mercredi 15 juillet - par maQiavel

Relocalisation : renverser le rapport de force ? Jacques Sapir | Aurélien Bernier

« Si l’idée de relocaliser la production est portée depuis longtemps par des intellectuels et des militants, elle a pris un nouvel élan dans la population à la faveur de la crise sanitaire. Mais l’État peut-il retrouver un rôle de stratège sans reprendre en main le secteur-clé de l’énergie, ce qui entrerait en contradiction avec la logique de l’UE ? Russeurope Express Jacques Sapir et Clément Ollivier reçoivent Aurélien Bernier, journaliste et essayiste, auteur des « Voleurs d’énergie » (éd. Utopia, 2018) et de la note « Démondialisation, relocalisation et régulation publique : pourquoi et comment », publiée en juin dernier par l’Institut Rousseau ».

Source : Sputnik France



15 réactions


  • maQiavel maQiavel 15 juillet 15:52

    Ce que j’ai bien aimé dans ce débat, c’est que les intervenants posent les grands principes directeurs des privatisations/nationalisations. D’abord, dans un monde idéal, l’Etat devrait se limiter à fixer institutionnellement le cadre productif et ne devrait pas se muer lui-même en acteur de production. Mais comme nous ne sommes pas dans un monde idéal, il y’a des secteurs dans lesquels la propriété de l’Etat s’impose :

    - Ceux qui ont un délai de recouvrement long car la durée des investissements nécessaires dans ces secteurs ne sont pas compatibles avec les calculs courtermistes des marchés.

    - Ceux dans lesquels la distribution se fait en réseau à rendement croissant ( plus un réseau est grand, plus il est efficace, ce que ne facilite pas la mise en place de mécanismes de concurrence).

    -Ceux qui sont stratégiques afin de sécuriser les approvisionnements vers les besoins nationaux et de les mettre à l’abri de la spéculation.

    -Et enfin dans les secteurs où il y’a un risque de capture du régulateur ( donc la puissance publique) par les entreprises privées qui ont une connaissance de leurs activités supérieures à celle de l’Etat et qui sont donc en bien meilleure position pour négocier des assouplissements de la réglementation, d’où la nécessité pour l’Etat d’être présent dans ces secteurs de façon limité mais suffisamment significatif pour qu’il ait le même niveau de connaissance sur les processus de production et sur l’impact et des réglementations sur ces derniers.

    Une approche mixte à laquelle je souscris et qui ne tombe pas dans les travers extrémistes du « tout marché » ou du « tout Etat ». A priori, on laisse le marché faire mais si l’Etat nationalise, c’est pour des raisons qui relèvent de l’intérêt de la collectivité prise dans son ensemble. 


  • Vraidrapo 15 juillet 17:05

    A partir de mn 35, l’exemple imparable de la comparaison entre la Pologne et la France...

    C’est clair, il faut cesser cette gageure de monnaie unique qui revient à la quadrature du cercle.

    La bonne variable d’ajustement ne doit pas être le chômage mais la dévaluation.

    On voit bien qu’à 17, on ne s’en sortira jamais entre pays du Sud et ceux du Nord.

    La monnaie unique c’est que des problèmes, on le verra bien à la rentrée...


  • pegase pegase 15 juillet 18:05

    S’il n’y avait que certains secteurs primaires comme l’énergie (2,6% des emplois seulement), ce serait encore un moindre mal, mais il y a des pans entiers du secteur secondaire (20,3%) et même aujourd’hui du secteur tertiaire (75%) qui foutent le camp à l’étranger ... On le voit par exemple avec les hotlines délocalisées en téléphonies chez orange ou d’autres opérateurs, entreprises qui font clairement parties du secteur tertiaire, alors que les télécom (boite étatique) sont encore majoritaires dans cette entreprise ...

    Le plus terrible à mon sens c’est la chute du secondaire, à l’avenir nos enfants ne sauront plus rien faire de leurs dix doigts smiley



    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676643?sommaire=3696937


    Le secteur tertiaire représente 75,9% des emplois, le secteur secondaire 20,3 et le secteur primaire 2,6.

    Depuis les 40 dernières années, la part de l’emploi dans le secteur de l’industrie s’est réduite presque de moitié. Dans le secteur tertiaire, cette part a augmenté de 21 points.

    En 2017, la France figure parmi les pays européens où le poids du secteur tertiaire est le plus élevé : il y est supérieur de 4 points à la moyenne de l’Union européenne (UE). Les poids de l’agriculture et de l’industrie construction y sont en revanche plus faibles, inférieurs de 1,6 et de 3,4 points respectivement, en regard de la moyenne de l’UE.


    • pegase pegase 15 juillet 18:09

       

      -50% du secteur secondaire en 40 ans ...


    • Vraidrapo 15 juillet 23:47

      @pegase
      à l’avenir nos enfants ne sauront plus rien faire de leurs dix doigts 

      Ils pourront imiter ceux de Bangkok... au train où vont les choses.
      C’est un aspect de la mondialisation. Le Tourisme étant la seule activité d’avenir en France...
      Désolé !


    • pegase pegase 16 juillet 16:47

      @Vraidrapo
      -
      On verra ...

      RDV au MIF Expo le 6-7-8 Novembre au Salon du Made in France à Paris Porte de Versailles ...
      https://www.mifexpo.fr/

      https://www.youtube.com/watch?v=6VwFV42iQxs&feature=emb_logo

      Je suis en train de chercher les tarifs pour exposer, j’ai peur du prix ...

      généralement c’est 1500 pour un cagibi à lapin à 3000 ou 4000 € pour 30 m2 ..


