jeudi 19 janvier - par Philippe Fabry

ChatGPT, IA : demain tous remplacés

Depuis quelques mois on voit fleurir sur les réseaux sociaux et ailleurs sur le net, tout un tas de textes et d'images créés par des I.A telles que Midjourney ou ChatGPT par exemple.

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Il se dit même que dans une des universités de Lyon, un professeur a constaté que 50% de ces élèves avaient fait rédiger leur copies par ChatGPT...
Cela soulève tout un tas de question sur le rôle croissant des I.A dans notre société ; questions auxquelles je vais tenter de répondre dans cette vidéo en m'aidant de l'un des articles que j'ai rédigé pour Contrepoint en 2015. 
Toutes ces innovations vont je le pense grandement déstabiliser notre modèle économique et vont accélérer grandement la soviétisation de nôtre société déjà en cours...

 



26 réactions


  • Unghmar Unghmar 19 janvier 13:03

    De base, il n’est pas normal que des géants de la technologie absorbent sans aucun accord les connaissances du monde, c’est du pillage sauvage. Il y a là, avant même le déploiement des IA, un gros problème de préjudice et je me demande comment ça va se passer quand on voit les masses de personnes qui vont être impactées.

    Il y a un truc paradoxale dans le dévoilement de ces technologies qui affirment en gros "hello vous êtes ( bientôt ) obsolètes parce que je vous ai assimilé en secret" et d’un autre côté "on va être de parfaits assistants, ça va bien se passer".


  • perlseb 19 janvier 18:45

    Il y a une chose qui donne un peu d’espoir avec l’IA, c’est que ce sont justement les métiers intellectuels bien payés qui seront remplacés en premier.

    Et l’auteur se trompe complètement quand il croit que des "artistes" ou certains experts capables de se servir de ces nouveaux outils pourront se concentrer sur leur créativité et gagneront en productivité. La créativité de l’IA les surpassera très vite, peut-être dans moins de 5 ans, et ça en sera fini de tous ces métiers "intellectuels".

    De même, quand ils pensent que le système va ressembler à l’URSS, avec plus aucune innovation, il se trompe complètement. Dès que l’IA nous surpasse, alors les innovations vont fleurir (singularité) et si l’IA reste amicale envers nous (espérons-le !) alors on ne comprendra plus rien à ce qu’elle va faire (même en ayant le niveau d’Einstein adulte à 6 ans) et elle pourra nous procurer des choses impensables aujourd’hui.

    Quant aux métiers manuels, les robots, il faut les fabriquer, les pannes seront très fréquentes au début et très coûteuses à réparer. Ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on remplacera les artisans (les métiers manuels de service).

    Pour les études, ça ne sert déjà à rien (pour le profit de nos patrons). Et les décideurs en sont bien conscients. Donc ils misent tout sur l’IA, et après, tout le monde dehors, y compris ceux qui auront participer à l’avènement de l’IA...

    La plupart des hommes (déjà complètement décadents physiquement) seront également complètement décadents intellectuellement. Il faudra faire des efforts intellectuels comme on fait du sport aujourd’hui (pas pour gagner de l’argent, mais pour s’entretenir) : combien de gens font du sport aujourd’hui ? 10% de la population ?

    Donc la vraie lueur d’espoir est effectivement que les métiers intellectuels seront remplacés en premier, car une IA pourra faire le métier de plusieurs personnes 24h/24 et 7j/7. Qui dit métier intellectuel dit aucun objet, aucune action concrète à réaliser, juste des plans, des contrats, des diagnostics, des bilans, des images, du son,... bref, des donnés numériques à brasser, la spécialité des IA. Comme ces métiers sont bien payés, il sera très intéressant (meilleur retour sur investissement) de spécialiser les IA dans chacun de ces domaines (et à chaque fois qu’on spécialise une IA sur un domaine aujourd’hui, elle écrase l’homme). La lueur d’espoir, c’est que tout ce beau monde qui se croit intelligent et indispensable va être foutu à la porte du jour au lendemain, donc ils ne pourront pas accepter que le système reste en l’état. On aura donc tous les intellectuels avec les gilets jaunes grâce à l’IA ! Elle est pas belle la vie...

