vendredi 28 septembre - par Paul Dallio

Éric Zemmour : à cause de la déconstruction historique, "la réalité paraît blasphématoire aujourd’hui"

Eric Zemmour est revenu au micro de Boulevard Voltaire sur son dernier ouvrage, "Destin Français" aux éditions Albin Michel. L'écrivain estime que le roman national est dépassé et dénonce « le grand effacement de l’Histoire pour correspondre au Grand Remplacement des populations  ». Ils étaient plusieurs centaines, le 26 septembre, à venir faire dédicacer leur ouvrage à la Nouvelle Librairie dans le Quartier Latin.



14 réactions


  • Belenos Belenos 28 septembre 13:22

    Remettons les choses en place. L’universalisme (l’idée qu’il y a un universel humain ou même un universel de la conscience ou encore un universel du vivant) est une idée intéressante d’un point de vue philosophique, métaphysique, poétique, spirituelle, religieuse, éventuellement scientifique (les mathématiques n’ont peut-être pas de frontière). Mais ce n’est pas une idée politique, parce qu’il n’y a pas de "territoire universel" ni de "citoyenneté globale" ni de "souveraineté infinie". Si l’on distingue ces deux plans, il n’y a pas de contradiction, alors qu’elle demeure si on les confond stupidement. Prenons un exemple très simple : un Français (citoyen d’un certain territoire et d’une certaine histoire) ne trahit pas son pays en allant voir un concert de musique japonaise (parce qu’il existe un universel humain musical, en tout cas nous avons la possibilité réelle d’apprécier la musique d’un compositeur appartenant à une autre nation que la nôtre). Pour pousser l’exemple jusqu’au bout, admettons même qu’il soit possible d’envisager un universel cosmique de l’intelligence et de la sensibilité musicales, de sorte que nous puissions apprécier de la musique extraterrestre venant d’une autre galaxie. Pourquoi pas ? On peut en tout cas l’imaginer et ce n’est pas absurde. Pour autant, cela ne ferait pas de nous des "citoyens de l’univers" au sens politique et cela ne justifierait pas de dissoudre les frontières délimitant les innombrables territoires de souveraineté politique du cosmos... dans un Empire Universel. 


    • La mouche du coche 28 septembre 16:11

      Ben oui. La "déconstruction historique" rend la réalité obscène ( au sens étymologique du mot) parce que nous vivons dans un nuage de mensonges : l’évolutionnisme, l’athéisme, la conquête spatiale etc. et bien évidemment, la seconde guerre mondiale. Tout ces mensonges nous rendent complètement cons et c’est à se demander si ce n’est pas le but du projet tellement cela se voit.


    • Joe Chip Joe Chip 28 septembre 21:23

      @Belenos

      C’est toute la différence entre la déclaration de 1789 ("des droits de l’Homme ET du Citoyen", c’est à dire d’un membre d’une communauté de destin, ne fut-elle que politique) et l’universalisme abstrait et humanitaire de la déclaration de 1948 qui fait disparaître l’articulation entre la dimension individuelle et nationale et consacre la vision d’un homme qui n’est plus un citoyen (le mot n’apparaît pas) mais simplement un "homme" ou plutôt un "humain" qui est de partout et de nulle part, de tous les sexes sans en avoir, etc.... 

      Pour moi il faut bien faire attention de ne pas confondre ce cosmopolitisme philosophique (d’inspiration clairement chrétienne s’agissant de la déclaration de 1948) qui implique l’idée que l’homme, pardon l’humain, est un étranger dans le monde, un déraciné fondamental qui peut se déplacer partout sur la terre avec dans son baluchon un certain nombre de droits dits inaliénables, avec l’universalisme républicain tel que les philosophes du droit l’ont défini en le rattachant toujours à une collectivité politique et réflexive (plutôt la société dans le modèle anglo-saxon, plutôt la nation dans le modèle français). Cet universalisme concret signifie tout simplement que les hommes doivent recevoir (ou se voir reconnaître) les mêmes droits et devoirs en tant que citoyens à raison qu’ils partagent tous la même condition. C’est pourquoi, pour caractériser correctement cet universalisme, il vaut mieux se référer directement à mon avis à la notion d’universalité (donc, au sens des droits de l’homme : qui concerne l’homme ou la nature humaine) et ne pas suivre l’aiguillage sémantique des connotations du mot "universel" (territoire universel, conscience universelle...) qui dévoient et dénaturent le concept. L’universel étend ; l’universalité implique. A priori, l’universalité des droits de l’Homme n’implique pas que les droits de l’homme sont universels, et encore moins qu’ils aient vocation à l’être, ce sont deux idées différentes bien que la racine sémantique soit la même. Il me paraît donc difficile de réfuter l’universalisme - y-compris au sens politique du terme - en extrapolant une contradiction à partir d’une ambiguïté sémantique.  

