur un lit d’hôpital pendant plus de 6 mois réduisant à néant son embryonnaire carrière d’acteur. Gageons que le lascar qui à l’époque ne se mettait pas que de la farine dans le nez a sans doute dépassé la limite et cela lui a couté cher.
C’est seulement 30 ans après qu’il réussit à évoquer ce drame qui lui a tant couté avec le titre « Bitter Taste » sur son EP 4 titres « The Roadside » sorti en 2021.
Ce morceau renoue avec la qualité de ses hits des années 80, un peu comme si le temps n’avait eu aucune prise sur ses talents de compositeur. Il privilégie aussi probablement la qualité à la quantité et nous n’allons pas nous en plaindre.

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En 2022, il récidive avec un nouvel EP intitulé « The Cage » tout aussi excellent que le précédent, encore un 3ième et nous aurons 12 titres pour constituer un superbe album !
Notons que le morceau intitulé « Rebel Like You » est dédié à sa petite fille Poppy Rebel et qu’il est du niveau de Rebel Yell, sans pour autant en être un remake.
Tous les kids de la planète rêveraient d’avoir un grand-père comme Billy et nous on en redemande !

Gypsy Pistoleros

Dans la chronique de présentation de Gypsy Pistoleros publiée sur DNDR#02, je m’adressais à Lee Mark Jones, leader du groupe :
« Lee, si tu m’entends, laisse tomber le cinéma de seconde zone, ce n’est pas pour toi, consacre toi à la musique.
Compose, pars en tournée, écume les clubs et tu verras que ça finira par payer, tu possèdes le talent pour conquérir le monde… »

Hé bien figurez-vous que ce dernier a manifestement lu ma chronique et qu’il a suivi mon conseil, en témoigne l’album « The Mescalito Vampires » sorti en 2021.
Ils reviennent ensuite en 2022 avec un line-up tout neuf afin d’écumer les salles de concert de la perfide Albion et le succès est au rendez-vous : les salles sont pleines !
La première mouture du groupe créée en 2005 était peut-être trop en avance sur ton temps avec un mix Flamenco et Glam-rock complètement original parfaitement réussi, voir par exemple cet extraordinaire morceau « Livin’ La Vida Loca » ici, le groupe méritait un décollage à la Guns N’ Roses !

Pour la renaissance en 2021, on reprend donc le même concept musical en ajoutant un aspect théâtral à l’image du groupe associé à un maquillage de scène jamais vu auparavant, sans doute une influence de l’intermède correspondant de Lee Mark Jones durant les années précédentes.
Cette fois il semble bien que la sauce prenne comme en témoignent les plus de 200 000 vues YouTube du dernier single sorti en octobre dernier. Laissons les progresser sur la voie du succès avant d’espérer les voir jouer leur première date en France, en tout cas les gars on vous attend de pied ferme et avec une certaine impatience !

Ron Atkins – Nordic Union

Je tenais à écrire un papier sur Ronnie Atkins, chanteur de Pretty Maids, groupe danois dont les activités sont compromises bien que ce dernier n’ait pas explicitement splitté.
En effet, à peu près en même temps que la sortie de leur dernier album « Undress Your Madness » en novembre 2019 Ronnie annonça être atteint d’un cancer du poumon. Depuis cette date, il se bat avec un certain succès contre cette maladie aidé il est vrai par des traitements lourds mais pas seulement comme nous allons le voir.
Subodorant sans doute que son temps était compté, il décida de sortir en 2021 un album solo intitulé « One shot ». Le titre parle de lui même et cet album aurait pu faire office de testament musical.
Cependant, début 2023 contre toute attente Ronnie est toujours là et il a même sorti un second album solo ainsi que le troisième opus de Nordic Union. Cet album est le nouveau fruit de sa collaboration fructueuse avec le suédois Erik Mårtensson, véritable homme musique hyperactif qui produit différents groupes de Hard-rock en faisant lui même partie de plusieurs formations. Rappelons en particulier son excellent groupe principal Eclipse chroniqué dans DNDR#05.
Tout cela étant précisé cela interroge, comment Ronnie arrive t’il à tenir ?
La réponse semble évidente : c’est grâce au le Rock’n’roll ! En effet, la musique est la plus forte et tient le cancer en respect grâce à la volonté sans failles de notre ami. Éprouvé physiquement par cette situation avec des hauts et des bas, Ronnie est très soutenu par un public de fans qui contribuent à lui donner l’énergie de continuer.

Après deux excellents albums en 2016 et 2018, Nordic Union récidive donc avec cet « Animalistic » sorti en 2022. Les sessions d’enregistrements furent difficiles mais le soutien indéfectible de son entourage et en particulier d’Erik Mårtensson lui permirent d’aboutir à ce superbe résultat ne laissant paraitre aucune trace de faiblesse.
Un excellent album de plus et on en espère encore bien d’autres, tiens bon Ronnie !

C’est tout pour aujourd’hui,
amies rockeuses, amis rockeurs, portez-vous bien et la suite au prochain numéro !

Article source ici.

Numéro précédent : DNDR#6
Liste des posts « Metal » ici.



2 réactions


  • thierry3468 28 janvier 2023 15:11

    Grand respect pour notre valeureux Viking ,Ronnie Atkins,qui n’a jamais autant produit depuis l’annonce de son cancer .Tous les fans furent sous le choc à l’annonce de la maladie mais ils finissent par croire au miracle du triomphe de Ronnie .


  • zevengeur 28 janvier 2023 18:02

    Pour ceux qui ont un compte Facebook, lui écrire lui apportera de l’énergie !


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