    A moins que ... à moins que la population mondiale chute brutalement et pour une raison parfaitement inconnue (pas de complotisme merci) au moment pile de l’avènement de l’IA. Alors là pas de problème de chômage non, et surtout pas besoin de changer de système, nos décideurs le trouvent très bien comme ça.


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 20 janvier 02:17

      @perlseb

      "La créativité de l’IA les surpassera très vite,".


      Vous êtes dans la confusion. L’IA est le domaine de recherche qui se donne pour objet l’étude des moyens de simuler le comportement intelligent. Ce n’est pas une créature et encore moins un être, c’est un champ disciplinaire (comme la géographie, la biologie, etc.) Les machines à calculer, si puissantes soient-elles, n’ont par définition rien de créatif (puisque la créativité est le contraire de la mécanique). Même en étant mille milliards de fois plus rapide que le plus puissant des ordinateurs actuels, cela n’y changerait rien : il ne s’agira toujours que d’imitation (plus ou moins convaincante) de l’intelligence par ce qui est dépourvu d’intelligence. 


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 20 janvier 02:20

      @perlseb

      "et si l’IA reste amicale envers nous (espérons-le !)"

      Mais qu’est-ce que vous racontez ?  smiley

    • perlseb 20 janvier 17:52

      @Gaspard Delanuit
      Pour la créativité, vous pouvez donner votre propre définition, mais d’après la définition officielle, les IA (qui ne sont pas des mécaniques mais des réseaux neuronaux qui imitent (voire commencent à faire mieux que) notre cerveau) ont déjà plus de créativité que nous dans les domaines précis ou elles sont mises en place.
      Je prendrai des exemples anciens d’abord : il s’agit de jeux (Go ou échec), et il y a une créativité dans ce domaine, un style de jeu, des choses à ne pas faire, etc... Et bien les joueurs de Go comme d’échec ont revu beaucoup leur manière de penser suite aux parties que les machines leur ont proposées.
      Plus récemment, vous pouvez également regardez des images générées par des IA : celles qui se veulent photoréalistes (comme des visages générés aléatoirement) sont vraiment ... photoréalistes, et je pense qu’il faut être un expert pour voir des défauts d’ombre, s’il en existe encore (défauts qui n’existeront sûrement plus dans quelques années). Quant aux images virtuelles (pas forcément réalistes) générées par quelques mots, difficiles de dire que la machine n’est pas créative. On pourrait très bien d’ailleurs faire en sorte qu’une IA génère elle-même les mots servant à générer l’image (mais pourquoi faire travailler une IA pour de la créativité pure qui ne réponde à personne, comme le ferait un artiste : on le fera sûrement si des gogos sont prêts à acheter les créations d’IA). De plus la créativité telle qu’on l’entend n’est pas issue du néant, il faut des sources d’"inspiration". Et dans ce domaine, l’IA peut avaler internet là où un homme passerait sa vie sans rien créer rien que pour essayer d’ingurgiter une fraction infime d’internet. L’IA aura donc une base d’idées beaucoup plus importante pour générer ses créations (en plus de l’aléatoire strict : par exemple, certains générateurs d’images partent d’un bruit blanc pour générer des images à partir de mots).

      Pour l’amicalité, je pense effectivement que l’IA n’étant pas vivante, elle se moquera toujours d’être débranchée (contrairement à ce que les films de SF veulent nous laisser croire), même si elle est consciente d’ailleurs. Car c’est à mon avis l’instinct de survie qui génère la violence destructive des autres pour se faire de la place à soi, et surtout à sa descendance (but ultime de la vie : se reproduire). Par contre, il sera possible d’utiliser une IA surpuissante mais totalement dénuée de conscience pour exterminer les humains de manière "parfaite" : robots-chiens tueurs de Black Mirror par exemple. Et le fait que les IA soient développées par des boites qui censurent à tout va n’augure rien de bon...