      L’universalisme part par exemple du principe qu’il existe une universalité de la conscience chez l’homme qui correspond à un ensemble de signifiants, d’expériences et de caractères propres à tous les hommes au-delà de leurs différences sociales, géographiques, culturelles, raciales, linguistiques, etc. A contrario, l’idée d’une conscience universelle (religion) ou d’un "universel de la conscience" (déterminisme social ou cognitif) n’a rien à voir avec l’universalisme en tant que doctrine politique ou philosophique. L’universalisme n’est pas une idéologie qui a pour but de tout étendre à la dimension du monde en broyant les cultures ou en niant l’existence des communautés naturelles. Il me semble vraiment important ici de faire la différence entre le mondialisme, le cosmopolitisme (à l’origine de la notion de citoyen du monde) que je n’apprécie guère, même comme tournure d’esprit philosophique, et l’universalisme. 

      De ce point de vue la déclaration de 1948 se "proclame" universelle au sens le plus étroit ou littéral du mot, qui semble ainsi s’opposer de manière abrupte à l’idée de frontières, de limites, de nations... le caractère universel - au sens géographique et extensif du terme - des droits de l’homme est considéré comme un attribut, une propriété quasiment métaphysique qui ne saurait être remise en question ni articuler à d’autres concepts : 

      L’Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

      On comprend ici qu’il y a une véritable tautologie des droits de l’homme : les droits de l’homme étant définis comme "universels", ils doivent être universels, donc exportés par des "mesures d’ordre national et international", c’est à dire par la contrainte politique voire militaire comme on l’a vu, car ce texte gorgé de bons sentiments est bien la base idéologique des guerres "morales" conduites en Irak et ailleurs. C’est une définition "essentialiste" pour ne pas dire religieuse, des droits de l’homme

      La déclaration de 1789, au contraire, repose sur une vision constructivistes des droits de l’homme. Elle revendique l’universalité et le caractère positif des concepts qu’elle énonce : les droits de l’homme, mais aussi la citoyenneté et - on l’oublie souvent - la souveraineté de la nation. La finalité de la "déclaration des droits de l’homme" est d’instruire l’homme sur sa place dans la société, ce qu’il est en droit d’attendre du corps politique, ce que le corps politique est en droit d’attendre de lui, de lui rendre légitime l’accomplissement d’un certain nombre de devoirs en même temps qu’il revendique des droits, et ce afin de garantir "le bonheur de tous". 

      Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

      La déclaration de 1948 renverse en réalité complètement le sens de la déclaration de 1789 en supprimant les concepts de citoyenneté et de souveraineté pour conserver uniquement les droits de l’Homme, désormais considérés dans l’absolu et comme absolus, fétichisés :

      Article 2 :

      1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

      2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.


