Joe Chip Joe Chip 19 mars 14:25

@Hieronymus

Tu me reproches ne de pas avoir dit ce que toi tu aurais dit. Tu l’as fait, donc c’est réparé. Je ne suis pas là pour faire un devoir de philo avec thèse, antithèse et synthèse. Je n’ai d’ailleurs jamais nié les qualités du peuple allemand (je suis moi-même d’origine allemande par ma grand-mère) ou de l’industrie allemande mais ce n’était pas le sujet.

J’exagère peut-être sciemment sur certains points, mais c’est parce que j’en ai un peu assez d’entendre le couplet sur les Américains, la "finance" et les "anglo-saxons" à chaque fois que l’on critique l’Allemagne. Déjà, ça rappelle certains discours pétainistes ou néo-pétainistes. Ensuite, l’histoire du pays vassalisé victime des alliés qui n’a pas de politique étrangère, qui ne contrôle rien, qui obéit au doigt et à l’oeil aux Américains etc... bon faut arrêter avec ça, c’est tout simplement faux pour toutes les raisons que j’ai évoquées (également dans un autre fil).

Déjà, l’Allemagne a été la grande bénéficiaire des aides américaines, que ce soit après la première guerre mondiale (annulation de dettes) ou après la seconde (annulation de dettes + plan Marshall). Les USA ont toujours eu un tropisme pro-allemand mais l’attitude de Trump révèle bien l’irritation grandissante d’une partie des élites américaines par rapport à cette auto-satisfaction allemande. Il faut bien comprendre que sans les Américains, l’Allemagne n’existerait plus aujourd’hui comme nation indépendante. En 1918, les Français auraient traversé le Rhin et réglé une fois pour toute la "question nationale allemande". En 45, les Russes auraient complètement détruit l’Etat allemand qui avait massacré plusieurs millions de soldats et de civils russes (autant les Allemands ménageaient les populations de l’ouest, autant à l’est ils se comportaient comme des barbares et n’avaient aucun scrupule à écraser les slaves). Ce sont les Américains qui, à chaque fois, ont sorti les Allemands du gouffre et les ont réinstallé sur la scène continentale en relançant l’industrie et les grands cartels allemands, précisément pour contrer les Français à l’Est et les Russes à l’Ouest. Ce favoritisme naturel, qui s’explique aussi par des critères ethniques et religieux (beaucoup d’Américains sont d’origine allemande), ne va pas évidemment sans attentes ni obligations. 

Or, de ce point de vue, le compte n’y est plus pour les Américains.

Quant à Drac, il explique très bien que les Allemands ont intégralement investi leur fierté nationale dans l’économie et la gestion. Ils n’ont donc rien à "renier" puisque leur passé, c’est le nazisme et l’impérialisme belliqueux. C’est pourquoi il leur coûte d’autant moins de se fondre dans les abstractions supranationales de la construction européenne sachant qu’elles sont en grande partie inspirées par la constitution allemande de 1949.

En outre à travers ma critique j’exprime clairement une certaine "admiration" par rapport aux élites allemandes qui ont sans aucun doute beaucoup mieux travaillé à reconstruire leur pays et leur puissance que les élites françaises. Et puis j’ai pas l’impression d’avoir fait des extrapolations à la Todd sur le modèle familial allemand ou sur l’autoritarisme germanique en tant que donnée anthropologique. Tout ce que j’ai dit renvoie à des exemples ou des faits que tu pourras trouver en ligne, je n’ai rien inventé.


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