samedi 10 janvier - par micnet

Arthur Guerber - La fabrique du progrès : scientisme, système technicien et capitalisme vert

Voici une véritable découverte en la personne d'Arthur Guerber, médecin et penseur libertaire. Singulier parcours que celui de ce jeune homme athée qui dans sa jeunesse a voulu se faire débaptiser afin de marquer sa rupture avec le catholicisme puis qui, un jour, a découvert Jacques Ellul au-travers de son ouvrage Anarchie et christianisme.

Proudhonien de culture, Arthur Guerber a décidé de reprendre le flambeau "ellulien" en consacrant un ouvrage très fouillé et critique sur la domination de la Technique et de ses implications, notamment le scientisme et en revisitant toute l'épistémologie scientifique qui a été imposée, en particulier au-niveau de la médecine.

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Voilà une pensée qui mérite d'être défendue, en particulier à notre époque

 

Extraits de son ouvrage Arthur Guerber - La fabrique du progrès : scientisme, système technicien et capitalisme vert

 

"Dans les faits, ma scolarité et mon environnement professionnel de médecin m’ont surtout appris à connaître et à comprendre le fonctionnement d’un certain champ scientifique. Ils m’ont alors incidemment offert le recul nécessaire pour le critiquer. C’est ainsi que, partout où me menaient mes études et mes recherches dans la littérature scientifique, je me trouvais face aux limites des connaissances, face à l’abîme de l’ignorance. La guérison de ce vertige anxiogène, de ce sentiment de finitude, passa par une étude autodidacte de la philosophie des sciences, discipline faisant tant défaut aux filières scientifiques. Cette prise de recul épistémologique prit ensuite une dimension politique, tant l’injustice de l’accaparement du prestige de “sachant” par une élite minoritaire me révulsait. Le regard critique que je porte sur mon domaine de compétence – la médecine –, dans lequel sont constamment mobilisés des arguments d’autorité, me causa un certain malaise face à ma légitimité “d’expert de la santé”. Dans un monde fait d’incertitudes et de polémiques, je concevais cette légitimité comme intrinsèquement branlante pour la médecine. Ce malaise me questionna sur le bien-fondé et la partialité d’autres domaines de prétendue expertise, et aboutit à une remise en cause de la dérive techno­cratique déterminante de notre société, dans laquelle des “spécialistes” monopolisent le débat public. Ma soif de lecture m’a permis alors d’épancher le fossé qui m’empêchait cette réflexion libre, par-delà les chasses gardées d’intellectuels et de scientifiques ayant tendance à sanctuariser leurs domaines de savoir et à entériner les cadres réflexifs de leurs disciplines dogmatiques. Pourtant, les sciences ne pourront être mises au service de la collectivité qu’à la condition d’être comprises dans leurs logiques et leurs limites. Elles doivent être sorties de leur essentialisation en les réintégrant dans leurs multiples déterminismes – notamment sociaux – et enfin chassées de domaines qu’elles occupent illégitimement, notamment ceux de la politique et de la philosophie.  »
Arthur Guerber est un jeune médecin à Lyon. Marqué par la culture libertaire et passionné d’épistémologie, de philosophie et de sociologie des techniques, il s’est plongé pendant deux ans dans une large littérature afin d’affiner toutes ses interrogations intimes et les réflexions collectives sur les déterminants de la «  fabrication  » des savoirs. Au fil du temps, questionnant le concept de progrès, ses recherches se sont concrétisées dans ce livre, constituant ainsi une mine pour poursuivre la discussion.



16 réactions


  • yoananda2 11 janvier 10:33

    J’ai lu et écouté, le livre est peut-être intéressant, je ne sais pas, mais l’interview un peu fadasse.

    Bon oui, dans la médecine et l’écologie, y a pas mal de scientisme, et encore plus dans la sociologie (la pseudo-science qui nie l’existence des races, c’est-à-dire des différences moyennes de comportements entre populations continentales, et des sexes lol)

    Et oui, l’épistémologie est un peu poussée sous le tapis durant les études, c’est bien dommage mais ça peut se comprendre.


  • Gollum Gollum 11 janvier 10:48

    Pareil. Interview sans grand intérêt.