    • Joe Chip Joe Chip 28 septembre 21:30

      @Belenos

      A côté de ce prêchi-prêcha insipide qui est la matrice du progressisme et de l’antiracisme moderne, le texte de 1789 se distingue par sa vigoureuse concision :

      Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

      Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

      Art. 3. Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

      Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

      On voit très bien que le texte de 1948 a été rédigé avec la seconde guerre mondiale dans le rétroviseur. Les droits humains y sont définis essentiellement en termes de droits "opposables" en dehors de tout cadre national et souverain. Le caractère positiviste et constructiviste de la déclaration de 1789 qui pense en même temps et conjointement l’individu et la nation, qui lie la liberté de l’homme à celle du corps politique qui la constitue, disparaît complètement du texte de 1948 ou est reporté dans le dernier article où apparaît presque comme une incongruité le mot "devoir", sans doute suite à l’insistance de certains juristes blasés par toutes les platitudes qui ont précédé. On peut sans doute situer ici l’origine de la déviation qui nous a fait sortir de l’universalisme républicain pour nous conduire au droit-de-l’hommisme. Il y a déjà tout Kouschner et George Bush contenu dans ce texte. Le sans-frontiérisme et les guerres "morales" de la première démocratie du monde. 

      Quant à la fameuse notion de "citoyen du monde", elle n’apparaît pas formellement dans le texte de 1948 puisqu’elle repose en effet sur une contradiction politique indépassable. Mais comme je l’ai dit plus haut la généalogie de cette idée a plus à voir avec le cosmopolitisme philosophique ou religieux qu’avec l’universalisme républicain.  

      Au contraire, le préambule de la déclaration de 1789 stipule que celle-ci doit rester "constamment présente à tous les Membres du corps social". 

      Bref, tout ça pour dire que l’on peut parler sans vergogne d’universalisme, y-compris au sens politique du terme, dans le sens où celui-ci est par définition contenu dans un cadre (la nation ou le corps social) qui est l’objet même de la politique.

      PS : désolé pour la longueur, pas eu le temps de synthétiser et ordonner le tout

    • Belenos Belenos 30 septembre 04:57

      @Joe Chip
      "Bref, tout ça pour dire que l’on peut parler sans vergogne d’universalisme, y-compris au sens politique du terme, dans le sens où celui-ci est par définition contenu dans un cadre (la nation ou le corps social) qui est l’objet même de la politique."

      J’entends bien. Mais évidemment les mondialistes modernes ne l’entendent pas ainsi, et sous-entendent (quand ils ne le disent pas franchement) que leur universalisme annule le politique, au sens où il dissout la frontière, laissant la place à un gouvernement mondial (avec éventuellement un ordinateur à sa tête). Tout en prétendant qu’il s’agit d’une continuité de l’universalisme des philosophes du XVIIIe siècle (ou pourquoi pas, pendant qu’on y est, de celui d’Alexandre le Grand). C’est habile, car cela leur permet de faire passer leurs adversaires pour des méchants nationalistes, des adeptes du repli sur soi et du refus de la diversité culturelle, des partisans de la haine de l’autre... enfin, on connaît le refrain de cette chansonnette.


  • CoolDude 28 septembre 14:04

    "La France est affaibli depuis 1940 !"


    La France, c’est seulement 1 % de la population mondiale et moins de 0,45 % de la surface totale des terres de la planète… Et c’est pourtant la sixième puissance mondiale.

    Mais bon, c’est vrai que depuis l’arrivé de Sarkozy, Hollande et Macron*... Et de l’Europe, il a une fuite des Capitaux gravissimes, etc...

    Et pour lui c’est dû à notre coté Universaliste !

    Ouais, pourquoi pas...

    0/20

    Bref, j’arrête au bout d’une minute.

    * : Que des prénoms Chrétien.

    « le grand effacement de l’Histoire pour correspondre au Grand Remplacement des populations »

    Je ne sais pas qui efface quoi et dans quel but, mais bon... FERME LA (à tout jamais) !


  • paulau 28 septembre 16:47

     " Destin français" est à lire.


  • BlueMan BlueMan 28 septembre 17:55

    Magnifique.

    Éric Zemmour à son meilleur.

    Il faut qu’il arrête vraiment ses conneries malfaisantes (comme notamment ses propos insultants à l’encontre de Hapsatou Sy qui n’est pour rien dans le choix de son prénom), qui sont totalement contre-productives, inutiles, et nuisibles.

    Maintenant, concernant les idéologies, le droit-de-l’hommisme, etc., on va progressivement en revenir pour ne se consacrer qu’au réel.


