vendredi 1er février - par crow

Comment gagner (et perdre) le pouvoir

 

Comment gagner le pouvoir ? Peut-on avoir de l'éthique quand on a du pouvoir ? Que fait le pouvoir à la nature humaine ? On en parle autour d'un excellent livre de psychologie sociale

Victor Ferry



15 réactions


  • alanhorus alanhorus 1er février 15:20

    Donc on n’aurait tout intérêt a remplacer les gens pouvoir par une gestion par le peuple, les lois et autres seraient votées par internet par exemple.


    • crow crow 2 février 03:59

      @alanhorus
      Le RIC semble répondre à ces attentes, à voir.


  • maQiavel maQiavel 1er février 15:25

    Attention, Machiavel ne dit pas que ce sont les pires qui prennent le pouvoir. Chez lui, la vie politique est une sphère à part entière qui a ses propres règles. Il fait ainsi une distinction entre les vertus morales et les vertus politiques et constate que les deux ne se superposent pas forcément : un vice moral peut être une vertu politique et inversement. Il peut donc arriver qu’un scélérat sur le plan moral parvienne au pouvoir. Mais n’est pas une règle. Machiavel distingue plusieurs types de princes et ceux qui le sont devenus par des scélératesses sont une catégorie parmi d’autres.

    Il faut aussi déconstruire l’affirmation selon laquelle « les gens donneraient le pouvoir ». Certes, il existe des cas où la collectivité donne le pouvoir à un individu. Et quand cela arrive, il est évident que la collectivité le lui a confié pour ses qualités morales entre autres.

    Mais ce n’est pas non plus la règle, ce pouvoir peut avoir d’autres sources que le consentement éclairé de la collectivité. C’est un biais que de considérer que les groupes humains donnent le pouvoir, à mon avis les exemples étudiés étaient trop restrictifs (un lieu, une époque etc.).

    Le pouvoir est quelque chose de très mystérieux, c’est très difficile de saisir ce qu’il est exactement et la façon dont il se déploie mais je trouve que ceux qui en ont la meilleure compréhension, ce sont ceux qui s’inscrivent dans le courant institutionnaliste. Et surtout, pour étudier cette question, il faut se défaire de ses propres idées préconçues de ce que serait la nature humaine, ce qui est loin d’être facile.


  • maQiavel maQiavel 1er février 16:01

    Sinon, malgré quelques désaccords de fond, je suis en phase avec la conclusion de l’étude : le pouvoir corrompt. De plus il a une dimension autotélique, le maitre devient l’esclave de sa domination, un peu comme pour les drogues dures ou l’anneau de pouvoir dans le seigneur des anneaux, le possédant est aussi le possédé.

    De là, que faire ?

     

    -Je ne pense pas que le pouvoir puisse être maitrisé sur le long terme (à moyen terme, c’est déjà difficile). Même lorsqu’un individu d’exception parvient à ne pas se laisser dominer par lui, son successeur ou celui qui suivra y succombera. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais adhéré aux idéologies politiques autoritaristes, je trouve profondément romantique cette recherche de l’homme providentiel, du dictateur éclairé, du bon maitre paternaliste disposant de tous les pouvoirs et faisant le bien pour ses sujets. Les gens qui adhèrent à cette vision m’ont toujours semblé comparables à de jeunes adolescentes fantasmant sur le prince charmant. Je trouve que les anarchistes ont une compréhension plus aiguë et réalistes du pouvoir.

     

    -Partager le pouvoir ? Cette dilution du pouvoir fonctionne très bien dans les communautés les plus primitives, par exemple celles des chasseurs cueilleurs. Les humains ont vécu 90 % de leur existence de cette façon, c’est une méthode qui a fait ses preuves. Seulement, elle ne peut fonctionner que dans des très petites communautés au sein desquelles la spécialisation des taches est rudimentaire. C’est là que l’idéalisme anarchiste et démocratique a ses limites : dans des sociétés techniciennes avec une division du travail très spécialisées contenant des dizaines de millions de personnes, cette dilution aboutit à l’ineffectivité du pouvoir, ce qui aboutit au désordre, au chaos et finalement à des tyrans qui vont en tirer profit pour s’approprier le pouvoir. Pour être efficace dans nos sociétés, le pouvoir doit être concentré, étendu, contraignant et les décisions doivent être prises rapidement. Le problème, c’est qu’avec ce modèle, on en revient à la recherche de l’homme providentiel.

     

    Il n’y a pas de bonnes solutions. Il faut donc choisir la moins mauvaise. Et selon moi, c’est le régime mixte : le pouvoir peut être centralisé pour certaines taches en un point ( et donc exercé concrètement par une oligarchie ) mais contrôlé par la périphérie via des institutions conçues à cet effet ( le RIC est un bon exemple pour nous ).


  • crow crow 2 février 03:53

    "C’est là que l’idéalisme anarchiste et démocratique a ses limites : dans des sociétés techniciennes avec une division du travail très spécialisées contenant des dizaines de millions de personnes, cette dilution aboutit à l’ineffectivité du pouvoir, ce qui aboutit au désordre, au chaos et finalement à des tyrans qui vont en tirer profit pour s’approprier le pouvoir."