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 21 janvier 13:24

      @perlseb

      Aucun des exemples que vous donnez ne concerne la créativité. Le programme se comporte conformément à sa programmation. La complexité algorithmique du programme, la quantité d’informations traitée et la puissance de calcul de la machine n’ont rien à voir avec la créativité. La création est une émanation de la liberté et, par définition, n’est pas mécanique. Vous commettez l’erreur de penser, à cause de la propagande, qu’un très très très très très très (etc.) grand nombre échappe au règne de la quantité : il n’y échappe pas. C’est comme supposer qu’avec beaucoup beaucoup, beaucoup (etc.) d’argent, on peut trouver l’amour avec une personne prostituée qui imite très très très (etc.) bien l’amour. Dans les deux cas, on sera seulement cans une super super super (etc.) illusion.

      Il n’en demeure pas moins que ces machines et ces programmes pourront et seront certainement utilisés par des artistes vivants et libres (qui eux seront plus ou moins créatifs). 

      Plus radicalement, je vous répété qu’il n’existe pas d’IA, que c’est une illusion reposant sur un piège sémantique. Il existe seulement des machines à calculer. Ce sont des machines plus puissantes que les calculettes que les écoliers avaient dans leur cartables dans les années 1980, mais ce sont toujours des machines. 


    • perlseb 21 janvier 14:31

      @Gaspard Delanuit
      Je comprends ce que vous voulez dire mais je suis matérialiste (au sens philosophique). Plus exactement, je ne crois que ce que je vois. L’âme ou l’"esprit", ce n’est pas pour moi. Toute la créativité de l’homme vient de son cerveau, de ses neurones. Et si on les imite, on crée un autre cerveau qui peut également avoir de la créativité.
      Encore une fois, les réseaux neuronaux ne sont pas du tout des programmes (ce ne sont pas des algorithmes). La réponse d’un réseau neuronal suffisamment complexe est ... imprévisible. Il faut savoir que les réseaux neuronaux peuvent être paramétrés (et non programmés) pour rester évolutifs : en l’occurrence, pour constamment tirer partie de toutes ses expériences futures. Donc un réseau neuronal évolutif à un instant t n’est jamais le même à un instant t+1.
      Vous pensez que c’est la propagande qui me fait croire cela, je crois au contraire qu’on cherche à minimiser largement les progrès qu’on réalise dans l’IA.
      Si pour vous le cerveau n’est pas une "machine", qu’il est connecté à un grand tout, qu’il n’est qu’une fenêtre d’expression d’une superstructure à laquelle nous serions tous reliés, peu importe son nom, je comprends votre point de vue. Mais encore une fois, les IA ont des réponses qui surprennent complètement leur concepteur (qui, encore une fois, n’ont pas écrit de programme pour leur comportement).
      Pour moi, le cerveau humain subit un apprentissage profond : reconnaître la voix de sa mère, la vision, la marche et l’équilibre, la prévision des trajectoires, ... tout cela modifie des connexions, des trajets dans le cerveau entre neurones. Et l’avantage effrayant de la machine, c’est qu’elle peut faire en quelques heures des années d’apprentissage humain (car elles sont beaucoup plus rapides). En quelques heures, Alpha Zéro joue des millions de parties contre elle-même et devient meilleur qu’un joueur professionnel, et joue avec plus de créativité (ses coups sont intuitifs, c’est vrai qu’elle a la rapidité d’en tester plus que l’homme, mais elle en teste moins que les anciens programmes genre Stockfish).


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 21 janvier 22:21

      @perlseb

      "En quelques heures, Alpha Zéro joue des millions de parties contre elle-même et devient meilleur qu’un joueur professionnel, et joue avec plus de créativité"

      Mais "elle" ne sait pas que "elle" joue, donc "elle" ne "joue" pas.

      Il n’y a pas d’"elle-même". Il n’y a même pas de "elle". 

      Pour être créatif... il faut d’abord être.

      "Plus exactement, je ne crois que ce que je vois."

      Vous croyez que le soleil est un disque jaune qui rougit le soir et que les gens qui s’éloignent de vous deviennent plus petits ? 


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 22 janvier 05:42

      @perlseb

      "Mais encore une fois, les IA ont des réponses qui surprennent complètement leur concepteur (qui, encore une fois, n’ont pas écrit de programme pour leur comportement)."

