Qu’un ministre en exercice s’autorise à traiter de dégénéré un ressortissant d’un pays étranger et depuis peu, ami, ne traduit ni une excellente éducation ni un jugement équilibré. Ce qui a provoqué l’opinion négative de notre homme d’état est du sans doute à la multiplicité des facettes de son art, de sa présentation, des masques pris par son visage et son corps. C’est justement ce personnage caméléon qui n’appartient à aucune catégorie précise ou spécifique mais les englobe toutes qui crée le sentiment de malaise, d’indétermination du regard porté sur cette vedette que "la planète" tout entière pleure en ce moment. Quelles peuvent être les raisons de cet attachement, de cet amour, de la communion entre les fans que provoque le talent du chanteur et danseur ? D’aucuns veulent en faire un martyr pour l’acharnement qu’il a démontré pour se modifier physiquement et spirituellement, pour les contraintes qu’il a subies et qu’il s’est imposées, passant de son origine noire à une appartenance artificiellement recréée à la communauté blanche, payant de multiples séquelles douloureuses et esthétiques sa volonté de transformation, de déguisement d’indétermination de la sexualité, de mutations programmées et parfois réussies. Comme c’est souvent le cas, ne serait-ce que pour son lointain prédécesseur Mozart, les enfants prodiges vivent souvent un destin difficile, douloureux, instable, fantasque. Ces caractéristiques pourraient être influencées par l’autorité d’un père abusif qui tire sur la bride de son enfant avec brutalité, constance, détermination jusqu’à casser le ressort de son talent, de sa volonté d’expression et de la prise en main de son autonomie pour une vie raccourcie, inachevée, interrompue dans son élan et sa créativité. En somme, un résultat catastrophique pour lui-même en opposition aux satisfactions et aux biens qu’il a proposés à son public, à ses admirateurs sinon aux égarés de son monde d’origine.
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