micnet micnet 18 mai 09:00

Bonjour à tous,

Pour répondre à Medialter et aux autres, le protestantisme au départ prend forme à partir de la publication des 95 thèses de Martin Luther contre le "commerce des Indulgences" qui s’apparentent en quelque sorte à un marchandage afin de s’attirer les bonnes grâces de Dieu.

La réforme initiée par Luther constitue une remise en cause de "la théologie des oeuvres", c’est à dire du fait que le Salut dépendrait de notre propre mérite selon les bonnes ou mauvaises oeuvres de chacun. Pour Luther, puis pour tous les autres à sa suite, le Salut ne dépend en aucun cas des actions des hommes mais de Dieu seulement. C’est cette remise en cause ainsi que la remise en cause du pouvoir temporel de l’Eglise et du pape, qui tient lieu de fondement du protestantisme. Donc en s’affranchissant du poids des bonnes oeuvres, Luther s’affranchit également du poids de la morale qui en découle.

Sinon, il existe plusieurs courants dans le protestantisme, dont le courant que représente Ellul, à savoir "l’anarchisme chrétien" pour qui la foi chrétienne est une "antimorale" en ce sens qu’elle repose essentiellement sur les 2 seuls commandements de Jésus : "tu aimeras le Seigneur ton Dieu" et "tu aimeras ton prochain comme toi-même". Autrement dit, la loi de l’AT se résume au-travers de ces 2 seuls commandements. L’amour de Dieu permet de renouer avec sa véritable Nature et ainsi s’aimer soi-même et aimer les autres. 

Et pour en revenir à Nietzsche, il a été pour moi aussi un révélateur sur le côté hypocrite d’une certaine moraline qui conduit à la haine de soi si caractéristique de notre société française (je pense d’ailleurs que tous nos emmerdes viennent de là). Or beaucoup de chrétiens oublient que le message évangélique constitue d’abord une réconciliation avec soi-même avant de se réconcilier avec les autres. Pour moi, le "fort" au sens Nietzschéen, c’est celui qui est bien sa peau et qui n’éprouve pas le besoin maladif de se comparer aux autres pour avancer dans la vie, il ne fonctionne pas à partir d’un quelconque ressentiment. Là où je ne suis plus d’accord avec Nietzsche c’est lorsque celui-ci estime qu’un "fort" n’a pas à s’abaisser à secourir un faible or, précisément, le fort qui porte secours au faible le fait non pas pour se donner bonne conscience mais parce que c’est sa véritable Nature d’Homme épanoui qui le fait agir ainsi.


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