Étirév 29 décembre 2025 17:11

LA LÉGENDE DE JÉSUS
A quelle époque commença-t-on à parler de la légende de Jésus ?
C’est dans les Épîtres de Paul que son nom se trouve pour la première fois, et ces Épîtres sont écrites vers l’année 50 : celle aux Galates Vers 55 ; première et deuxième aux Corinthiens vers 58 et 59 ; celle aux Romains vers 60.
On croit que Paul est mort en 64.
Les Épîtres de Paul ont été déclarées fausses par le professeur Loofs (voir article « Paul » dans l’Encyclopedia Biblica).
Nous savions déjà que Marcion et Apelles les avaient appropriées à leurs besoins.
Ces altérations successives prouvent que la légende que l’on va édifier a subi des phases multiples dans lesquelles elle était chaque fois modifiée. Il ne faudrait donc pas chercher, dans les Épîtres, une histoire définitive, mais des indications qui, quoique très incomplètes, nous font apercevoir un esprit de révolte contre la Femme, qui va germer et grandir. Les Épîtres de Paul en furent le premier germe. Et comme c’est cela qu’on nous a laissé, nous sommes bien obligés de nous en servir.
Paul prêcha « un autre évangile », qui cependant « n’était pas un autre », et dans lequel il prétendait dévoiler une doctrine « demeurée secrète depuis le commencement du monde ».
C’est dans l’Épître aux Galates qu’il annonce qu’à la suite d’une révélation il va exposer aux fidèles un Évangile, et cependant il commence par dire :
6. — Je m’étonne qu’en abandonnant celui (pour celle) qui vous avait appelés à la gloire du Christ vous ayez passé si promptement à un autre Évangile.
7_— Non qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l’évangile du Christ.
Ces deux versets ne sont certainement pas de Paul.
Il se met encore sous l’égide des Chrétiens, parle sans cesse du Christ, comme eux, des anciennes Écritures, répétant ce qu’il a entendu dire, mais mêlant à tout cela des vues personnelles qui sont le renversement de la cause féministe. On se demande du reste s’il l’a jamais comprise ; ses vues sont étroites, embrouillées, on y sent l’intention de se justifier de passer si facilement d’une doctrine à l’autre, car, dans le chapitre premier de l’Épître aux Galates, il nous explique lui-même ses conversions du Judaïsme au Christianisme, puis du Christianisme à son évangile nouveau, qu’il présente comme étant en harmonie avec celui des Chrétiens de Jérusalem, alors qu’il le contredit.
II faut se rappeler que la secte de Judas le Galiléen, qui masculinisait la Divinité des Juifs, était fondée depuis une dizaine d’années, et que Paul apparaît comme ayant été un de ses partisans. C’est évidemment sous cette influence qu’il crée un nouvel évangile, annonçant la prochaine arrivée d’un fils de Dieu.
Mais, dans tous les écrits de Paul, on annonce l’arrivée d’un Messie « sur les nuées », on ne lui crée pas encore une vie terrestre. Quand on parle de son passé, c’est le passé du Christ qu’on rappelle et qu’on lui applique, du Christ, symbole de la Femme qui a souffert pour les péchés de l’homme, qui a été persécutée à cause des Bacchanales masculines et crucifiées dans la forêt de Dodone. Ce fait, déjà ancien, n’était plus dans les esprits qu’une légende terrible, un crime qui avait été commis et qui criait vengeance.
Paul dit : « Pour nous, nous prêchons le Christ qui est un scandale aux Juifs et une folie aux Grecs » (I Corinthiens).
Comme réparation de ce crime, on attendait le retour de la femme à la vie sociale, sa réintégration dans son autorité morale, sa résurrection, puisqu’elle avait été ensevelie dans l’oubli après avoir été crucifiée.
Quand on parlait au nom du Christ, on parlait au nom de quelque chose de sacré, mais on définissait mal le sentiment que ce nom éveillait. Pour les anciens féministes, c’était un sentiment de respect mêlé de pitié ; pour les masculinistes, c’était une ironie et une jalousie, « un scandale ou une folie ». Or l’annonce de la résurrection du Christ était interprétée d’une façon toute différente par les femmes et par les hommes. Pour ces derniers, déjà plongés dans le surnaturel, et qui croyaient aux esprits séparés du corps, aux apparitions et aux communications des morts avec les vivants, ils faisaient de la « parousie du Christ » une apparition surnaturelle, qui devait se voir sur les nuages du ciel.
Les partisans du surnaturel se servaient des anciennes idées féminines, mais leur donnaient une interprétation nouvelle.
L’esprit féminin « divin », qu’ils ne voulaient plus voir dans la femme vivante parce qu’il n’est pas dans l’homme, devenait une entité libre dans l’espace, hors du monde, mais pouvant apparaître et parler aux hommes. Du mot apparition, qui avait désigné la venue des femmes de génie (les anciennes Déesses), ils avaient fait une apparition surnaturelle. De l’ancienne prière adressée par les hommes aux femmes, ils avaient fait une oraison adressée à des dieux invisibles et, de là, étaient arrivés à croire à des conversations avec la Divinité.
Tous ceux qui voulaient se mettre en évidence prenaient un rôle dans ces luttes. Paul fut de ceux-là. D’abord ardent adversaire des sectes nouvelles, il les avait violemment persécutées, jusqu’au jour où, trouvant sans doute plus avantageux de se faire chef d’école que d’être un obscur défenseur de l’ancien système, il changea brusquement de parti, appuyant ce changement d’opinion sur une apparition surnaturelle qu’il raconte de différentes manières, ce qui prouve bien qu’elle n’a aucune réalité.
A partir de ce moment, il annonce la Résurrection du Christ.
Mais le Christ laisse dans l’esprit une idée féminine ; pour effacer cette idée, Paul va y joindre le nom masculin qui symbolise « le mâle ».
Ce fut la persécution dont il fut l’objet qui l’affermit dans son système. Il avait commencé timidement par annoncer que le Christ était ressuscité « selon les Écritures » ; il finit par une affirmation hardie, annonçant que cette résurrection s’était faite sous la figure d’un homme. Les Épîtres de l’apôtre nous montrent Paul comme un antiféministe acharné. Il semble même être un chef de parti dans la lutte contre la Divinité féminine et contre le droit maternel. Tous les écrits du temps sont remplis d’allusions à la lutte de sexes qui durait depuis dix siècles et que l’on sentait arrivée à une crise aiguë qui allait trancher la question.
Si ce point important de l’histoire est peu connu, c’est parce que l’Église qui a triomphé, et fait prévaloir les droits de l’homme sur les droits de la femme, la Divinité de l’homme sur la Divinité de la femme, a supprimé les documents qui pouvaient servir la cause de ses adversaires ; aussi nous n’avons, pour connaître leur défense, que ce que les Prêtres ont bien voulu nous laisser. Cela nous suffit, du reste ; leur ignorance, leurs maladresses, nous permettent d’étudier la cause qu’ils combattaient dans les documents qu’ils ont gardés et sur lesquels ils appuient leur orthodoxie. Les meilleurs arguments contre l’Église sont ceux qu’elle nous fournit elle-même.
NB : La croix n’est devenue le signe du Christianisme qu’au VIIème siècle de notre ère, lors du Concile de Constantinople qui eut lieu de 680 à 684. Jusque-là, la religion nouvelle, c’est-à-dire le second Christianisme (le faux), celui qui triompha sous Constantin au Concile de Nicée (en 325), et qui s’édifia sur les ruines du premier (le vrai), avait pour insigne trois phallus enlacés (représentant la Trinité catholique). Le culte du « Saint Graal », « Vase sacré » des Mystères, et le « Secret de Bismillah », semblent une réaction contre ces trois phallus.

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