maQiavel maQiavel 5 septembre 14:54

Je vois des gens dans les médias qui, comme Bercoff disent qu’on ne parle jamais de la traite transsaharienne mais qui pourtant ne cessent d’en parler. Parce qu’à chaque fois que l’on parle de la transatlantique, on trouve toujours des profils qui ramènent la traite transsaharienne sur le tapis sous le prétexte qu’on n’en parle jamais c’est devenu quasi systématique. Et pourtant, je n’entends parler que d’elle depuis des années. C’est peut-être biaisé parce que je suis entouré par des gens qui estiment qu’on n’en parle pas et qui surréagissent en ne parlant que de ça, c’est possible. Pour trancher, il faudrait peut-être savoir, si au cours des dix dernières années, les publications sur les traites transsahariennes et transatlantiques sont vraiment asymétriques et si l’une a un espace médiatique disproportionné par rapport à l’autre.

Je vois la même chose sur d’autres sujets, on retrouve une vulgate selon laquelle la critique de l’islam serait interdite et que critiquer cette religion exposerait à l’ostracisme des médias et à la stigmatisation au nom du « politiquement correct » ( on peut citer plein de personnages médiatiques qui répètent ça à l’envi, Onfray et Zemmour pour ne citer qu’eux). Et pourtant, la production éditoriale concernant l’islam n’a jamais été aussi abondante que ces dernières décennies et ça s’explique par le fait qu’il existe un juteux marché de la peur de l’islam et en France. Idem sur l’immigration, l’incivisme, la criminalité, il y’a toujours des gens qui disent que ce sont des sujets tabous mais je n’entends parler que de ça depuis des années, cet été ce n’est pas Laurent Mucchielli qui tenait le pavé dans les médias mais ceux qui ont réussi à normaliser le terme « ensauvagement » à grand renfort de faits divers.

Comment expliquer ça ? Est-ce que ceux qui tiennent ces positions sont des gens de bonne foi s qui confondent simplement censure et controverse, comme s’ils interprétaient toute critique de leur critique comme une volonté de les faire taire ? Ou alors ce sont des gens de mauvaise foi qui s’inscrivent dans une stratégie de communication à coup de « on ne peut plus rien dire », « on ne parle jamais de » sur des sujets pourtant très médiatisé pour valoriser leur image de résistant courageux qui énonce ce que personne n’ose dire ? Je n’ai pas de certitudes même si j’ai ma petite idée (pour le moment j’opterai plutôt pour une combinaison des deux) …


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