    Oui et non mon cher, oui si on se réfère a l’anarchisme archaïque, celui de grand-papa et de rrran man-man... ! smiley

    Je planche dessus en ce moment donc je me permets de la ramener un peu ; il y a plein de mouvances anarchistes, mais globalement l’anarchisme évolue en fonction des sociétés politisées, à l’échelle du temps les sociétés humaines se sont fabriqué des concepts politiques successifs et cycliques, ces concepts ont systématiquement écarté toutes capacités de regard sur l’humanisme profond dont la majorité des Hommes sont par essence pourvus, je pense notamment au dogme connu qui souhaite "cacher cette bête immonde en nous que nous ne saurions voir", hors l’anarchie à ce stade symbiote au contraire l’inconscient primitif avec la conscience progressiste, elle s’enrichit, s’épanouit et évolue comme du lichen sur un rocher plein de moules en harmonisant l’environnement du vivant. Cette capacité d’adaptation et de logique évolutive est la réponse à une volonté de ne se plier à aucune volonté politique autoritaire et de suivre uniquement les lois qui régissent le collectif, c’est basique mais ça marche.


    • maQiavel maQiavel 2 février 13:41

      @crow
      D’accord mais dans un Etat technicien avec une division du travail ultra spécialisé et contenant des dizaines de millions d’individus , qu’est ce que ça donne comme modèle d’organisation ? 


    • barbarello 2 février 13:53

      @crow
      l’anarchie à ce stade symbiote au contraire l’inconscient primitif avec la conscience progressiste, elle s’enrichit, s’épanouit et évolue comme du lichen sur un rocher plein de moules en harmonisant l’environnement du vivant. Cette capacité d’adaptation et de logique évolutive est la réponse à une volonté de ne se plier à aucune volonté politique autoritaire et de suivre uniquement les lois qui régissent le collectif,
      c’est basique mais ça marche.

      Pfiouuuuh  smileysmiley 
      ’scusez du dérangement, je ne faisais que passer  smiley 


    • crow crow 2 février 15:07

      @maQiavel

      L’autogestion par exemple ? principe central à l’anarchisme, toutes tendances confondues, et s’applique donc aussi au travail.
      Concrètement, l’autogestion signifie que toute personne doit avoir sur une décision une influence proportionnelle aux conséquences qu’elle subira. Autrement dit, on ne s’occupe que de ses affaires. Tant que les actions d’un individu ou d’un groupe n’ont aucun impact sur les autres, l’individu ou le groupe est libre d’agir à sa guise.


    • crow crow 2 février 15:18

      @barbarello
      C’est vrai, j’ai la fâcheuse tendance à partir dans des logorrhées un peu merdiques, mais j’aime le style fauviste, c’est déjà un début de thérapie ! smiley


    • maQiavel maQiavel 2 février 15:40

      @crow
      Mais justement : comment serait organisé une autogestion dans un pays de plusieurs dizaines de millions d’habitants ? Pour ma part , je pense que c’est impossible , on en reviendrait à l’ineffectivité du pouvoir dont je parle plus haut. Et c’est là pour moi la limite de l’anarchisme et du radicalisme démocratique. 

      C’est pourquoi je suis en faveur d’un régime mixte qui inclurait aurait une dimension d’augestionnaire sur le plan local mais aussi un pouvoir central au niveau national. Le principe de subsidiarité combine bien ces deux aspects : le pouvoir central ne doit pas faire ce que les pouvoirs locaux peuvent faire eux mêmes et les pouvoirs locaux qui se gouvernent en autogestion ne doivent déléguer au pouvoir central que ce qu’ils ne peuvent faire eux mêmes. Quand on rajoute la possibilité pour les pouvoirs locaux de contrôler le pouvoir central , on a déjà quelque chose de plus efficace que l’autogestion à des dizaines de millions. 


    • barbarello 2 février 15:44

      @crow

      C’est vrai, vous envisagez une thérapie ? C’est le début de la guérison que ce premier pas  smiley  smiley 

      Je me permets de vous conseiller, dans votre cas, 1 sachet d’art abstrait le matin (Mondrian 50gr en priorité), et le soir avant de se coucher 2 gellules d’architecture (Bauhaus 300mg devrait faire l’affaire). 3 mois de traitement, puis nouvelle consultation pour examens bilan. 

       smiley 


    • crow crow 2 février 16:07

      @barbarello
      Dans ce cas je préférerais rester malade ! smiley


    • barbarello 2 février 16:13

      @crow

      Ah ? Une alimentation diversifiée et équilibrée est pourtant essentielle pour la santé... smiley 


    • crow crow 2 février 16:27

      @maQiavel
      Je n’avais pas envisagé cette question pour vous dire, j’en suis seulement à l’aspect métaphysique de l’adaptation, sur le plan théorique l’anarchisme serait un concept parfait, mais sur le plan pratique vous avez raison, c’est plus compliqué, cela dit, un régime mixte autogestion-locale/pouvoir-central est une excellente idée, à condition bien sûr qu’une interaction de contrôles mutuels soit organisée en parallèle.


    • crow crow 2 février 16:29

      @barbarello
      C’est mon point fort la santé ! smiley


Réagir