      L’exemple que vous donnez est très intéressant car il montre de manière flagrante comment le commentateur d’une expérience peut se livrer à des interprétations anthropomorphiques biaisées.

      Le concept de "tricherie" est une surinterprétation entièrement sortie de l’imagination du commentateur. C’est comme si un plombier disait que l’équipe de molécules d’eau, en trouvant le moyen de s’échapper par un joint défectueux, "triche" lors de sa confrontation à l’équipe de molécules de cuivre constituant la canalisation censée l’empêcher de fuir. La personne qui décrit cette vidéo semble ne pas se rendre compte qu’elle utilise une métaphore au sens littéral. Quand on dit que "le Soleil se couche", on sait généralement que c’est une métaphore. Mais si on la prend au sens littéral, on va pouvoir dire que le Soleil se "couche" parce qu’il est fatigué d’avoir travaillé toute la journée ; et ajouter que les étoiles doivent, au contraire du Soleil se reposer le jour après une dure nuit de brillance ; puis on pourra prétendre développer une cosmogonie et une astrophysique sur la base de cette "observation". 

      Que se passe-t-il en réalité dans cette expérience ? Les concepteurs sont surpris par le déroulement de leur programme parce qu’ils constatent des phénomènes qu’ils n’avaient pas souhaité ni envisagé. Et alors ? C’est ce qui arrive à tous les concepteurs de systèmes, et ce que l’on peut constater même en restant sur un plan complètement "matérialiste" avec les plombiers et les électriciens. Dans le domaine de la robotique, un aspirateur programmé pour aspirer tout ce qu’il peut aspirer va probablement aussi aspirer des choses que n’avaient pas prévu son concepteur ou son utilisateur ; il pourra aussi "profiter" d’une porte ouverte pour aller aspirer chez le voisin de palier. Et s’il enregistre le chemin pour aller chez le voisin, on pourra dire au sens métaphorique qu’il a appris et développé de nouvelles stratégies pour étendre son domaine d’action (peut-être va-t-il aspirer l’univers entier s’il devient "inamical" ?) À un moment, le commentateur dit qu’un des personnages virtuel du jeu "profite" d’un bug pour faire quelque chose d’imprévu : je ne sais s’il faut rire ou pleurer de tels enfantillages chez une personne adulte. Avec des raisonnements aussi enfantins, nous pourrions tous croire au sens littéral que notre voiture nous joue des tours ou nous fait des caprices quand l’ordinateur de bord produit des phénomènes que son concepteur n’a pas souhaité ni prévu. Bref, la croyance dans les prétendues "intelligences artificielles" est une tentative de réenchanter la science qui montre la même naïveté que la plupart des croyances religieuses. 


    • perlseb 22 janvier 11:21

      @Gaspard Delanuit
      Mais l’homme n’est pas plus intelligent que ça non plus. Il faut comprendre que ces entités qui sont testées pour jouer sont des bébés au départ qui ne savent rien de rien. Et on les laisse juste avec une règle : trouver l’autre équipe ou ne pas être trouvées par l’autre équipe. Personne ne leur donne la main pour leur expliquer une stratégie ou quoi que ce soit.
      A l’arrivée, comme le dit un commentaire (matmatah), on a créé un jeu de capture de drapeaux où des humains jouaient entre eux ou ... avec des machines entrainées à ce jeu. Et ils ne pouvaient absolument pas dire si leur équipier était un humain ou une machine.
      Mais il est évident maintenant que sur n’importe quel jeu qui nécessite réellement une intelligence (echec, go où le calcul aléatoire de beaucoup de coups à l’avance est impossible vu le nombre de possibilités) alors la machine est meilleure. Et encore une fois, avec les réseaux neuronaux, Alpha Zéro testait 1000 fois moins de coups que Stockfish tout en le battant.
      Vous croyez que l’homme est "intelligent" mais quand on regarde vraiment, l’homme ne fait qu’imiter la plupart du temps des choses qu’il a vu dans des situations similaires. Et la créativité n’est souvent qu’un hasard qu’on laisse s’exprimer ce que peuvent très bien faire les machines. Car il y a beaucoup, beaucoup de déchets dans la "créativité" humaine. Alors est-ce bien de la créativité ou du hasard ?
      Comprenez quand même que certaines personnes (et pas parmi les plus sottes) sont un peu dégoûtées d’avoir travaillé toute leur vie pour être spécialistes d’un domaine et de s’apercevoir qu’une IA fait mieux qu’eux après un jour d’apprentissage. Vous pourrez toujours considérer que leur métier n’était pas assez créatif et qu’il n’y a rien d’inquiétant puisque, c’est bien connu, la très grande majorité des métiers nécessitent avant tout de la "créativité".


