mardi 4 mai - par Conférençovore

Samson, un génie françois

Samson, un génie françois

 

Il est assurément l'un des plus illustres représentants et héritiers de la prestigieuse école française de piano. Ce reportage de France Musique revient sur cet artiste exceptionnel à la personnalité pour le moins atypique pour un milieu aussi codifié que celui du classique. Immense concertiste, son style est caractérisé par la liberté, trop grande au goût de certains, qu'il prenait dans ses interprétations comme dans la vie.

Fasciné par Chopin, Samson François en a été l'un des plus brillants interprêtes. Voici le concerto n°2 En Fa Mineur Op. 21, concerto qui est paradoxalement le premier des deux composés par Chopin, écrit en 1829 et joué par Chopin lui-même à Varsovie en 1830. On retrouve des éléments d'une fameuse nocturne posthume de Chopin que les oreilles attentives reconnaîtront, notamment vers la minute 4'29", pièce que tout le monde connaît à travers le film "Le pianiste".

 

 

Grand interprête des romantiques (Chopin, Schumann, Liszt, Fauré, LVB...), il était également fasciné par le mystère de l'expression des compositeurs de l'époque moderne (1900-1950) dont Ravel, Debussy et Prokofiev. On le retrouve ici avec cette alternance d'une incroyable légèreté du piqué et ces notes liées de la Toccata :

 

 

Petite préférence personnelle pour cette Polonaise op 71 n°1 (la n°2 est fabuleuse aussi... cela étant, il n'y a rien ou presque de moyen chez Chopin) qui est à mon sens l'un des plus éminent reflet de l'âme de ce pays. L'interprétation de Samson François témoigne de son incroyable sensibilité.

 

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Samson François était également compositeur. Voici une de ses œuvres, Magies Noires, n°2 et 3 (la n°3 commence à la minute 7'01'')

 

 

Samson François était connu pour une vie que d'aucuns qualifieraient de dissolue, avec des abus mais une vie pleine. Amateur de jazz, on le retrouve ici aux côtés de Art Simmons à qui il fait découvrir en 1967 Debussy :

 

 

Celui que sa mère avait prénommé Samson « pour la force » est décédé à l'âge prématuré de 46 ans d'un infarctus. Il restera dans l'histoire comme l'un des plus grand pianistes du 20ième siècle. 

Finissons donc avec une improvisation (enfin pas tout à fait, une partie est le Liebesleid de Kreisler retranscrit par Rachmaninoff pour piano), sans public :

 

 

 

Si vous voulez vous faire plaisir, achetez « The Chopin Recordings » en 10 volumes chez EMI Classics. C'est une quasi intégrale enregistrée par Samson François où l'on retrouve les valses, ballades, noctures, preludes, etc.



6 réactions


  • chantecler 4 mai 20:22

    Bonsoir ,

    Samson François a été un très grand pianiste du 20 ème siècle disparu trop tôt .

    Dire qu’il a été un des meilleurs de ce 20 ème siècle , je ne le pense pas ou alors il faut le resituer chronologiquement cad avant les années 70 .

    Ce n’est pas le dénigrer mais le considérer parmi les centaines d’excellents interprètes mondiaux , hommes et femmes, du siècle.

    De toutes façons un classement est une absurdité


    • Guit’z 5 mai 06:49

      @chantecler
      Bonjour,
      J’ai toujours éprouvé une certaine réticence à l’égard du jeu de Samson François, que je trouve assez péniblement romantique et surfait. Faire gémir Chopin, c’est l’alourdir d’un propos qu’il n’a pas tenu. S’agissant de Mozart, cela relève carrément du contre-sens. Quoi qu’il en soit je préfère de loin la retenue et la sobriété d’un Pollini (le meilleur selon moi, dans Chopin du moins), et de nos jours d’un Daniel Barenboïm (prodigieux dans Mozart).
      J’avoue trouver Stéphane Blet très impressionnant aussi... (non, ce n’est pas parce qu’il est pote avec Dieudo smiley !

      @ Gaspard :
      très drôle votre commentaire...


    • Conférençovore Conférençovore 5 mai 08:03

      @chantecler
      Il a bcp été critiqué chez nous* pour son style, son côté inconstant même si c’était surtout vers la fin de sa carrière et que bcp de gens n’ont retenu que cela mais aussi son interprétation très libre, alors même qu’il était admiré dans le monde entier. Un classique. Me concernant, ses interprétations de Chopin et Debussy en font un des plus grands du 20ième mais c’est évidemment une appréciation personnelle, une question de goût qui fait que je ne suis pas fan des pianistes trop plats, disons académiques.
      Sa singularité s’exprime à travers tout un tas de détails. Par exemple, ici, dans le Sostenuto, à la mesure 65 qui termine les phrases avec cette attaque en mi et ces notes en escalier, il est le seul à mettre cette petite accélération et le jouer à ce point pp, ce qui permet de donner un contraste avec l’attaque qui suit. Ici à 1’26’’ :

      https://www.youtube.com/watch?v=qTUmw_5fU3w

      * Je le mets en italique pour ne choquer personne, hein. On est au 21ième siècle, notre chez nous appartient à tous. Je ne serais même pas étonné qu’un jour ils nous fassent un biopic de cet artiste avec une femme trans, pour l’incarner, Camélia Jordana


  • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 5 mai 03:36

    "Il est assurément l’un des plus illustres représentants et héritiers de la prestigieuse école française de piano."


    Et voilà ! Dès la première phrase, on se sent tout de suite dans la fachosphère franchouillarde qui distille la peur de l’autre ! Faut-il préciser que ce non-racisé porte en plus un nom ("François") qui signifie "Français" et constitue en soi une manière de repousser le migrant persécuté, cet homme, cette femme, cet enfant, ses 12 frères, ses 56 cousins, tous issus d’une lignée portant les stigmates de plusieurs siècles de colonialisme français et abordant pourtant amicalement nos rivages inhospitaliers pour enrichir nos tristes paysages des mille couleurs du monde ?

    On notera que ce pianoteur, dont vous prétendez vanter les mérites dans un élan de chauvinisme ringard, arbore sans honte une mèche hitlérienne, qu’il est né en Allemagne, berceau des heures les plus sombres de notre histoire... comme par hasard !

    "École française de piano", dites-vous en faisant mine de ne pas apercevoir l’agressivité choquante de vos propos glaçants !? Comme s’il y avait une culture musicale spécifiquement française ! Comme s’il y avait "un art français" (allez donc jusqu’au bout de votre doctrine abjecte) ! Vous n’avez donc toujours rien compris à la théorie des "racines éminemment ouvertes" pourtant si clairement expliquée dans cette brillante intervention : 

    https://www.youtube.com/watch?v=xncCLi6EabU

    No pasarán !  smiley


  • Norman Bates Norman Bates 5 mai 21:49

    Bel article, dommage qu’il n’y a pas l’évocation du magnifique vibrato ô combien distinctif et marquant sur "Vancouver" ou "Besoin de personne", sans oublier cet inoubliable duo avec Dalida qui a en son temps bouleversé la...

     Norman ! tais-toi ! vite !


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