jeudi 24 juin 2010 - par
Guillon, tu me fais trop de peine
Ami licencié bonjour. Si toi aussi tu as été viré parce que ta boîte se délocalise ou parce qu’elle applique un "plan social", tu sais maintenant ce qu’il te reste à faire.
Tu n’es pas exclu parce que tu as insulté ton boss ou parce que tu as provoqué quelqu’un. Tu n’es pas viré parce que tu as commis une faute professionnelle. Non. Tu es viré pour des choses qui ne dépendent pas de toi.
Maintenant que tu te retrouves sur le carreau, tu n’as pas de quoi te retourner. Tu n’as pas un autre job à 18 000 euros par mois.
Tu ne t’appelles donc pas Stéphane Guillon. Si tu t’appelais Stéphane Guillon tu serais invité sur le plateau du Grand Journal de Canal+ (ton autre employeur). Tu irais pleurer dans le giron confortable d’Ariane Massenet, dans les bras de Denisot qui t’en serais reconnaissant car c’est pas mal, ça, coco, pour l’audience.
Bref tout le monde pleurerait dans les chaumières lorsque tu montrerais ta méchante lettre de licenciement écrite par ton vilain patron.
Et puis tu dirais que c’est la première fois de ta vie qu’on te licencie et que c’est vraiment pas juste. On ne t’appelerait pas Caliméro. On compatirait en oubliant de se demander, pendant quelques minutes, comment payer ses charges, est-ce qu’on pourrait envoyer ses enfants en vacances, etc., etc.
Mais tu ne t’appelles pas Stéphane Guillon...

