BA 10 février 19:39

Sur le site de Mediapart :


Education Nationale : des sous-salariés  ?


Les enseignants, des « sous-salariés  » ? Il faut le croire. Sous-payés, méprisés par leur Ministre qui leur propose des augmentations indignes supposées compenser les pertes à venir de leur retraite, passés pour pertes et profits pour les grandes centrales syndicales, et en premier lieu celle de Monsieur Berger qui soutient la réforme. 870.000 « sous-salariés », dont chacun se contre-fiche. A tort.


Ils pourraient en rire si ce n’était tragique... Des pertes de retraite hallucinantes dans le système de retraites par points envisagé - 30% pour les nouveaux entrants dans la carrière... Monsieur Blanquer qui dit pouvoir compenser ces pertes par des augmentations « de dingue ».... Et des scénarios présentés aux syndicats enseignants le 7 Février dernier dont l’un annonce en 2021 pour un enseignant à l’échelon 2 une prime de 157 euros nets mensuels ( c’est 0 pour l’échelon 6).


2200 euros bruts annuels au mieux rapportant...2, 55 euros de retraite brute mensuelle ( alors que les pertes sont d’environ 1000 euros sur une carrière complète d’un nouvel entrant dans la carrière....). Sous forme de prime non pérenne sur l’ensemble de la carrière.


A l’échelon 5, dans ce scénario 1, c’est 900 euros bruts annuels, rapportant 1,04 euros bruts de pension mensuelle.

Mieux ! Les primes proposées font...que le salaire recule parfois si on monte d’échelon. Où voit-on cela ? Dans quelle entreprise ? Qui peut décemment proposer cela dans une négociation sérieuse qui ne prendrait pas les salariés dont on parle pour des...............

 

A terme, un métier en voie de contractualisation.


Le mépris est à son sommet. Et les parents d’élèves – et même tout citoyen- feraient bien de se méfier de ce mépris affiché pour ceux qui se sont engagés dans la carrière enseignante. Parce qu’il devient évident que, contrairement à ce que peut dire le Ministre de l’Education Nationale, il n’y a pas de volonté de revaloriser les débuts de carrière ( ni le milieu, ni la fin d’ailleurs – et surtout pas de garantir une retraite décente après une carrière entière à être sous-payés au regard des études faites). Et il n’y a donc pas la volonté de garder un corps d’enseignants ayant une formation académique solide, passant un concours longtemps très exigeant, s’engageant dans une carrière longue où l’expérience est essentielle.


Plus personne ne voudra faire dans de telles conditions le métier d’enseignant de façon pérenne. Place aux contractuels, passant un moment dans l’Education Nationale et en repartant aussi vite, n’accumulant pas les fruits de l’expérience dans la gestion de classe. On a été trop inattentif à la Loi de modernisation de la fonction publique publiée le 6 Août 2019 au Journal Officiel et permettant « le recours élargi au contrat sur les emplois de direction et les emplois permanents de catégorie A, B et C ». Place aux contractuels !


La CFDT saura-t-elle être attentive aux 870.000 sous-salariés de l’EN ? Ou les passera-t-elle pour pertes et profits ?


Des journées et des journées de grève n’auront pas suffi. Seule la CFDT semble être susceptible de mettre un coup d’arrêt à cette réforme sur le fond de laquelle la centrale syndicale est d’accord, mais qui tape sur la table depuis peu en affirmant que la question de la pénibilité et de l’âge-pivot restaient un casus belli.


Alors je le demande à Monsieur Berger : ferez-vous un casus belli aussi de la paupérisation massive à la retraite de toute une profession qui compte 870.000 membres ?


Le 24 Novembre 2019, vous affirmiez sur France Inter dans l’émission Questions politiques que la réforme supposait, pour les enseignants, une revalorisation, qui se ferait en 10 ans...Pouvez-vous m’expliquer, Monsieur Berger, comment une perte de 1000 euros bruts mensuels de retraite générée par le système que vous soutenez pourrait être compensée en 10 ans à coup d’augmentations maximales amenant 2,55 euros de retraite brute mensuelle ? C’est 392 ans, qu’il faudrait qu’un nouvel entrant travaille pour compenser les pertes ! Ca, c’est de la pénibilité... Mais peut-être les enseignants ne sont-ils pas des salariés dignes de votre intérêt. Ils sont sans doute des « sous-salariés », en somme....


https://blogs.mediapart.fr/pascale-fourier/blog/100220/education-nationale-des-sous-salaries


Boîte noire :



Les quatre scénarios de revalorisation pour les professeurs des écoles :


http://data.over-blog-kiwi.com/0/71/81/04/20200208/ob_865c64_scenarii.pdf



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