Qirotatif Qirotatif 7 décembre 08:36

@Belenos
Ca sera surtout trop tard. Ces gens ne sont pas, pour une partie du moins, des réfugiés. Le sens des mots est dévoyé et c’est tout le problème : Si ma maison brûle ou est inondée et que j’ai besoin d’un logement, je suis effectivement un réfugié qui, le temps de faire mes travaux, sera heureux d’être hébergé. Mais là, il ne s’agit absolument pas de cela : il s’agit d’une immigration de peuplement, de jeunes hommes qui viennent dans un autre pays pour s’installer durablement. C’est du reste la question qui n’est jamais posée : Quel est le projet ? Pour combien de temps accueille-t-on ces gens ? Est-ce juste provisoire ou définitif ? 
Eu égard au faible nombre de reconduites aux frontières des déboutés, au grand nombre de cas de fraudes (des majeurs qui frisent la trentaine parfois et qui se font passer pour des mineurs), eu égard à tous les cas de déviance (criminalité, cas psychiatriques... rappelons que les deux jeunes femmes égorgées à Marseille l’ont été par un clandestin déjà très défavorablement connu des services et qui a menti à de très nombreuses reprises quant à son identité), la moindre des choses serait de procéder à un examen extrêmement rigoureux de chaque cas et, en cas de doute, de procéder à l’expulsion systématique des refoulés. De même que la moindre des choses serait de rétablir un délit de séjour illégal.  
 
Avec 14 millions de bénévoles nous sommes l’un des peuples les plus altruistes au monde. Le problème est que cette ouverture aux autres déborde parfois sur de la naïveté, une empathie qui, par candeur, par intériorisation d’une culpabilité absurde ou encore d’une mauvaise analyse géopolitique se mue en résignation se résumant à "nous serons tous des réfugiés un jour...".

Ce reportage révèle trois lignes de fractures : la première est générationnelle. Comme le dit l’une des personnes interrogées, les pro sont globalement des personnes âgées. A la campagne ce type de profil est courant. Certains n’ont parfois jamais quitté leur village et ne le quittent que pour se rendre de temps en temps à l’hosto. Chez moi, certains expliquent qu’ils "habitent à l’autre bout du pays". Quand on discute avec, on s’aperçoit que ce qu’ils désignent par "pays" n’est pas la même chose que le sens habituel. Il ne s’agit même pas de la région ou du département... en fait, ils parlent du village. Voilà qui donne une échelle spatiale de la représentation qu’ils se font du pays réel. Il y a clairement fracture entre eux et les "jeunes", disons les 20-45 ans, qui, eux, ont du quitter le village (études, travail...) et ont vu comment étaient les métropoles. Ces derniers ont aussi grandi avec le net, les réseaux sociaux... Ce sont deux visions du monde en radicale opposition. 
Il y a une deuxième fracture entre ceux qui ont absorbé le discours dominant (sans-frontiérisme, la mondialisation présentée comme inéluctable, l’"identité heureuse" comme dirait Juppé...) et celui-ci est particulièrement puissant s’agissant des anciennes générations (surtout chez les femmes avec un désir de materner si puissant qu’aucun argument ne peut les ébranler... c’est le discours de cette dame vers la fin qui nous explique que tout-le-monde-il-est-gentil) et ceux (jeunes ou vieux) qui s’interrogent voire concluent que cette vague migratoire détruit leur pays. 
La troisième fracture est entre élus locaux, qui, effectivement, ne sont plus que des "exécutants" sur cette question comme bien d’autres, et d’autre part, la population qui se sent mise devant le fait accompli par des décisionnaires très loin de chez eux. C’est en partie ce que l’on retrouve chez les GJ. 

On voit aussi dans cet excellent reportage ressurgir des jeunes gudards au discours radical que l’on croyait s’être éteints dans les années 80. En réalité et depuis des années, il n’y a pas de sujet plus clivant que celui de l’immigration. Une très large majorité des Français estiment que nous avons dépassé allègrement nos capacités d’accueil mais en même temps, une courte majorité des Français continuent de plébisciter des partis qui estiment que la feuille de route datant des années 50-60 reste la bonne. Cette situation est un véritable casse-tête pour les formations politiques souverainistes sachant qu’elles sont en plus stipendiées systématiquement, accusées en permanence par les plus hautes autorités et une écrasante majorité des médias d’être responsables d’une situation que ces mêmes autorités ont crée et en plus avec un champ lexical médical (la "lèpre", la "peste brune", la "contagion populiste"...) infamant.  


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