maQiavel maQiavel 6 mai 2015 02:36

@Bainville

-L’individualisme morcelle l’approche spirituelle - s’il ne la détruit - et fragmente la société.

 

------> Je crois que l’on va de nouveau se buter à une question de sémantique puisque je considère que la spiritualité est fondamentalement individuelle, ce qui est différent de la religion qui très souvent (mais pas toujours) bloque l’élévation spirituelle.

 

Pour politiser la question et revenir sur les questions institutionnelles, je pense que l’Etat ne doit pas se mêler de spiritualité. Il ne doit même pas selon moi se mêler des religions.

 

Une mise au point globale et synthétique sur ma vision des choses est nécessaire pour vous répondre, je précise que je n’ai vraiment pas d’idées arrêtées sur le sujet et je me pose encore beaucoup de questions.

 

Je distingue :

- l’Etat qui n’est qu’un outil, un instrument d’organisation politique que les interactions sociales ont rendu nécessaire à un moment  de l’histoire mais qui n’en est pas moins dangereux car disposant du monopole de la violence et qui , contrôlé par une minorité , peut  servir à asservir le peuple.

L’Etat est donc un couteau à double tranchant, nécessaire pour survivre dans notre contexte mais également très dangereux car source de servitude.

Mon approche vis-à-vis de l’Etat  : maintenir son existence par nécessité mais pour échapper à son potentiel d’asservissement, sacraliser des principes fondamentaux inviolable par lui que l’on regroupe sous le sigle de « libertés individuelles » , il ne s’agit pas tant pour moi de mettre l’individu au centre de la société que de principes de protection contre l’ Etat total.

 

-Le peuple : qui est l’ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire constituant une entité, culturelle, historique, linguistique. Dès que l’on parle de peuple, la morale et la sensibilité redeviennent le premier critère d’évaluation.

Je n’ai aucune méfiance pour le peuple qui doit avoir la plus grande liberté possible pour s’exprimer, mais j’ai une très grande crainte de l’Etat qui lui au contraire doit être restreint autant que possible car disposant du monopole de la violence.

 

De là, je suis en faveur d’une tripartition organisationnelle avec :

-une sphère politique : qui organise l’Etat pour qu’il soit puissant et sécurisé afin de permettre l’essor d’une vie civile prospère et harmonieuse régies par des lois et des institutions politiques observés par l’ensemble des citoyens. Mais l’Etat ayant le monopole de la force légitime, la question de son contrôle se pose car de façon assez naturelle il abuse de ce monopole pour prendre possession des autres sphères.

Dans cette sphère la règle doit donc être l’égalité de tous devant la loi, le respect des libertés fondamentales et surtout la limitation stricte des pouvoirs de ceux qui l’exercent, afin d’éviter les abus de pouvoir et la prise en otage de la société par une classe dirigeante.

 

-Une sphère culturelle : qui concerne la réelle expression de l’aspiration d’un peuple, c’est la potentialisation de sa sensibilité et de son génie (étudier, écrire, composer, créer des œuvres ou des outils scientifiques, méditer, danser, prier, etc.). L’actualisation optimale du potentiel humain à l’horizon d’un perfectionnement intérieur étant le but à atteindre, dans cette sphère, l’égalité ne peut pas être la norme. La culture ne peut pas être fondée sur le principe d’égalité, tout ne se vallant pas culturellement.

Les trois domaines s’interpénètrent constamment, il s’agit de "relation" et non de séparation, la relation suppose une autonomie des éléments se reliant, sinon c’est une subordination.

 

-Une sphère économique : que je ne vais pas la décrire ici.

 

L’espace publique concerne la sphère politique et l’espace privé les autres sphères.

 

Dans ce paradigme institutionnel, la question de la spiritualité concerne l’individu et la question de la religion concerne les associations culturelle : cela ne relève donc  pas de l’espace publique (et donc pas de l’Etat) mais de la sphère culturelle (qui est dans la sphère privée).

 

Cela n’ empêche pas la mise en place d’ une religion publique.

 

Ici, il ne faut pas s’effrayer, le terme « religion » n’est qu’un mot et d’un point de vue étymologique, il signifie « ce qui relie », ce qui sous entend que la religion lie ou relie les êtres humains entre eux.

 

Ce que j’entends par religion publique, c’est quelque qui relierait les citoyens entre eux dans l’espace publique, quelque chose que les citoyens respectent et révèrent en commun.

 

Puisque espace publique et espace privé sont distinct, cette religion publique immanente ne s’ oppose pas aux religions transcendantes qui relèvent de la sphère privée , dont l’ Etat ne se mêle pas  et qui ne se mêlent pas des affaires publiques ( d’où le principe de laïcité ).

 

Quel devrait etre le contenu exact de cette religion civile ? Je ne sais pas encore mais intuitivement, je pressens que la constitution doit en être la bible (ou le Coran c’est selon).

 

En tous cas, c’est un sujet d’atelier constituant ...


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