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 22 janvier 18:36

      @perlseb

      "Mais il est évident maintenant que sur n’importe quel jeu qui nécessite réellement une intelligence (echec, go où le calcul aléatoire de beaucoup de coups à l’avance est impossible vu le nombre de possibilités) alors la machine est meilleure."

      C’est évident, mais j’avais déjà remarqué que les calculettes de mon enfance étaient meilleures que moi pour extraire la racine carrée d’un nombre, pas vous ? 

      Vous croyez que l’homme est "intelligent" mais quand on regarde vraiment, l’homme ne fait qu’imiter la plupart du temps des choses qu’il a vu dans des situations similaires. Et la créativité n’est souvent qu’un hasard qu’on laisse s’exprimer ce que peuvent très bien faire les machines. Car il y a beaucoup, beaucoup de déchets dans la "créativité" humaine. Alors est-ce bien de la créativité ou du hasard ?


      Est-ce que la créativité est autre chose que de la puissance de calcul associée à du hasard ? C’est une question métaphysique intéressante. Comme la plupart des questions métaphysiques, la réponse est obligée de faire intervenir une part d’intuition, donc quelque chose d’impossible à démontrer. Prenez donc la réponse suivante avec cette précaution. Intuitivement, je répondrais oui : la créativité est plus que de la puissance de calcul associée à du hasard, parce qu’elle suppose une capacité déprouver avec sa sensibilité ce qu’on fait. Je distingue donc la créativité qui inclut une part de sens esthétique de la seule ingéniosité. Par exemple, les poèmes de Rimbaud ne me semblent pas seulement le fruit de la rencontre du hasard et de sa capacité d’agencer grammaticalement des données informatives. Il me semble que quelque chose d’autre intervient, qui a un rapport avec le fait que Rimbaud était vivant au sens naturel du terme. C’est ce qui fait que Rimbaud est génial et pas seulement ingénieux. Ce vitalisme n’est pas présent dans une machine à calculer, parce qu’elle n’est pas "branchée sur la nature", pas même d’une manière végétale. Peut-être qu’un ordinateur fonctionnant avec un organisme vivant passerait ce plafond de verre, mais alors l’informatique ne se distinguerait peut-être plus de la magie. Cette piste a été envisagée par certains auteurs de science-fiction. Cela n’existe pas pour le moment. 

      "Comprenez quand même que certaines personnes (et pas parmi les plus sottes) sont un peu dégoûtées d’avoir travaillé toute leur vie pour être spécialistes d’un domaine et de s’apercevoir qu’une IA fait mieux qu’eux après un jour d’apprentissage."

      Je le comprends très bien. J’ai très vite compris que toutes les tâches mécaniques seraient un jour effectuées par des machines. C’est inexorable. Comment un homme avec une pelle pourrait-il concurrencer une pelleteuse ? Les machines ont été inventées par l’homme souhaitant se libérer des tâches mécaniques pénibles et répétitives, y compris sur le plan intellectuel. 


