yoananda2 17 septembre 10:24

@maQiavel
intéressants tes 4 principes. Ils sont de toi ou bien c’est formalisé quelque part officiellement. Je pose la question parce qu’ils me rappellent les principes de la légitime défense : proportionnalité, nécessité, immédiateté.
En situation de guerre, on doit définir des règles d’engagement précises pour ne pas que les militaires défouraillent dès qu’un truc les fait sursauter.

"Avant" (avant l’état de droit) ils avaient le principe de Faide, qui est très différent. Je sais pas si tu connais et pour les lecteurs qui connaissent pas, je met un extrait de kikipedia :

Cette faide avait donc une dimension fortement collective. Si, par exemple, un homme libre avait offensé la famille d’un autre et qu’il en était jugé coupable par les tribunaux, la famille lésée possédait un droit de faide sur la première. Concrètement, un meurtre pouvait en entraîner un autre (pas forcément celui du meurtrier lui-même : tout membre de son groupe familial pouvait être visé). Il pouvait en être de même pour un délit comme l’incendie ou le vol. La faide représente donc une sorte de privatisation de la justice et du châtiment : dans ce système, ce n’est pas la puissance publique qui punit les crimes et les délits, mais ce sont les individus et les groupes lésés qui se font justice eux-mêmes. Le rôle de la puissance publique se limite à légitimer le recours à la violence de la part du groupe lésé contre le groupe reconnu coupable d’agression.

Je le met ici parce que la Faide c’est presque l’inverse de tes principes, notamment sur la "non discrimination". Dans le cas de la Faide, tu peux frapper un "innocent" dont tu sais parfaitement qu’il est innocent à titre individuel. La différence c’est qu’on est dans une logique de clan : c’est un clan qui frappe un autre clan.

Je reviens sur cette phrase :

Donc, face à cette possibilité de mensonges, qu’est-ce qu’on fait ?

Oui le mensonge est possible, mais il est aussi possible que les gens soient sincère et n’évaluent pas la menace de la même manière sans mentir. Tu n’est pas autant concerné quand tu vis dans les beaux quartiers bien sécure que quand ton voisin à un impact de balle perdue dans ton quartier à prix modéré.

Ca m’étonne un peu que tu mette cette histoire de mensonge sur le tapis, car perso, je ne crois absolument pas que ça soit un facteur en France.

’il faut comprendre qu’il ne suffit pas d’affirmer de façon péremptoire qu’un ennemi est virulent pour que l’état d’exception soit déclaré’

Ici aussi il y a un GROS (pour moi c’est le noeud gordien) problème.

[mode caricature ON] Si moi moi, yoananda, je déclare que la menace islamique est terrible et qu’il faut de suite karcheriser les cités au lance flamme, tout le monde s’en branle, parce que je ne suis qu’un gus et que je n’ai pas de lance flamme. La question se pose si beaucoup de monde commence à dire la même chose et que ça entraîne une pression politique suffisante. Mais alors forcément, y a des gens qui vont réagir à cette pression politique, et qui vont dire "meuh non, n’exagérez pas, arrêtez de pleurnicher on va pas se transformer en sauvage par 4 abrutis". [mode caricature OFF]

Donc la en principe, il faut un tiers de neutralité pour trancher la question et dire si oui ou non il y a un soucis qui comme tu le dis, menace soit l’état, soit la vie des citoyens, c’est à dire l’homéostasie socio-culturelle du pays.

On es censé faire des études, des sondages, des stats pour savoir s’il y a péril en la demeure.

Le problème c’est qu’en France, l’état, c’est difficile de savoir s’il est si neutre que ça ce "tiers" (l’état donc), dans la mesure ou les médias ne remplissent plus leur rôle, et ou la plupart de ses agents (public donc) ont un fort tropisme idéologique (qui s’exprime sur des affaires très différente du problème islamique) contre ceux qui réclament plus d’action, pour des raisons de lutte des classes (je simplifie).

Pour moi c’est le coeur du problème, la rupture de confiance d’une partie des citoyens envers la classe gouvernante (et ici je prends soin de ne pas dire "l’état" mais la classe gouvernante, parce que du point de vue de nombreux citoyens lambdas, tout ça se mélange pas forcément à tort d’ailleurs vu toutes les collusions qu’il y a entre les différents sous-pouvoirs).

Bref.

De plus en plus de gens ont de moins en moins confiance dans l’état, pour tout un tas de raisons (on pourrait écrire un ou 2 bouquins rien que sur ce sujet).

Et pour moi, tout ces beaux principes que tu énumères n’ont de valeur que si on a confiance dans l’autorité et la légitimité de "celui"* qui les impose. Ils n’ont pas de valeur en eux-même.

Es-tu d’accord avec ça ?

Quand je dis que tu parles comme un homme d’état, c’est de tout ça que je parle.

* Je dis "celui" parce que ce n’est pas une personne physique mais une institution, une personne "morale" en quelque sorte. Mais la personne morale étant aussi faillible qu’une personne physique, je crois que ça ne change pas grand chose.


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