maQiavel maQiavel 15 février 11:54

La première critique de Lordon est brutale, Picketty s’est fait défoncer. smiley

Mais c’est vrai qu’il y’a de grosses faiblesses théoriques dans le dernier bouquin de Picketty. Personnellement, j’ai été très mal à l’aise avec sa conception des idéologies, c’est comme s’il les considéraient comme des objets, voir des êtres autonomes. Généralement, les gens qui tombent dans ce travers de la réification ont la fâcheuse tendance à penser les idéologies hors contexte social mais ce qui est bizarre c’est qu’avec Picketty, ce n’est pas du tout le cas, il étudie le fait social et tente de le décrire le plus précisément possible. J’ai trouvé ce paradoxe très étrange, comment une personne qui étudie aussi sérieusement le fait social peut-elle avoir une posture aussi essentialiste et en arrive à postuler que le conflit politique entre les grands détenteurs de capitaux et le reste n’est pas lié aux structures sociales mais est avant tout une question idéologique ? Du coup, je me retrouve complètement dans la critique qu’a fait Lordon à ce sujet.

Cela dit, pour moi, le grand intérêt du livre de Picketty, c’est avant tout l’ampleur de son travail statistique et historique, ainsi que ses propositions politiques concrètes et non pas sa théorisation du régime propriétariste qui a certes beaucoup de faiblesses mais qui relève selon moi d’un débat d’intellectuels qui n’a pas vraiment d’intérêt pour le quidam qui se prend dans la tronche les conséquence nocive du capitalisme du XXIème siècle. 


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