Christian Vanneste, dernier des Mohicans ?
Suite aux derniers échanges que j'ai eus sur Agoravox concernant nos institutions en général et concernant le référendum d'initiative populaire en particulier, j'ai souhaité consacrer un petit article sur ce sujet afin de faire le point sur les leviers juridiques existant au sein de notre Constitution.
Car la situation d'aujourd'hui est la suivante : malgré internet et malgré tous les 'grands révolutionnaires' version 2013 et bientôt 2014 qui y sévissent, tels les Dieudonné, Soral, Chouard, LLP et autres quenelliers en puissance, force est de constater que non seulement rien ne change concernant la prise en compte des attentes du peuple en France, mais que "plus ça va, plus c'est pire" !
Alors concrètement que faut-il faire pour que ça bouge ? La réponse qui paraît la plus aisée à énoncer mais pas du tout la plus simple à mettre en place est : la Révolution ! Ou alors...ou alors trouver des hommes politiques encore assez courageux pour faire évoluer le système. Et Christian Vanneste semble être de ceux-là !
1 - Situation actuelle de nos institutions
Voici une interview de Christian Vanneste datant de 2012, juste avant l’élection présidentielle et concernant d’une part le rappel (rapide) de ce que prévoit la la loi organique issue de la révision de la Constitution de 2008 sur le "référendum d’initiative partagée" et d’autre part les propositions de Christian Vanneste afin de mettre en place une réelle possibilité de référendum d’initiative populaire.
Pour rappel ou information, voici les règles de mise en place d’un référendum (dont l’initiative n’est pas du tout populaire mais parlementaire) :
" Une proposition de loi, objet de l’initiative référendaire, doit être déposée par au moins un cinquième des membres du Parlement (soit au moins 185 députés et/ou sénateurs sur un total de 925).
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Le Conseil constitutionnel vérifie, dans le délai d’un mois à compter de la transmission de la proposition de loi :
- que la proposition de loi est présentée par au moins un cinquième des membres du Parlement ;
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que l’objet de la proposition de loi respecte les conditions posées aux troisième et sixième alinéas de la Constitution, c’est-à-dire que la proposition :
- ne porte que « sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions » ;
- n’a pas pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an ;
- ne porte pas sur le même sujet qu’une proposition de loi rejetée par référendum il y a moins de deux ans.
- qu’aucune disposition de la proposition de loi n’est contraire à la Constitution (vérification faite en application de l’article 61).
- Après que le Conseil constitutionnel a effectué ces vérifications, le ministre de l’Intérieur met en œuvre, sous le contrôle du Conseil constitutionnel, le recueil des soutiens.
- À l’issue de la période de recueil des soutiens (effectué sous forme électronique), d’une durée de neuf mois, le Conseil constitutionnel vérifie si la proposition de loi a obtenu le soutien d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales (4 600 000 électeurs environ).
- Si la proposition de loi n’a pas été examinée au moins une fois par chacune des deux assemblées (Assemblée nationale et Sénat) dans un délai de six mois, le président de la République la soumet au référendum."
Cette loi organique, après avoir été promulguée en novembre dernier, a été avalisée par le Conseil Constitutionnel le 5 décembre de cette même année. On mesure, à la lecture de cette loi, à quel point tout est mis en place pour "faciliter" la consultation populaire... Et ce sont moins les 4 600000 signatures des électeurs que les 185 parlementaires à trouver qui constituent "l’initiative" la plus compliquée...
2 - Lettre ouverte à Christian Vanneste, seul face à la "Horde sauvage"
Monsieur,
Bien que vous ne soyez pas le Général De Gaulle (et ce n’est pas vous faire offense que de le rappeler) vous semblez, aujourd’hui sur l’échiquier politique, l’un des très rares, (trop rares, peut-être même le seul) à être, ce qu’on appelle, un homme libre ! ’Libre’ car d’une part exerçant une réelle liberté de ton et d’autre part car faisant partie d’un courant politique aujourd’hui disparu : vous êtes un ’libéral-conservateur’.
