Conférençovore 11 janvier 18:56

@yoananda2 C’était il y a longtemps mais j’ai un peu navigué dans les courants trotskistes. Quand on est jeune on est naturellement attiré par les idéaux révolutionnaires et la radicalité en général. Les organisations politiques sont un peu comme les vendeurs de tabac : ils savent qu’il est essentiel de prendre le client le plus tôt possible et que passé un certain âge, la plupart des gens ne changent plus de marque.

C’est aussi le sérieux doctrinal de ces courants qui m’a attiré. Il m’arrive encore de lire des dossiers sur tel ou tel sujet d’une organisation comme Lutte Ouvrière et même si je pense qu’ils oublient certains facteurs déterminants dans leurs analyses, j’ai de l’estime pour d’anciens camarades. L’un de mes plus anciens amis est un cadre d’un de ces mouvements. On y est entré ensemble, mais lui y est resté.

Le changement est survenu avec d’une part les expériences de vie (notamment à l’international, là on se rend compte de ce que c’est que de penser "français" et à quel point nous sommes étranges pour la plupart des peuples) et puis les lectures. Mon approche a toujours été de varier les différentes approches justement d’un même sujet mais aussi d’utiliser le matérialisme historique de formation initiale et garder l’esprit critique (d’où un intérêt pour la zététique). Et nécessairement, si on essaie sincèrement d’analyser le monde, les rapports humains, l’histoire, etc. on en déduit que l’approche du communisme n’est fonctionnelle que sur le papier. Cela n’enlève en rien à la beauté de certains combats (j’ai une grande admiration pour JP Mercier, syndicaliste chez PSA et en pointe dans la lutte pour empêcher la fermeture des usines d’Aulnay), la pertinence de certains discours, etc. mais ma passion (une importante en tout cas) c’est mon pays et il est évident que l’internationalisme est aux antipodes de celle-ci.

Après on perd les gens de vue avec le temps, certains abandonnent complètement leurs combats, d’autres disparaissent mais pour te répondre, oui, certains savent que je suis un souverainiste anti progressiste, ethno-différentialiste et tenant d’une forme de décroissance mais avec une fibre sociale (les inégalités ont augmenté, indéniablement, et sont telles qu’il serait malhonnête de le nier... il y a beaucoup de misère et une redistribution intelligente, par l’implication des gens et non par l’assistanat est nécessaire) qui fait que je ne suis pas une ordure intégrale. Évidemment c’est parfois un peu musclé et si je tacle souvent les gauchistes, c’est aussi que je sais qu’ils n’ont pas complètement tort. Personne d’ailleurs. C’est ça qui est intéressant : les gens dits d’extrême-gauche et d’extrême-droite, les anars, écolos, etc. détiennent tous une part de vérité. Il faut hélas du temps pour l’admettre et nos existences nous en privent mais le plus souvent avec notre consentement. La machine ne fonctionnerait pas aussi bien autrement...


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