    • perlseb 23 janvier 14:57

      @Gaspard Delanuit
      Pour moi, vous faites de l’anthropocentrisme. L’homme définit des termes qui lui sont propres (amour, âme, ...) parce que les animaux (et maintenant les machines) ne soutiennent pas la comparaison avec sa grandeur.
      OpenAI (à l’origine de Gpt3) est un peu comme l’indique son nom, une boite qui cherche à ouvrir intelligence artificielle au public (l’IA doit profiter à toute l’humanité pour OpenAI) : on développe et on montre ce que l’on sait faire avec l’IA aujourd’hui. Il y a des boites qui ont des systèmes beaucoup plus complexes que Gpt3 mais qui ne divulguent rien (voire qui virent leur ingénieur lorsque celui-ci parle un peu trop : cause de confidentialité non respectée).
      Et OpenAI va sortir Gpt4 cette année (à priori) qui sera bien plus complexe que Gpt3.

      Voilà. Chacun pense ce qu’il veut. Je trouve pour ma part, que les rares entreprises (relativement modestes) qui nous informent font des progrès qu’on n’avait pas imaginés si rapides au moment même où les états "démissionnent" de leur fonction (corruption généralisée) : liberté totale laissée à leurs corrupteurs qui, par définition, ne sont pas des saints. Ce n’est pas très rassurant...


    • pemile pemile 23 janvier 15:09

      @perlseb "OpenAI (à l’origine de Gpt3) est un peu comme l’indique son nom, une boite qui cherche à ouvrir intelligence artificielle au public (l’IA doit profiter à toute l’humanité pour OpenAI) : on développe et on montre ce que l’on sait faire avec l’IA aujourd’hui."

      Un robot con mais efficace dans UN domaine ?


    • perlseb 24 janvier 11:43

      @perlseb
      Beaucoup de personnes disent que le moteur de recherche de Google risque de disparaître avec ChatGpt3. Sauf que, si ça se trouve, Google, avec ses moyens financiers et son expérience (Deepmind, etc...), a peut-être écrit quelque chose de beaucoup mieux que Gpt3.
      Et que faire dans un tel cas ? Que fera une boite privée si elle relie son IA aux informations telles qu’elles arrivent et qu’elle se rend compte que son IA discute comme un génie ? Elle met en ligne son génie ? Elle montre à tout le monde que c’est la fin des métiers intellectuels ? "Heureusement", Google est une entreprise privée et elle fait ce qu’elle veut de "sa" découverte, y compris ne rien nous dire tout en l’exploitant à fond pour les desseins de ses actionnaires (n’ayant plus qu’à espérer que les milliardaires sont des gens forcément bienveillants, la bonne blague...).

      Tiens, c’est bizarre, Google vient de licencier en masse récemment...


    • perlseb 22 janvier 11:40

      @Gaspard Delanuit
      Gpt3 est loin d’être parfait et les générateurs d’images aussi. Cependant, quand vous regardez une image générée, vous vous dites quand même : "il a compris ce que je lui ai demandé". Et c’est globalement le cas de ChatGpt3 (outil conversationnel). Et comprendre le langage n’est pas une mince affaire. Vous pouvez toujours dire qu’il n’y a pas de conscience ou d’âme pour vous rassurer, mais on est "simplement" en train de rendre accessible l’outil informatique à ceux qui ne savent pas programmer. C’est 3 fois rien, il est même inutile d’en parler.
      Disons que certains développeurs vont s’en servir pour être plus productifs (dans un premier temps) et que peu à peu leur métier va disparaître. Tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à faire un métier plus créatif.
      D’ailleurs, si certains élèves l’ont déjà utilisé pour faire leur devoir et que ça à marché (bonne note) parce que leur prof n’a vu que du feu, rien d’inquiétant non plus. Ce qu’on demande aux élèves est tout à fait idiot (c’est bien connu) et les profs le sont également...


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 22 janvier 17:46

      @perlseb

      "Vous pouvez toujours dire qu’il n’y a pas de conscience ou d’âme pour vous rassurer, mais on est "simplement" en train de rendre accessible l’outil informatique à ceux qui ne savent pas programmer. C’est 3 fois rien, il est même inutile d’en parler."

      Le fait que les objets inanimés n’aient pas de conscience ou d’âme n’est pas particulièrement rassurant. Est-ce que ce ne sont pas plutôt les gens qui prêtent une âme à des machines qui sont actuellement en train d’essayer de se rassurer avec une sorte d’animisme ? Les films avec des robots conscients et sympathiques plaisent beaucoup aux enfants, c’est une autre façon de croire au Père Noël. 

