L’amour du risque, c’est l’amour de la vie
Est-ce qu'une société qui préconise le "risque zéro" est une société qui a plus de chance d'être pérenne ou bien vivrait-elle son crépuscule ? Le fameux principe de précaution qui est devenu un principe constitutionnel permet certainement de sauver des vies mais n'est-ce pas au détriment de la vie précisément ?
"Zéro mort", "zéro risque", tels sont les mots d'ordre aujourd'hui partout et tout le temps. Dans le milieu professionnel, dans les entreprises, tout doit être "sous contrôle". Il n'est pratiquement plus possible d'appuyer sur un interrupteur pour allumer une lampe avant d'avoir défini un périmètre de sécurité en balisant la zone.
Le risque est l'ennemi. Il est le petit grain de sable qui enraie la machine et qui défie les autorités. Il défie la mort parce qu'il est la vie. Il en est le sel.
Le libéralisme, comme toute idéologie a ses bons côtés comme ses mauvais. La face lumineuse est la mise en avant de ceux qui savent prendre des risques et qui sont créatifs. La face sombre est le capitalisme débridé qui en découle et qui enchaîne les "possédants" qui, en réalité, sont avant tout des "possédés" de leur propre argent. Ceux-là ne risquent plus justement car ils possèdent tout...sauf l'essentiel ; la liberté. C'est très exactement comme cela que je comprends l'histoire du jeune homme riche dans la Bible qui espère trouver un sens à sa vie en s'adressant au Christ et ce dernier de lui répondre : "abandonne tout, laisse tomber tes richesses, elles t'empêchent de t'épanouir. Recommence tout à zéro. Prends le risque de faire "Reset" et tu seras véritablement libre".
Mais pour autant, est-ce que "prendre des risques" signifie qu'il faut faire tout et n'importe quoi ? Certainement pas. Le risque n'est pas non plus un suicide. Le risque prend toute sa valeur avec la prudence bien comprise qui n'est pas la "passivité" telle que la société contemporaine le conçoit mais bien plutôt la vie active conduite avec discernement. 0u, pour le dire autrement, la raison ne s'oppose pas à nos passions mais doit au contraire les canaliser et les orienter pour qu'elles puissent s'exprimer pleinement.
Le risque, c'est ça !
On a tous entendu parler de cette anecdote qui évoque le cas d'un élève qui, confronté à un devoir de philosophie consistant à définir le risque, aurait rendu sa copie sur laquelle il aurait juste écrit sur la page intérieure de sa double feuille : "le risque, c'est ça !". Est-ce une anecdote réelle ou inventée ? Apparemment, elle serait issue d'un film sorti en 1978 intitulé Le pion dont le personnage principal est intérprété par Henri Guybet. Voici l'extrait :
Mais est-ce que cette scène du film est elle-même issue d'une histoire réelle ? Nulle n'a de véritable réponse. En tout cas, elle montre en deux minutes absolument tout. Le risque est un acte spontané qui nous emmène dans l'inconnu et qui nous confronte à un danger. On perd alors le contrôle. On arrive à un carrefour qui peut bouleverser notre vie. Et ce sont ces moments là qui lui donnent son véritable sens. "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire" disait le Comte dans Le Cid de Corneille. Une vie sans prise de risque vaut-elle la peine d'être vécue ? Est-ce que le Général De Gaulle lorsqu'il fait son fameux appel du 18 juin, alors que la simple prudence élémentaire "rationnelle" commanderait plutôt de se plier aux conditions du vainqueur au vu des rapports de force en présence à l'époque, ne savoure pas la vie intensément plus que tout autre dans ces moments de tension extrême ? Et même pour prendre un autre exemple malheureusement plus tragique ; est-ce que le colonel Arnaud Beltrame, lorsqu'il échange sa liberté contre celle d'une otage et y laisse sa propre vie, n'est-il pas plus "vivant" que nous tous lors de ces courts instants de confrontation ?
Risquer la prudence : la phronesis
Ce joli paradoxe est le titre de l'ouvrage de la philosophe Catherine Van Offelen qui revisite le concept Aristotélicien de phronesis que l'on trouve dans Ethique à Nicomaque. Ce terme est souvent traduit par le mot "prudence" bien qu'il recouvre quelque chose de plus vaste que l'on pourrait définir comme "la capacité de discernement". Aujourd'hui, comme évoqué dans l'introduction, on entend par "prudence" le fait de s'abstenir dans la plupart des cas. "Dans le doute, abstiens toi" dit l'adage. Or sous l'Antiquité, la prudence s'entendait plutôt comme "malgré le doute, agis !" comme l'explique Catherine Van Offelen. On la retrouve ici aux côtés de Pascal Bruckner en train d'échanger sur toutes ces notions. Qu'il s'agisse de la période Covid, du fameux principe de précaution ou encore du rapport des français à l'état "maternelle" et même de plus en plus "paternel", tous ces exemples en disent long sur la peur du risque que l'homme moderne redoute. A partir de 41'15, Catherine Van Offelen explique de manière magistrale qu'il existe une "manière sage de prendre les risques". A consommer sans modération et...sans risque ;).
Voir ou revoir Le cercle des poètes disparus
Film culte sorti en 1989, on retrouve dans le rôle principal du professeur Keating le génialissime et regretté Robin Williams qui, non seulement avait l'humour et la fantaisie communicative mais était également un superbe acteur.
Ce film raconte l'histoire d'une académie assez stricte dans laquelle arrive un jour un nouveau professeur épris de liberté et de poésie qui va tenter d'inculquer à ses élèves le goût de la l'anticonformisme, du risque et de la liberté. Ci-dessous la scène finale où l'on s'aperçoit que, quelquefois, celui qui paraît le plus timide et introverti du groupe se révèle être en réalité le plus courageux
Scorpions : send me an Angel
Pour terminer, voici un moment d'anthologie que je tenais à vous faire partager avec cette magnifique chanson du groupe mythique Scorpions, groupe qui a fait le bonheur de mon adolescence. Bien moins connue que les légendaires tubes planétaires que sont WInd of Change ou encore Still loving you, cette chanson est également un bijoux non seulement pour la qualité musicale ainsi que la voix unique de son chanteur Klaus Meine mais aussi pour ses paroles qui résument tout l'article quant au sens de la vie que chacun trouve en soi. Ces paroles, à la fois simples poétiques et profondes constituent un véritable chemin de vie et de sagesse intérieure
Le sage a dit : " Marche simplement par là
Vers la lumière naissante
Le vent soufflera sur ton visage
Et les années ne prendront pas sur toi
Ecoute cette voix qui vient du plus profond de ton être
C'est l'appel du cœur
Ferme les yeux et tu trouveras
Le passage qui mène hors des ténèbres."
Je suis là
M'enverras-tu un ange,
Je suis là
Dans la demeure de l'étoile du matin.
Le sage a dit : " Trouve simplement ta place
Dans l'œil du cyclone
Cherche les roses au bord du chemin
Mais fais attention aux épines."
Je suis là
M'enverras-tu un ange,
Je suis là
Dans la demeure de l'étoile du matin.
Le sage a dit : " Etends simplement les mains
Et attrape le sortilège
Trouve les portes pour la terre promise
Crois tout simplement en toi
Ecoute cette voix qui vient du plus profond de ton être
C'est l'appel du cœur
Ferme les yeux et tu trouveras
Le passage qui mène hors des ténèbres
Je suis là
M'enverras-tu un ange,
Je suis là
Dans la demeure de l'étoile du matin.





Et elle ne casse pas 3 pattes à un canard non plus.. décidément..
.
C’est quoi ton style de musique sinon ?