Qaspard Delanuit
4 octobre 2015 14:39
Imaginer un diable objectif extérieur à son âme est une façon de s’exorciser à bon compte. On retrouve ici tout le principe du bouc émissaire. Oui le diable est un "bouc" sur le dos duquel on place toutes nos propres saloperies et ensuite il est bien commode de décrire cette "bête" comme une horrible entité laide et puante, de façon à se sentir soi-même beau comme un angelot et parfumé aux roses du paradis.
Les chasseurs de diables et de sorcières ne se rendent pas compte que c’est de leur propre ombre qu’ils ont peur. Mais leur ombre les suit de près, pas moyen d’y échapper, même en courant vite ou en s’aspergeant d’eau bénite. Pas moyen non plus de tuer son ombre. Et votre ombre révèle toujours la forme de votre opacité. Dites-moi de quelle sorte de démon vous avez peur, quel est le diable dont vous prétendez dénoncer les méfaits et je vous dirai ce qui se cache en vous et ce qui vous tourmente de l’intérieur.
Et voilà ce qui est vraiment diabolique : accuser l’autre de ce que l’on ne veut pas voir en soi. Le bigot coincé du cul voit des démons sexuels cachés dans tous les placards, le nazillon rouge "antifa" projette sur les autres l’ombre de son propre fascisme, le sectaire voir des sectes diaboliques à tous les coins de rue, l’homme avide de pouvoir imagine que des sorciers ténébreux complotent pour le manipuler, etc.
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe
