jeudi 11 octobre 2018 - par Bernard Do

Un conseiller municipal se lance dans une longue marche pour alerter sur le suicide des agriculteurs

540 kilomètres. Voici la distance qui sépare les villes de Gontaud-de-Nogaret (Lot-et-Garonne) et Sainte-Anne-d’Auray (Morbihan). Une distance qu’a décidé de parcourir, à pieds, Patrick Maurin, un conseiller municipal de Marmande (Nouvelle-Aquitaine).

Sac sur le dos et bâton de randonnée à la main, Patrick Maurin s’est lancé dans cette grande marche afin d’alerter sur le sort précaire dont sont victimes les paysans français. « Moi je vais essayer de défendre l’agriculture à ma petite échelle » explique-t-il. Chaque jour, il s’arrête dans un village pour entendre le témoignage des agriculteurs qui sont nombreux à soutenir son action. « Ce n’est pas un agriculteur confronté à tous nos problèmes. Et lui, il fait la démarche de partir à pieds […] pour faire prendre conscience au reste de la population qu’il y a un problème chez les paysans », se réjouit l’un d’entre eux.

Le problème : une vie précaire qui mène souvent au suicide. En France, un agriculteur se donne la mort tous les deux jours. Une hécatombe qu’il est aujourd’hui nécessaire de faire savoir, selon de nombreux paysans, car trop souvent passée sous silence.

L’un d’entre eux confie avoir voulu « en parler un jour à une réunion à la chambre d’agriculture et ils ont dit : ‘Faut pas foutre le bourdon à tout le monde avec ça !’ Donc on met le couvercle dessus et on en parle plus quoi. » Grâce à cette marche qu’il espère réaliser en 22 jours, Patrick Maurin entend sensibiliser le grand public à cet inquiétant phénomène. En France, le taux de suicide des paysans serait 20 à 30 % plus élevé que dans le reste de la population.



3 réactions


  • jesuisdesordonne jesuisdesordonne 11 octobre 2018 12:41

    Et les forestiers marchent aussi. Non seulement ils se suicident en nombre mais c’est la forêt même qui est objet d’appropriations via des "privatisations" multiformes.
    Quelle forêt pour nos enfants ?


  • PumTchak PumTchak 11 octobre 2018 13:05
    La touche "5" n’a pas marché : c’est 540 km, son parcours. Ça va lui faire du bien physiquement à ce conseiller municipal, il en a besoin apparemment.

    Espérons après qu’il passe à "L’heure des pros", chez Hanouna et Ruquier et que cela puisse agiter quelques députés REM de leur lourde léthargie...

  • crow Le Celte 12 octobre 2018 04:47

    La majorité des gens, sauf exception, n’en ont rien à foutre des agriculteurs et de la nature en général, ils habitent en ville et achètent au supermarché. Les seuls sentiments émanent de leur égout est l’égoïsme et la peur.

    Autrefois le Rat de ville
    Invita le Rat des champs,
    D’une façon fort civile,
    À des reliefs d’Ortolans.
    Sur un Tapis de Turquie
    Le couvert se trouva mis.
    Je laisse à penser la vie
    Que firent ces deux amis.
    Le régal fut fort honnête,
    Rien ne manquait au festin ;
    Mais quelqu’un troubla la fête
    Pendant qu’ils étaient en train.
    À la porte de la salle
    Ils entendirent du bruit :
    Le Rat de ville détale ;
    Son camarade le suit.
    Le bruit cesse, on se retire :
    Rats en campagne aussitôt ;
    Et le citadin de dire :
    Achevons tout notre rôt.
    — C’est assez, dit le rustique ;
    Demain vous viendrez chez moi :
    Ce n’est pas que je me pique
    De tous vos festins de Roi ;
    Mais rien ne vient m’interrompre :
    Je mange tout à loisir.
    Adieu donc ; fi du plaisir
    Que la crainte peut corrompre.

    Jean de La Fontaine


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