Death note
15 septembre 2016 18:13
Sur LCI le 12 septembre, il s’appuie sur toute la rigueur de la loi, et pas n’importe laquelle : une loi de la grande époque napoléonienne s’il vous plaît : "Un prénom français, c’est un prénom chrétien, cela vient d’une loi établie par Bonaparte » et abrogée (déplore-t-il) en 1993.
Le problème, c’est qu’Éric Zemmour s’arrange joyeusement avec la réalité d’un document historique, pariant sur le fait que les journalistes en face n’ont évidemment pas le temps ni les moyens de vérifier ses affirmations en direct. La loi qu’il évoque est pourtant un tantinet différente.
La fameuse loi qu’évoque Zemmour existe bel et bien. C’est la loi n°2614 du 11 Germinal an XI, ou plus simplement du 1er avril 1803, « relative aux prénoms et aux changements de noms ». N’en déplaise à Éric Zemmour, il n’y a pas l’ombre d’une quelconque référence aux « prénoms chrétiens ». Mais la loi parle bien DES calendriers et pour cause : le calendrier en vigueur N’EST PAS catholique ; c’est le calendrier révolutionnaire et ses prénoms savoureux : Philogon, Tydrique ou Télesphore pour les garçons ; Rusicule, Vénéfride ou Egobille pour les filles.
Mieux : l’autorisation d’avoir recours aux « personnages connus de l’histoire ancienne » autorise de fait l’usage des prénoms de l’Antiquité grecque, romaine ou ... persane : on doute que Sadi Carnot, dont le prénom vient d’un poète iranien, ait ainsi pu devenir président de la République en 1887avec un prénom illégal… »
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