averoes
1er janvier 2015 18:32
Bonjour.
À travers ce passage d’Aristote "Donc, dans le vide, tous les mobiles auraient une vitesse égale ; mais c’est impossible… ", on pourrait comprendre que tous les corps tomberaient à la même vitesse s’ils traversent le vide. Or, comme Aristote nie l’existence du vide qu’il considère comme un non-être, cette affirmation devient impossible. Mais E. Klein semble soutenir que les astronautes américains ayant marché sur le sol lunaire (lieu dépourvu d’air), ont validé par l’expérience, au sens littéral du terme, l’expérience de pensée galiléenne, à savoir que tous les corps tombent à la même vitesse.
N’eût-il pas été plus judicieux de montrer à E. Klein ce passage d’Aristote (Physique, Livre IV, chap. XI) :
"Donc, le mouvement du corps, toutes choses égales d’ailleurs, sera d’autant plus rapide que le milieu qu’il aura à traverser sera plus incorporel, moins résistant et plus aisé à diviser" pour lui signifier clairement l’erreur qu’il fait en attribuant à Aristote ce qu’il n’a jamais dit" ?
Il appert, en effet, que le péripatéticien établit bel et bien une corrélation intime entre le mouvement des corps et leur interaction avec le milieu qu’ils traversent, et ne fait nullement dépendre la vitesse de la chute des corps de leur seule masse. En clair, pour Aristote, si des corps lourds tombent plus vite que des corps légers c’est surtout à cause de la nature du milieu qu’ils traversent. Et l’idée de la corde et la balle de tennis faisant parachute, censée réfuter la théorie d’Aristote, ne fait, in fine, que la confirmer, comme l’atteste le passage susmentionné.
Cordialement.
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