Au contraire, c’est bien avec le gouvernement Reagan et la libéralisation de l’éducation qu’on a pu assister à un recul de la conscience politique des populations par rapport aux années 60, à une acceptation de plus en plus passive de la désinformation et de la fabrication du consentement, à l’apathie intellectuelle dans tous les domaines.
On commence par instaurer l’enfant roi dans les années 60 qui en n’ayant plus à s’adapter à un monde complexe n’apprend plus à se gouverner lui-même, de sorte qu’entre les satisfactions immédiates et faciles et les satisfactions difficiles, il n’y a plus de place pour les plus difficiles, c’est-à-dire pour ce qui est seul de nature à rendre possible le progrès humain, le passage de l’état de servitude à celui de la liberté, ce qui au final arrange bien le capitalisme qui a besoin de consommateurs passifs plutôt que de citoyens critiques.
L’école dans les années 80 s’est adaptée à ce processus : l’élève n’y vient plus pour apprendre à se dépasser lui-même, ce qui supposait qu’il accepte de reconnaître son ignorance, mais pour qu’on s’adapte à ses compétences intellectuelles en le caressant dans le sens du poil. Résultat : les élèves sont de plus en plus souvent incapables de s’élever à tout ce qui peut être un peu plus grand que leurs petites satisfactions immédiates et personnelles.
La classe possédante mondialisée qui elle n’a pas oublié que savoir, c’est pouvoir n’a pas suivi ce mouvement mondial de libéralisation de l’éducation en maintenant une éducation "sévère mais juste" pour sa progéniture.