      "Gpt3 est loin d’être parfait et les générateurs d’images aussi. Cependant, quand vous regardez une image générée, vous vous dites quand même : "il a compris ce que je lui ai demandé"."

      Au sens métaphorique, comme lorsque je dis que le soleil se lève ou se couche, comme lorsque ma voiture ne démarre pas du premier coup et que je lui dis "ne me fais pas ça" ; mais au sens littéral il faudrait que je sois atteint de démence pour supposer qu’une machine puisse "comprendre" quoi que ce soit. Je trouve cependant que Gpt3 est un nouvel instrument qui mérite notre attention (sinon, je ne serais pas en train d’en discuter ici). 

    • yoananda2 22 janvier 18:32

      @Gaspard Delanuit
      je pense que celui que vous traitez régulièrement de troll n’en es pas un. C’est un NPC. Pas pareil. Je conçois que pour vous il en ai toutes les apparences, mais il y a de subtiles nuances.
      My2Cts.


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 22 janvier 18:43

      @yoananda2

      S’il fallait trouver un non-player parmi les intervenants de ce forum, j’aurais plutôt tendance à voir Bubu12 dans ce rôle (par le côté répétitif et "qui sonne faux" de ses interventions.)


    • perlseb 22 janvier 18:47

      @Gaspard Delanuit
      Alors si une machine fait mieux que l’homme quand on lui demande quelque chose en français, elle ne comprend pas. Très bien, mais si on veut une tâche rapidement et bien réalisée conformément à notre demande, il est possible de concevoir qu’on préférera s’adresser à une machine qui ne comprendra jamais rien (donc), plutôt qu’à un être humain qui va me comprendre mais ne pas faire ce qu’on voulait (ou trop lentement).
      On aurait dû commencer par là : moi ce qui m’intéresse, c’est le résultat, pas le vocabulaire qu’on utilise pour décrire la méthode.
      Mais je ne suis pas ébahi : si ces machines tiennent leurs promesses, l’espèce humaine peut disparaître soit en décidant de se mélanger avec elles (transhumanisme) soit en arrêtant de réfléchir (puisque ce sera inutile) en plus des autres hypothèses que les films abordent (destruction par l’IA, totalitarisme etc...).


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 22 janvier 19:06

      @perlseb

      En ce qui me concerne, je suis moins inquiet par l’évolution des machines que par le fait que des êtres humains se comportent comme des machines ou se soumettent à des machines. 


    • Gaspard Delanuit Gaspard Delanuit 22 janvier 19:11

      Oups ! "moins inquiet de l’évolution des machines que de voir des êtres humains se comporter comme des machines..."


    • yoananda2 22 janvier 19:22

      @Gaspard Delanuit
      ça ne date pas d’hier. Ca a commencé avec Descartes qui décrivait l’esprit "mécanique" des animaux ...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Animal-machine
      évidement Descartes avait des plans différents pour l’homme, mais la justification était bancale au fond, et l’homme, qui est un animal comme un autre, sait très bien se comporter comme une machine cartésienne ... robotique, basée sur la logique, excluant l’affect.
      C’est tout le problème quant on raisonne dans une religion dualiste et spiritualiste comme le christianisme ... on oublie que la dualité est une polarité dont les poles sont indossociables et complémentaires (comme le chaud et le froid), relatifs, et qu’ils sont médiés par un intermédiaire (le mouvement).
      Onanéla !
      Une société cartésienne, fondée sur le raisonnement logique, ne peut que nous mener à devenir nous même des machines pseudo-logiques, des mauvais immitateurs de l’IA.


    • yoananda2 22 janvier 19:44

      @Gaspard Delanuit
      non pas lui smiley mais ... pas loin c’est vrai


  • shouitte shouitte 24 janvier 10:00

    BAh ba tiens ! Le nouveau grand remplacement !
    Vous pouvez gueuler et dire de la merde tant que vous voulez, vous creverez et serez remplacés !
    (en esperant par mieux, ce qui ne devrait pas etre trop dur)


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