ffi
8 juillet 2014 20:39
Notez que déjà que l’effet papillon est quelque peu dépassé maintenant, plus personne en science n’y croit. La croissance de l’erreur initiale fut démontrée non exponentiel, mais linéaire avec le temps. En fait, d’autre recherches ont montré que le chaos en thermodynamique n’existe qu’entre deux phases, c’est-à-dire le temps qu’un nouvel ordre s’installe. Voir ici, par exemple.
Ensuite, on peut se demander s’il est vraiment pertinent d’étendre ainsi des conceptions de thermodynamique et de systémique à des sociétés humaines : en effet, les objets de la physique sont inertes et subissent un contexte passivement donc sans qu’ils n’aient de finalité propre, tandis que les hommes sont des êtres vivants et réagissent à un contexte activement, donc avec une finalité propre.
L’imprévisibilité n’est donc pas du tout de même nature : la première, physique, est l’inconnue de la force exacte que l’objet subira passivement. La seconde, politique, est l’inconnue de la réaction des divers acteurs politiques : celles-ci dépendent de leurs buts respectifs.
L’EIL a un but précis et affirmé : rétablir un sultanat musulman (sunnite). Globalement, on peut dire que le pouvoir légitime d’un lieu, est un pouvoir endogène. Un pouvoir Sunnite a donc toutes les chances de se maintenir à l’Est de l’Irak : il aura naturellement le soutien des populations locales. Avec les Kurdes, l’extension pourrait être négociée. En revanche, cela sera plus compliqué dans le Sud, où les Chiites sont majoritaires.
Reste l’inconnue de la réaction des Américains et de l’Otan. Je doute que l’Arabie Saoudite et le Quatar soit vraiment opposés à l’EIL (voire, ils les financent en sous-main), et l’on sait que les puits de pétroles de l’Arabie Saoudite comptent beaucoup pour les États-Unis. La Russie et la Chine, je les vois garder une forme de Neutralité. L’État Islamique du Levant me semble donc parti pour durer, ne serait-ce que du fait de l’appui des tribus locales, un peu comme pour l’Afghanistan, où les Talibans, certes chassés du pouvoir, n’en reste pas moins toujours en embuscade avec des appuis bien enraciné dans ce pays.
Bref : MaQ s’appuie sur un concept de physique que l’on sait aujourd’hui erroné (l’effet papillon), puis il le transpose indûment dans le domaine politique, tout cela pour finir par dire que la situation est imprévisible. Deux erreurs successives pour finir par ne rien dire...
Avec MaQ, c’est l’affaire Sokal tous les jours. On prend des grands mots bien pompeux et des concepts fumeux, on passe le tout au mixer et Hop ! la tambouille est prête.
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