Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 19 novembre 22:28

@ZardoZ

J’ai lu l’intégralité de l’étude et les conclusions ne sont pas aussi simples quand même. De toute façon, c’est l’exemple même d’une étude peut-être bien conduite mais complètement aberrante dans son principe même. En effet, l’approche statistique (parfois utile) ne devrait pas intervenir là où elle induira inévitablement des agents de confusion beaucoup plus potentiellement trompeurs qu’un raisonnement direct relevant de la logique fondamentale. Par exemple, il n’y a pas besoin de statistiques pour savoir si des conducteurs aux yeux bandés risquent plus ou moins de provoquer des accidents que des conducteurs aux yeux non bandés. On pourrait pourtant faire sur cette question des études scientifiques qui coûteraient des fortunes et à partir desquelles d’interminables débats pourraient avoir lieu. Ce serait juste complètement con. Heureusement qu’on ne fait pas cette connerie. Mais on en fait pour la Covid-19. 

Donc, je vais vous énoncer moi-même gratuitement et immédiatement les deux principaux énoncés dont la vérité est hautement probable, concernant le masque :

1. Le masque ne peut pas vous protéger d’un danger non présent, donc il ne vous servira à rien si vous êtes suffisamment éloigné de toute source de contamination, par exemple dans une rue ordinaire (où il n’y a pas une foule de passants au coude à coude). Et il ne vous permettra de protéger personne non plus si vous êtes dehors et assez loin de tout le monde pour ne pas envoyer sur qui que ce soit des gouttelettes sorties de votre nez ou de votre gorge. Prétendre le contraire de ce que je dis là, c’est être un con qui dit des conneries. 

2. Porter un masque sera relativement (pas absolument) protecteur pour vous si vous êtes très proche d’une personne infectée qui tousse, crache, éternue, postillonne, et qui vous envoie sur la gueule plein de gouttelettes sorties de son organisme infecté par le virus, ce qui peut se produire si vous êtes médecin, mais aussi si vous vous retrouvez dans un transport en commun à une heure de pointe ou dans une file d’attente de cafétaria. Il vaudrait mieux aussi pour vous dans ces cas que vous portiez des lunettes et que le malade (si ce n’est pas votre patient alors que vous êtes dentiste ou ORL, évidemment) porte lui-même un masque pour limiter un tant soit peu l’arrosage. Prétendre que dans ces situations particulières, un masque ne sert absolument à rien, c’est là aussi déblatérer des conneries, comme Sibeth. 

3. Bien entendu, les choses sont moins évidentes dans les situations intermédiaires, qui réclament un comportement adapté et proportionné. "Etre capable d’adopter un comportement proportionné en fonction de chaque situation particulière", c’est l’autre nom de l’intelligence. Et aucune étude statistique ne remplacera l’intelligence qui permet de nuancer. Le con restera uniformément con en toutes circonstances, en tentant de suivre des modèles, soit tout blancs, soit tout noirs. Le con est sans nuance. Si le con fait de la science, il fera de la science un usage dans le meilleur des cas  méthodique sur la forme, mais complètement con sur le fond. Exemple de comportement nuancé : je mets un masque pour rendre visite à un ami qui est immunodéprimé (avec un système immunitaire très amoindri) même si je ne me sens pas malade, parce que le rapport bénéfice-risque m’indique que c’est un moindre mal. Je n’ai pas besoin, pour faire cette estimation, de certitude. C’est le con qui veut toujours des certitudes et qui perd son temps et use celui des autres à chercher à en établir d’impossibles et le plus souvent de fausses. Si j’étais un con, je ne pourrais penser qu’en termes de blanc certain ou de noir certain. Je ne pourrais pas agir en tenant compte des nombreuses nuances de gris de l’existence que m’indique ma boussole.  
 

 


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