    Je rappelle ici ce que j’ai dit ailleurs : 

    https://www.agoravox.tv/commentaire13497358


  • ezechiel ezechiel 11 janvier 12:10

    Jacques Ellul avait 50 ans d’avance.
    Sans contrôle, la technique asservira l’homme dans le but d’obtenir le plaisir immédiat et instantané.
    Dans le futur, on stimulera directement le cerveau par une IA qui guidera toutes les décisions de l’homme.
    La déchristianisation a altéré le lien entre les humains entre eux pour favoriser un individualisme égoïste hédoniste, éliminant toute forme de sacrifice, de don de soi pour l’autre.
    L’homme sera coupé de toute communication avec la nature, vue comme une contrainte fasciste divine qu’il faut modifier au gré de la volonté de chacun (changement de sexe, implants dans le cerveau, élimination de toute souffrance affective et émotionnelle, ... ), la transformation du corps par le transhumanisme.

    Détourner du Christ, de la contemplation du Beau, de la Providence, de la Charité et de la Rédemption, déshumaniser la Créature de Dieu pour un idéal purement matérialiste dans le but d’assouvir des plaisirs immédiats.
    C’est le projet de satan.

    « Quand un homme cesse de croire en Dieu, il ne croit pas en rien, il croit en n’importe quoi ».
    G.K. Chesterton


    • Gollum Gollum 11 janvier 12:37

      @ezechiel

      L’homme sera coupé de toute communication avec la nature,

      Comme si le christianisme s’était inquiété de la nature, la bonne blague...

      La déchristianisation a altéré le lien entre les humains entre eux

      Là encore on s’est passé de ça avant et c’était pas plus mal...


    • ezechiel ezechiel 11 janvier 13:00

      @Gollum "Comme si le christianisme s’était inquiété de la nature, la bonne blague..."

      La nature est une Création Divine, et donc oui, le christianisme se doit de protéger la nature.

      ------------------------------------------
      "La déchristianisation a altéré le lien entre les humains entre eux."
      Là encore on s’est passé de ça avant et c’était pas plus mal..."

      Avant, on avait des sociétés esclavagistes, qui niaient l’égalité des individus devant Dieu.


    • Gollum Gollum 11 janvier 13:14

      @ezechiel

      le christianisme se doit de protéger la nature.

      ---> donc en fait il ne l’a jamais fait. S’il se doit de le faire c’est qu’avant il n’y a rien eu.

      Merci pour l’aveu. En outre seuls les papes post V2 ont promulgué des encycliques proenvironnement ..

      Or vous condamnez V2.

      Cherchez l’erreur. smiley


    • ezechiel ezechiel 11 janvier 13:29

      @Gollum "donc en fait il ne l’a jamais fait. S’il se doit de le faire c’est qu’avant il n’y a rien eu."

      La protection de la nature est intrinsèque au christianisme, puisque la nature est une Création de Dieu.
      "La nature ne doit pas être détruite, car elle appartient à Dieu, qui en est le maître. "
      Saint Augustin  "La cité de Dieu"

      "Dieu a confié la terre à l’homme pour qu’il en prenne soin."
      Saint Jean Chrysostome  "Sermons"


    • Gollum Gollum 11 janvier 13:44

      @ezechiel

      Et lors de la révolution industrielle y a t il eu encycliques rappelant ces recommandations ?


    • micnet micnet 11 janvier 14:01

      @ezechiel

      « Jacques Ellul avait 50 ans d’avance.« 

      J’ai cru halluciner en lisant ça, vous faites l’éloge…d’un protestant smiley !. Mais bien évidemment d’accord avec votre commentaire smiley


    • Gollum Gollum 11 janvier 14:16

      @micnet

      vous faites l’éloge…d’un protestant

      Bientôt il va nous faire l’éloge de Guénon... smiley


    • ezechiel ezechiel 11 janvier 14:55

      @Gollum "Et lors de la révolution industrielle y a t il eu encycliques rappelant ces recommandations ?"