    • pegase pegase 16 juillet 17:34

      @Vraidrapo
      -
      Tiens là l’intervenant le dit clairement : "la tertiarisation du travail en France est une chimère excessivement dangereuse" ...

      https://youtu.be/XsUvhjKh7hg?t=1572


    • Vraidrapo 17 juillet 00:27

      @pegase
      Je suis retraité mais, avant d’entreprendre qq chose dans ce pays, mieux vaut y aller sur la pointe des pieds... petit à petit. Pas d’endettement excessif, pas d’embauche hâtive. Commencer petit joueur et attendre de voir d’où vient le vent.


  • jack Mandon jack Mandon 18 juillet 12:52

    Au 19e siècle, Hegel et Marx ont apporté une réponse savante au dilemme. Depuis la révolution néolithique et l’organisation sédentaire des humains sur la planète, la vie de la marchandise l’emporta sur la vie essentiellement humaine. La domination formelle du capital s’enracina graduellement. La création de la démocratie athénienne fut l’occasion de mieux gérer la marchandise, compte tenu de l’explosion commerciale en méditerranée. A son insu, l’homme qui s’activait pour la vie de la citée prenait une grosse tête, (Périclès) à la manière de nos députés et ministres que nous rejetons aujourd’hui...je ne parle pas de macreux qui cumule une haine sans précédent dans l’histoire de la république auprès du peuple. Enfin oublions, tout en espérant qu’il dégage avec sa poignée de nuisibles faiseurs d’affaires déshumanisées. 2500 ans après Solon et Clisthène, nous sommes dans la domination réelle du capital. Dans la logique de l’histoire, cela devrait se terminer, tous les signes de la fin sont réunis et franchement tout le monde est fatigué de subir tous les mensonges de la terre, se transformer en pingouin ridicule, se confiner pour mieux crever, ne plus réfléchir sainement sur les vraies causes qui façonnent les chimères de la finance totalitaire. Je souhaite que le peuple garde son bon sens. Bien entendu il faut absolument se passer des gouvernements et médias qui cultivent le mensonge par essence. La connaissance se cultive auprès des marginaux auxquels les plateaux télé sont interdits. La démocratie est la tyrannie la plus aboutie depuis le début des temps.


    • maQiavel maQiavel 18 juillet 13:33

      @jack Mandon

      Concernant ce que vous dites sur la démocratie Athénienne, je ne suis pas d’accord et voilà pourquoi : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-l-imposture-du-genos-communiste-213361


    • jack Mandon jack Mandon 19 juillet 10:55

      @maQiavel

      Je vais me pencher attentivement sur votre article structuré bien documenté.

      Mon raccourci se veut synthétique. Le jugement de Socrate et l’opinion de celui-ci sur la démocratie et la justice de son temps est pour moi essentiel.
      Ce penseur dénonce les fondements même de cette société, certes intelligente et sophistiquée. L’envolée un siècle plus tard du bel âtre Alexandre dans l’empire, (la désapprobation de son formateur Aristote) nous dévoile ce que fut l’aboutissement final de la démocratie athénienne. L’arbre produisit des mauvais fruits.
      Périclès régna pendant trente ans, (au fond un dictateur charismatique) plongeant pendant plus de 20 ans Athènes dans une guerre aussi stupide que désastreuse contre le frère ennemi et redoutable fantassin spartiate. Guerre qui se termina par la peste, la fin d’Athènes et la mort du maitre contestable, victime lui-même de la pandémie.
      La démocratie athénienne dans le temps se solde par ce qui est peut être imputable à l’âme humaine, le manque de clairvoyance de raison et cela depuis la révolution néolithique qui instaura l’empire de la marchandise contre le simple bon sens de l’homme paléolithique qui vivait dans un monde unitaire sacral.

      Je vais m’informer de votre vision de la chose. Par delà ces débats souvent stériles que l’on rencontre ici et là, il me semble plus important de s’informer, de débattre et surtout d’apprendre à tout instant de la vie.


    • maQiavel maQiavel 19 juillet 19:12

      @jack Mandon

      Je suis très attentif aux critiques que Socrate a formulées (selon Platon en tous cas ) sur le régime démocratique. J’y suis tellement attentif que je ne suis pas à proprement parler démocrate, je suis plus en faveur des régimes mixtes qu’Aristote considérait déjà comme les meilleurs.

      Cela dit, il faut aussi tempérer ces critiques par une contextualisation, à savoir que Platon ( qui a mit des mots dans la bouche de Socrate) était épris d’un profond idéalisme aristocratique, ses critiques n’étaient pas neutres mais politiquement intéressées. De manière générale, les philosophes appartenaient au parti aristocratique et attaquaient la démocratie, le parti démocratique répondait en les ignorant, en continuant de s’occuper des affaires du gouvernement sans écrire de traités sur ce sujet. C’est pourquoi, en se focalisant sur les écrits des philosophes, on en ressort avec une conception baisée de la démocratie athénienne. Ce régime avait ses défauts mais aussi ses qualités, il y’a de très bons travaux historiques qui font bien la part des choses.

      « Périclès régna pendant trente ans, (au fond un dictateur charismatique) plongeant pendant plus de 20 ans Athènes dans une guerre aussi stupide que désastreuse contre le frère ennemi et redoutable fantassin spartiate. »

      Là-dessus, je ne peux pas vous suivre. Parler de Périclès comme d’un dictateur est historiquement infondé, de plus c’est Sparte qui a déclenché la guerre du Péloponnèse parce qu’Athènes devenait trop puissante. Je ne comprends pas non plus pourquoi vous faites des conquêtes militaires d’Alexandre l’aboutissement final de la démocratie athénienne alors que la Macédoine n’avait pas un régime démocratique mais monarchique.


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