Qiroreur Qiroreur 10 septembre 21:21

@Zatara
C’est plus complexe que cela. Pour avoir bossé pour ces boîtes je te garantis que la réunionite, des lieux où il y a des décisions délirantes qui défient tout règle logique sont monnaie courante. Me concernant c’était des clients, donc à un moment donné on est bien obligé de se plier à leurs "décisions" mais je me suis retrouvé à diriger des comités de direction surréalistes, à être obligé d’enregistrer des décisions inverses à celles du semestre précédent et puis de nouveau l’inverse dans le CD d’après : sur un même compte-rendu on retrouvait +1, -1, +1 et le tout justifié par des heures de parlote faussement contextuelles pour justifier l’injustifiable. J’avais parfois des interlocuteurs conscients de leur inconsistance, mais généralement plus bas dans la hiérarchie, souvent des ingé qui venaient du terrain pas encore contaminés par la bureaucratie et qui avaient une carrière avant, mais au-dessus, les vrais décideurs, ceux qui me les brisaient à la machine à café, agissaient essentiellement en fonction de leur intérêt, quitte à nuire ouvertement aux services qu’ils dirigeaient ou même à leur entreprise. Il faut aussi comprendre un truc simple : dans ces structures étatisées la dilution de responsabilité joue à fond. Par exemple, le N+3, voire même le N+4 n’a même pas la main pour décider ou pas d’augmenter un de ses collaborateurs. Les syndicats négocient l’assiette d’augment moyenne et des éléments médiocres se retrouvent régulièrement aussi valorisés que des bosseurs (car il y en a). C’est terrible mais c’est la réalité de la structure étatique que Kafka a résumé dans ses livres (inachevés).


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