      La nature, le monde agricole, la propriété privée à toujours été défendue par l’Église catholique.
      "Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d’un petit nombre et la multitude a été laissée dans l’indigence. Les ouvriers ont conçu une opinion plus haute d’eux-mêmes et ont contracté entre eux une union plus intime. Tous ces faits, sans parler de la corruption des moeurs, ont eu pour résultat un redoutable conflit."
      [...]
      "Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Eglise, elle n’a cessé d’être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d’une insatiable cupidité. À tout cela, il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques-uns de l’industrie et du commerce devenus le partage d’un petit nombre d’hommes opulents et de ploutocrates qui imposent ainsi un joug presque servile à l’infinie multitude des prolétaires."
      [...]
      "La force de ces raisonnements est d’une évidence telle qu’il est permis de s’étonner que certains tenants d’opinions surannées puissent encore y contredire, en accordant sans doute il l’individu l’usage du sol et les fruits des champs, mais en lui refusant le droit de posséder en qualité de propriétaire ce sol où il a bâti, cette portion de terre qu’il a cultivée. Ils ne voient donc pas qu’ils dépouillent par là cet homme du fruit de son labeur. Ce champ travaillé par la main du cultivateur a changé complètement d’aspect : il était sauvage, le voilà défriché ; d’infécond, il est devenu fertile. Ce qui l’a rendu meilleur est inhérent au sol et se confond tellement avec lui, qu’il serait en grande partie impossible de l’en séparer. Or, la justice tolérerait-elle qu’un étranger vînt alors s’attribuer et utiliser cette terre arrosée des sueurs de celui qui l’a cultivée ? De même que l’effet suit la cause, ainsi est-il juste que le fruit du travail soit au travailleur."

      Le Pape Léon XIII  Rerum Novarum (1891)


    • ezechiel ezechiel 11 janvier 14:55

      @micnet "J’ai cru halluciner en lisant ça, vous faites l’éloge…d’un protestant."

      Et alors ? Un protestant peut dire des choses raisonnables.


    • micnet micnet 11 janvier 15:06

      @ezechiel

      « Un protestant peut dire des choses raisonnables.« 

      Et bien je ne vous le fais pas dire smiley. Je pensais que vous étiez hermétique par principe à toute forme de pensée autre que catholique mais manifestement j’ai eu tort. Dont acte.


    • Gollum Gollum 11 janvier 15:25

      @ezechiel

      La nature, le monde agricole, la propriété privée à toujours été défendue par l’Église catholique.

      S’ensuit tout un pavé où il n’y a aucune défense de la nature mais juste de la propriété privée...

      Bon c’est habituel chez vous. smiley

      Donc, à l’aube de la révolution industrielle, et ce sur des décennies Rome n’a jamais condamné les outrages faits à la nature, sauf à partir de V2.. Et encore pour V2 il a fallu attendre le pape François non ? Y avait rien avant, les papes étant surtout obsédés par la quéquette... (Interdiction de la pilule par Paul VI, bouquin de JP2 sur l’amour) obsession qui date de Paul.


    • ezechiel ezechiel 11 janvier 16:28

      @Gollum "S’ensuit tout un pavé où il n’y a aucune défense de la nature mais juste de la propriété privée..."

      Rerum Novarum défend la propriété privée des petits propriétaires agricoles qui cultivent leur jardin et défendent la nature, contres les firmes internationales uniquement intéressées par le profit.
      La protection de la nature est implicite dans le christianisme, puisque la bonté de la Création, donc de la nature est divine, l’homme se doit de vivre en harmonie avec elle, s’il veut assurer sa survie. Saint Irénée de Lyon écrivait déjà au IIème siècle :

      "La création elle-même révèle Dieu et sa gloire ; la seule révélation supérieure est Jésus-Christ lui-même. »
      « D’une manière invisible [le Verbe éternel] contient toutes les choses créées, et il est inhérent à toute la création, puisque le Verbe de Dieu gouverne toutes choses. »

      Saint Augustin :
      « Même le plus petit insecte ne peut être considéré attentivement sans étonnement et sans louer le Créateur. La création est un grand livre. »

      Saint Thomas d’Aquin :
      « En tant qu’elles existent, les choses créées sont bonnes, et en tant qu’elles existent et sont bonnes, elles reflètent l’être de Dieu qui est leur première cause. »

      Sainte Hildegarde von Bingen :
      "Toute la nature est à la disposition de l’humanité. Nous devons travailler avec elle. Car sans elle, nous ne pouvons survivre. »

    • ezechiel ezechiel 11 janvier 21:06

      @micnet "J’ai cru halluciner en lisant ça, vous faites l’éloge…d’un protestant  !. Mais bien évidemment d’accord avec votre commentaire "

      Je ne comprends pas bien ce qu’il y a d’étonnant.
      Si Jacques Ellul dit que le ciel est bleu, je ne vais pas le contredire juste parce que c’est un protestant.


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