Conférençovore Conférençovore 19 février 09:22

Servigne est un type gentil mais le monde ne l’est pas. 

Si retrouver de la la confiance en nous-mêmes et entre nous est indispensable, ce ne sera pas possible avec tout le monde. Par exemple avec les gens qui font cela, désolé Pablo, mais c’est tout simplement et rigoureusement impossible tant le fossé qui nous sépare à tous points de vue sera impossible à combler, du moins dans un futur proche. Mon hypothèse est que tu en es parfaitement conscient.

Et ici on l’entend très clairement : les gens qui s’arment sont perçus (par le type en rouge, mais Servigne) de manière négative parce qu’ils seraient dominés par des émotions et que celles-ci seraient fondées sur de l’irrationnel alors que... non. Le pb de la collapsologie écolo-gaucho (on va l’appeler comme cela, sans jugement de valeur) est qu’elle a choisi d’ignorer le fait que le lien social ne peut s’opérer qu’entre des individus qui ont un minimum de principes et valeurs communs, de bases culturelles communes. Certains estiment qu’il est normal de jeter des déchets, fours à micro-onde, frigos et autres dans la cour d’une école au risque de blesser ou tuer et vivre au-dessus d’une décharge qu’ils ont eux-mêmes crée. Voilà la réalité d’une partie de la Fr de 2021, avec ses bas QI, ses gens qui n’ont précisément strictement aucune notion du bien commun et un mépris pour l’altérité. En cas d’effondrement réel (en gros la CAF qui tombe en panne), il est évident que ce n’est pas la collaboration solidaire qui sera leur premier réflexe mais la prédation et cela se vérifie à chaque micro-effondrement (la destruction de St Martin, les manifs BLM accompagnées systématiquement de pillages, etc). Il est tout aussi évident que l’Etat, déjà incapable (ou plutôt ne voulant pas le faire) d’assurer la sécurité, ne le sera pas davantage dans une situation de (demi-)chaos. 

Ainsi, la collapso à la sauce Servigne s’enlise depuis ses débuts dans cet indépassable paradoxe : comment recréer du lien avec des individus avec lesquels, dans des conditions nominales de vie (i.e. : les conditions actuelles, où, globalement, personne ne crève de faim* et personne ne meurt de froid**) cela est déjà impossible ? En refusant d’admettre l’évidence (à savoir que c’est impossible au moins pour le moment) la collapso ôte une partie fondamentale de l’équation et, fatalement, sa réponse se résume à des grandes incantations ("faire du sens"...) creuses. Elle a néanmoins le mérite de susciter une réflexion, de provoquer une prise de conscience et peut-être de mettre en mouvement certains mais cela s’arrête là et finalement ne va pas plus loin que les démarches autonomistes qui l’a précédé de plusieurs années (d’ailleurs il l’admet vers 1h00mn de la vidéo). 

Enfin, je le dis par rapport à certains survivalistes parce que c’est évident mais cela l’est tout autant pour Servigne : sous des formes généreuses, ce côté bienveillant, tout cela reste un business. J’ignore s’il omet la composante que j’ai indiqué par bisounourisme, par calcul (désolé pour le procès d’intention mais, comme il n’a rien d’un abruti, il me paraît évident qu’il en est conscient et n’en parle pas uniquement pour garder son fromage, continuer de faire ses conf, vendre ses livres, peut-être faire du consulting, le tout grâce à ce relais médiatique dont d’autres sont privés) ou par refoulement mais le résultat est même : la conclusion est inopérante. 


* On a déjà des situations d’étudiants qui ont un budget bouffe de 40€/mois

** Mis à part des cas de SDF


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