lundi 20 septembre 2010 - par
Rafles de "sans papiers" : Cali appelle à l’insurrection !
"Lettre au ministre du saccage des familles et des existences dévastées”
Lors du concert "Rock sans papiers", le 18 septembre à Bercy, Cali (révolté professionnel) chante la lettre imaginaire d’un policier fatigué de traquer les sans papiers, adressée au ministre "du saccage des familles et des jeunes existences dévastées".
Cali considère ici que les policiers, lorsqu’ils arrêtent les clandestins, les envoient à la mort, "dans l’avion des ténèbres vers la mort qui attend de l’autre côté." Il finit par appeler au soulèvement du peuple !
Au lieu d’essayer de se mettre dans la tête d’un flic, je conseillerais volontiers à Cali d’écouter ceux qui parlent d’ores et déjà, comme Denis, policier à la BAC, interrogé par Le Point le 28 juillet dernier, suite aux émeutes de Grenoble.
Extraits : " Aujourd’hui, je suis écoeuré. Une fois encore, on se couche devant les caïds. (...) On se fout de la gueule des flics, on nous prend pour de la chair à canon. Quand on pense que Sarko avait promis de karcheriser les cités ! La hiérarchie fait tout pour minimiser la gravité de la situation. (...) Mon métier, c’est de protéger les biens et les personnes. Pas de me faire tirer comme un lapin par un crevard de cité. (...) Hier, on est tombé sur un crevard de ce genre. Le type était au téléphone quand on s’est approché pour le contrôler. Je m’adresse à lui en le vouvoyant pour lui demander de mettre fin à sa conversation téléphonique, il me répond en me tutoyant : "Tu es qui toi pour me demander de m’arrêter de téléphoner. Personne ne me contrôle ici." Il a pris direct deux pièces de cinq francs (des gifles). Après, il nous disait : "Bonjour, merci et au revoir." Bien sûr que je me mets hors clous en agissant ainsi. Mais pourquoi devrait-on baisser la tête ? Si tous les flics agissaient ainsi, les problèmes seraient vite réglés. Pour moi, ça, ce n’est pas une bavure, c’est une démarche citoyenne. (...) Il faut que la population sache que les policiers n’ont pas peur d’entrer dans les cités. Si nous n’y allons pas, c’est que nous avons ordre de ne pas y aller. Aujourd’hui, la hantise des autorités, c’est la bavure, l’émeute, l’embrasement. (...) La parole d’un flic aujourd’hui ne vaut rien. Ni devant un jeune de cité, ni devant un juge, ni devant un élu. Le flic est un sous-citoyen."
Bizarrement, on n’a pas entendu Cali s’inquiéter des états d’âme des policiers lorsqu’ils se faisaient canarder à Grenoble... et dans toutes les zones de non-droit de notre cher pays.

