Étirév 2 janvier 10:02

« Qu’est-ce qui pousse notre cerveau à fonctionner régulièrement à l’inverse du bon sens ? »
Notre être intime est composé de deux vies individuelles ; l’une qui préside aux fonctions de relations extérieures, ou sociale, par l’intermédiaire du système nerveux encéphalo-rachidien ; l’autre qui préside aux relations sexuelles par l’intermédiaire du grand sympathique.
Le premier système est double et insexué, sensitif et moteur, action et pensée. Le second est impair et sexué, sensitif et sanguin, mâle ou femelle.
C’est ainsi que l’élément sensitif étant celui qui entretient les fonctions intellectuelles et en même temps les fonctions génératrices chez l’homme, il établit une balance, chez lui, entre les deux ordres de facultés nourries par cet élément. L’homme qui exerce son esprit exerce peu sa puissance génitale, celui qui donne beaucoup à la sexualité ne donne presque rien à l’intellectualité.
La valeur intellectuelle des hommes dépend donc de la façon dont ils exercent leurs facultés sensitives ; ils peuvent les exercer dans la vie cérébrale et les faire servir aux fonctions de relations extérieures : ce sont, alors, des hommes « sensitifs », des hommes élevés dans l’ordre moral et doués d’une intelligence active ; ils peuvent les exercer dans la vie sexuelle, et alors leur intelligence décroit. La sensibilité qui diminue en eux laisse une liberté trop grande à l’élément moteur, qui alors se traduit par des actions brusques, violentes, non coordonnées, parce que l’intelligence qui devrait les guider fait défaut. C’est aussi la domination primant la raison.
Il ne faut donc pas confondre l’action avec l’intelligence, puisque ces deux facultés s’exercent inversement : une vie remplie de mouvements n’est jamais une vie intellectuelle, et la force musculaire est toujours en raison inverse de la force morale.
Nous n’avançons rien de nouveau en disant que l’acte sexuel est le chemin qui conduit l’homme à l’abrutissement.
Léonard de Vinci n’a t’il pas dit : « Qui ne réfrène la volupté s’abaisse au rang de la brute. »
Or, qu’est-ce que l’abrutissement ?
C’est l’état physiologique et psychique qui rapproche l’homme de l’animal, c’est-à-dire la diminution de ses facultés sensitives et l’augmentation de ses facultés motrices.
L’instinct, en effet, c’est l’abandon de soi-même aux impulsions de la Nature. Or, depuis le moment où les sexes se séparent, le mâle est poussé par le besoin qu’il ressent d’éliminer l’élément sensitif, à s’enfoncer dans une voie décroissante qui lui donne des caractères physiques qui le rapprochent de l’animal, de l’Anthropoïde. C’est alors qu’il affirme que le singe est son ancêtre, pour justifier cette ressemblance, alors que les hommes ne sont pas plus les fils des singes qu’ils ne sont le vieil Adam des théologiens fait de toutes pièces par un Dieu inconnu.
Si nous suivons l’évolution sexuelle de l’homme depuis l’enfance, nous voyons que c’est dans la période qui précède l’adolescence que l’esprit prend son plus grand développement ; la multitude d’idées que l’enfant acquiert, en quelques années, demande un travail cérébral qui dépasse de beaucoup l’effort que l’homme adulte pourrait faire.
Quel est celui qui ne se souvient d’avoir traversé, dans son enfance, cette période de grande lucidité, pendant laquelle il observait la Nature, il cherchait la cause des phénomènes qui se produisaient autour de lui et essayait de résoudre les grands problèmes de la philosophie naturelle ?
Quelle est la mère qui n’a constaté, chez son enfant, cette grande curiosité de la Nature qui se révèle par d’incessant pourquoi ?
Suivons-le et voyons-le arriver à l’âge ingrat de la première jeunesse. Ce n’est plus la Nature qui va le préoccuper, c’est la femme. Ses facultés intellectuelles sont amoindries, mais ses sens sont développés ; il a perdu le jugement droit de l’enfant, mais il va le remplacer par l’imagination ; en même temps il acquiert une audace qui lui tient lieu de logique.
Enfin, allons jusqu’aux derniers degrés de cette évolution.
Considérons les individus dont la sexualité a complètement éteint l’intellectualité : c’est la dégénérescence.
Enfin on sait que les hommes qui ont donné leur vie aux travaux de l’esprit et qui, par conséquent, ne se sont pas livrés, aussi librement que d’autres, à la satisfaction de l’instinct sexuel, sont ceux qui ont vécu le plus longtemps.
M. Büchner dit : « Le nombre des vieillards est incomparablement plus grand parmi les savants. » En même temps nous pourrions montrer que les hommes vicieux ont, toujours, les apparences de la vieillesse avant l’âge.
Être (con) ou ne pas l’être...


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