micnet micnet 18 mai 14:27

@pegase

Mon cher Pegase, vous auriez dû lire votre propre lien jusqu’au bout car on a interrogé le philosophe André Comte-Sponville, qu’on ne peut pas franchement classer à l’extrême-droite, à propos de Nietzsche et des nazis et voilà ce qu’il a répondu :

http://www.lafauteadiderot.net/Nietzsche-et-le-nazisme

LE POINT DE VUE DE COMTE-SPONVILLE
Ci-après la réponse de Comte-Sponville à une question posée dans le cadre d’une interview sur sa relation à Nietzsche. On aurait pu me reprocher de tirer toutes mes citations de La Volonté de puissance, ouvrage non achevé du fait de l’attaque cérébrale de 1889. Les citations de Comte-Sponville sont toutes tirées d’ouvrages antérieurs :

Le quiproquo avec le nazisme est-il fondé ? La pensée de Nietzsche a-t-elle été manipulée ?

« Bien sûr qu’elle a été manipulée, spécialement par sa sœur ! Le quiproquo n’est pourtant que partiel. Nietzsche était-il nazi ? Évidemment pas, et pour cause (il est mort après plusieurs années [ onze ] de démence, en 1900 : Hitler avait 11 ans !). Reste à savoir pourquoi les nazis ont cru reconnaître en Nietzsche une espèce de précurseur. La plupart des nietzschéens, surtout en France, voudraient nous faire croire que c’est un total contresens. Ce n’est pas si simple. Considérez par exemple ce passage de L’Antéchrist (&2) : “ Périssent les faibles et les ratés : premier principe de notre amour des hommes. Et qu’on les aide encore à disparaître ! ” Ou celui-ci du même ouvrage : “ Nous fréquenterions des “premiers chrétiens” tout aussi peu que des Juifs polonais : ce n’est pas qu’on ait besoin de leur reprocher même la moindre des choses… Tous deux sentent mauvais. ” Et que dire, dans la Généalogie de la morale (I, 11), de l’apologie de la “ superbe brute blonde, en quête de proie ou de victoire ” ? Cela n’empêchait pas Nietzsche de détester les antisémites, comme il aurait vraisemblablement détesté les nazis. Mais il détestait aussi les démocrates, les socialistes, les féministes, les progressistes… Une dernière citation, extraite de Zarathoustra, au livre IV : “ Les hommes efféminés, les fils d’esclaves et surtout la population métissée, tout cela veut à présent pendre en main le destin humain – ô dégoût, dégoût ! ” Bref, Nietzsche n’était pas nazi, mais ce n’est pas un hasard si les nazis se sont reconnus dans sa doctrine. Jankélévitch se scandalisait que le nazisme “ porte si visiblement l’empreinte de Nietzsche ” (L’Imprescriptible, Seuil, 1986, p. 52). Il est difficile de lui donner complètement tort. » [9]


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