’Conservateur’ sur le plan sociétal, vous estimez que les valeurs de la famille et de la patrie, entre autres, constituent le ciment essentiel au sein d’une société. Ainsi, vos prises de position (si j’ose m’exprimer ainsi) concernant l’homosexualité "qui n’est pas égale à l’hétérosexualité" vous ont valu d’être cloué au pilori, en particulier par vos "chers amis" de l’UMP mais aussi par beaucoup de ceux venant à la Droite Populaire à laquelle vous apparteniez. Vous avez alors pu constater (si vous ne l’aviez pas déjà deviné) que, non seulement la droite n’existe plus en France depuis belle lurette, mais qu’en plus, à l’image d’un Jean François Copé qui sourit, cette fausse droite (parfois bien pire que la ’vraie gauche’) n’inspire pas, mais alors pas du tout confiance...
’Libéral’ sur le plan économique, vous ne cachez pas une certaine admiration pour une personnalité d’outre-manche récemment disparue et dont la simple évocation du nom, vaut immédiatement anathème pour celui qui le prononce : Margaret Thatcher ! Thatcher, à qui l’inénarrable Jean-Luc Mélenchon souhaite les "flammes de l’enfer", s’inscrivant ainsi dans la droite ligne de cette propagande bien dégueulasse sur le mode de l’inversion accusatoire, et dont la gauche française a le secret, selon laquelle Thatcher serait l’une des principales inspiratrices du mondialisme. Thatcher qui fut pourtant le seul chef d’état, en son temps et quand c’était encore possible, à s’opposer de toutes ses forces à cette "magnifique" Union Européenne, excroissance de ce mondialisme, et que Mélenchon approuva...en votant ’oui’ au référendum de 1992 !
Mais pour être libéral, cher Christian Vanneste, vous n’en êtes pas moins ’anti-individualiste’ et, vous inscrivant dans la droite ligne d’ Alexis de Tocqueville, vous, l’ancien professeur de philosophie, vous nous fîtes une magistrale démonstration de cette différence essentielle lors d’une interview face à un Jean Robin médusé (et manifestement perdu car cette différence n’existe pas, d’après les fiches wikipedia constituant sa bibliothèque...) en expliquant qu’une société individualiste, en produisant des individus désincarnés, car sans repères ni valeurs et indifférents au ’Bien Commun’, ne pouvait aboutir qu’ à un cauchemar !
Bref, c’est donc à l’homme libre que vous êtes que je m’adresse pour vous dire que sans l’intervention d’ hommes politiques courageux, la société ne se réformera pas, à moins d’aboutir à une situation de conflits, voire de guerres civiles, ce que je ne souhaite pas. Il est donc plus qu’urgent de réformer, d’une manière ou d’une autre, les institutions de ce pays. Alors, à moins de réussir à convaincre "185 héros" parmi les parlementaires qui oseraient prendre l’initiative de soumettre au peuple un (ou plusieurs) réferendum(s) sur des questions sensibles (abrogation de la loi sur le ’mariage pour tous’, abrogation de toutes les lois antiracistes, mise en place d’une liberté d’expression totale des idées,...), je ne vois qu’une autre solution : vous présenter vous-même à la prochaine élection pour la "magistrature suprême". Mais la difficulté majeure, c’est que vous n’appartenez plus à aucun grand parti politique. Vous êtes définitivement un homme seul ! Seulement ce n’est pas à vous que j’apprendrai qu’il est arrivé, au cours de l’histoire, que des hommes seuls se retrouvent pour finir chef d’état. Et de tels hommes, dont le nom n’était personne au départ et devant faire face aux "hordes sauvages" désireuses de les abattre, ont fini par entrer dans les livres d’histoire !
Vous souhaitant par anticipation ainsi qu’aux lecteurs mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.
Cordialement




. Mais admettez que je suis au-moins cohérent avec moi-même.