    • ezechiel 29 septembre 09:12

      @BlueMan "Il faut qu’il arrête vraiment ses conneries malfaisantes (comme notamment ses propos insultants à l’encontre de Hapsatou Sy"

      Vous diffamez Zemmour en ne rapportant pas les propos dans leur contexte.
      Zemmour est un passionné d’Histoire de France, il a écrit un tas de bouquins et d’articles là-dessus, et quand Hapsatou Sy l’a insulté en disant : "Ce que vous venez de dire est une insulte à la France", il a sans doute été dégoûté et blessé intérieurement, et a répliqué instinctivement que c’est son prénom qui était une insulte à la France.
      C’est bien Hapsatou Sy qui a commencé à insulter Zemmour, mais curieusement, vous mettez délibérément cela sous le tapis.
      Il a juste dit qu’il aurait aimé qu’elle s’appelle Corinne au lieu de Hapsatou pour qu’elle soit assimilée. Les Français depuis 15 siècles ont des prénoms français, pas des prénoms maghrébins ou de l’Afrique subsaharienne !
      Où est la polémique ? Toujours à chercher les emmerdes là où il n’y en a pas.


    • BlueMan BlueMan 29 septembre 13:38

      @ezechiel : Pas d’accord. Il a merdé grave. Son comportement est insultant et insupportable ici.

      Pour l’affaire des prénoms en revanche, ceux qui ont abrogé la loi du 11 germinal an XI (1er avril 1803) sur les prénoms français sont objectivement des criminels.

      Cette loi a perduré 180 ans, jusqu’à l’arrêt du 10 juin 1981 de la Cour de cassation, suivi de la loi du 8 janvier 1993 par son Article 57 du Code civil, (Titre II, chapitre) sous la présidence de François Mitterrand.

      Ce type a sciemment abrogé cette loi dans le cadre de sa logique et stratégie de favorisation du Front National afin de casser la droite en deux et ainsi l’empêcher de gagner, et aussi pour fabriquer un parti-diable contre lequel il était sur de gagner aux élections. C’est criminel.

      Il a ainsi ouvert une brèche dans laquelle nombre d’idiots utiles se sont engouffrés : ces parents immigrés qui en ont profité pour appeler leurs enfants avec des noms non français. Des demeurés. Des inconscients. Des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, et qui ne pensent pas sérieusement à l’avenir de leurs enfants. Voyons les choses en face : en France, il vaut mieux s’appeler Jean que Mohamed... Rien que pour le travail, nombre d’employeurs feront un pré-tri juste sur les CV.

      Autant Éric Zemmour a eu 100 fois tord d’insulter la pauvre Hapsatou Sy qui n’est pour rien pour son prénom, autant il a raison sur le caractère assimilateur indubitable de la loi de Napoléon.


  • DJL 93VIDEO DJL 93VIDEO 29 septembre 02:02

    Paul Dallo, tu es aussi raciste que Zemmour ! ... Inutile de te cacher derrière des mots comme "Des études en Sciences politiques. Passionné d’Histoire." ... Tu es déviant dans ta cervelle car la vraie politique est aussi du racisme !


  • Le Celte Le Celte 29 septembre 06:46

    Je ne vais pas revenir sur la période des Dénisoviens mais les peuples sont attachés sentimentalement à leurs territoires respectifs depuis bien avant l’universalisme de Clovis, quand les frontières étaient sectionnées par esprit d’appartenance à un clan, tous évidemment menés par la philosophie druidique. La Gaule était alors plus agricole qu’actuellement, elle était à la pointe en matière d’alliages ferreux, regorgeait d’or et d’argent sans parler des Arts, bref, une manne pour Jules et son expansion versus universaliste. Rome a peu à peu transformé le paysage gaulois (vous remarquerez que le mur d’Hadrien et le Rhin sont deux frontières non contaminées !) par le mensonge : le vin d’importation, l’enlèvement des fils de chefs, les artifices d’un confort coûteux et la vision nomade que propose la vie dans un vaste empire. Depuis, la proximité en spirale a disparu pour faire place à une pyramide d’emmerdes. Bien à vous.





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