LES DEUX ROYAUMES, LES DEUX PRINCIPES, LES DEUX PRINCES…
Après la mort de Salomon, la nation se divisa en deux Royaumes. Celui du Nord, le plus étendu et le plus nombreux, resta fidèle aux anciennes institutions. Il comprenait dix tribus et garda le beau nom symbolique de la puissance féminine : Israël. Samarie devint sa capitale. La tribu d’Ephraïm, la plus grande et la plus belle, servait quelquefois à désigner le royaume du Nord. Le nom même de cette ville : « Sa-Marie », semble venir de « Isa-Marie », d’autant plus que « Sa » (qui se dit « Shah » en Perse) indique toujours la suprématie.
L’autre royaume, celui des partisans du pouvoir masculin, prit l’appellation de la première tribu révoltée, « Juda », qui laissa dans l’histoire un nom synonyme de trahison. Le siège de ce nouveau royaume fut à Jérusalem. Une haine irréconciliable s’éleva entre les deux partis, Israël et Juda.
Le pouvoir ainsi divisé entre la gynécocratie et l’androcratie amena la division de toutes les institutions qui régissent la vie morale. Le schisme de Juda substitua des dieux mâles à la Divinité féminine.
« C’est qu’il y a deux terres qui portent le nom d’Israël : Il y a la terre d’Israël d’En Haut, et il y a la terre d’Israël d’en bas. La première est appelée « Adama », la seconde est nommée « Eretz ». La terre Sainte est la Terre Céleste où il y a le Palais divin, d’où se déversent les sources de la Sagesse. C’est cette terre spirituelle qui a été promise et donnée à nos ancêtres, et non la terre matérielle. » (Grand Rabbin Jonathan Eybeschutz)
Les deux Principes : La grande révolte de l’homme contre la Femme ouvrit l’ère des discordes, qui devaient régner si longtemps.
L’humanité fut, dès ce temps, divisée, et c’est cette division qui est représentée par les « Deux Principes se disputant le monde ».
Le Principe féminin, qui avait créé l’Âge d’Or et qui voulait en conserver les bases, fut appelé Conservateur (qui conserve la vie en soi et conserve le monde).
Le Principe masculin, qui avait voulu détruire l’ordre établi, fut appelé Destructeur (qui se détruit pour créer la vie de l’enfant et détruit le monde).
Dès lors, deux voies furent ouvertes devant l’humanité : l’une qui devait tendre à rétablir l’ordre et à affirmer les splendeurs de la Théosophie. C’est celle-là qui avait en elle le germe des grandes civilisations de l’antiquité, parce qu’elle consacrait le Droit naturel et parce qu’elle était la glorification de l’amour féminin qui élève l’âme de l’homme.
C’est ce que la Théologie a appelé la « cité de Dieu ».
L’autre voie est celle de l’Orgueil qui conduisait les hommes à la révolte contre l’autorité morale de la Femme, à la négation de son verbe, à tous les tourments de la jalousie, aux désordres et aux crimes qui sont la conséquence terrible des œuvres sexuelles masculines.
C’est ce que la Théologie a appelé la « cité du monde ».
On ne peut pas nier que l’homme ait cherché à détruire l’œuvre sociale de la Femme, puisque cette œuvre a disparu. On ne peut pas nier qu’il ait cherché à entraver son élévation spirituelle, puisqu’il le fait encore de nos jours.
L’histoire est remplie de la lutte qui résulte de ces deux évolutions contraires : celle de l’Esprit féminin qui veut monter toujours dans la voie du progrès infini ; celle de l’instinct masculin qui entraîne l’homme vers des plaisirs dégradants, qui troublent sa mentalité et lui suggèrent des mensonges et des ruses pour se justifier. Ce sont ces deux Principes qui furent, au début, appelés « le Bien et le Mal, l’Esprit et la Force ».
C’est parce que l’homme se détruit lui-même, dans l’acte terrible, qu’il aime à détruire la vie dans l’univers.
C’est parce que la Femme se conserve elle-même, qu’elle aime à conserver la vie universelle.
Synésius, évêque de Ptolémaïs, initié aux Mystères, dit que « les âmes humaines émanent de deux sources : l’une lumineuse, qui coule du haut des cieux ; l’autre ténébreuse, qui jaillit de la terre, dans les abîmes profonds de laquelle se trouve son origine ».
Dans tous les pays, nous allons voir les deux Principes, mâle et femelle, symbolisés par deux êtres (deux divinités, dira-t-on plus tard) qui sont en luttes continuelles.
Le premier acte de la lutte de sexes qui se produisit tout au fond de l’histoire, fut le prologue du drame humain qui allait se dérouler dans toutes les époques et chez tous les peuples.
Cette lutte de l’homme brutal contre sa sœur plus faible a été enregistrée dans les Ecritures Sacrées : c’est Caïn tuant Habel, c’est-à-dire la lutte des deux principes représentés par les Caïnites et les Habélites (Caïn, nom générique des enfants mâles ; Habel ou Hébel, nom générique des premières filles. C’est l’Hébé des Grecs. Ce mot signifie en hébreu souffle, Esprit).
Dans la seconde forme religieuse, lorsque les Ecritures seront remaniées, on changera le sexe de la victime pour en cacher l’histoire, mais les rédacteurs de ces altérations sont si maladroits qu’ils nous laissent eux-mêmes la preuve de leurs supercheries.
Dans le chapitre IV de la Genèse Biblique, où la légende est racontée, nous voyons les premiers versets consacrés à l’histoire du meurtre d’Habel par son frère ; puis, au chapitre V, où l’on fait le dénombrement des enfants d’Adam, il est dit (verset 2) :
Il les créa mâle et femelle. Or, les chapitres antérieurs n’ont donné à Adam que des fils.
Les Kabbalistes et les savants initiés savent que, dans les textes primitifs, Habel est une femme, « la Femme-Esprit », sœur de l’homme. On en fera le frère de Cain, quand on supprimera la Femme de l’histoire ; alors l’humanité ne commencera plus que par des mâles.
Aux Indes, c’est Vishnou, Principe conservateur, et Çiva, le destructeur.
Chez les Iraniens, les anciens Perses, c’est Ahoura-Mazda (Ormuzd) et Ahriman, son ennemi.
En Egypte, la « bonne Déesse Isis » sera attaquée par Osiris, principe de destruction et de mort (des deux Principes, les historiens masculins ont fait deux Princes).
Partout la lutte divisa les nations en deux partis : les Féministes, qui s’opposaient au renversement des antiques institutions qu’ils voulaient conserver ; les masculinistes, qui voulaient tout détruire par la force ou la ruse.
La lutte fut terrible.
Les femmes s’emportaient contre leurs agresseurs qui les insultaient et devenaient de plus en plus violents et méchants.
Aucune prudence n’existait encore chez ces deux enfants déchaînés l’un contre l’autre, et qui commençaient un combat dont ils ne pouvaient pas prévoir les conséquences futures. En effet, ce sont les générations postérieures qui devaient en être victimes.
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