mercredi 1er février 2012 - par Stupeur

Shéhérazade : Rimski-Korsakov et Le Sacre Russe, de Nantes à Rotterdam

Les Russes arrivent à La Folle Journée de Nantes, ce mercredi 1er février 2012. 

 

Fergus donne toutes les précisions nécessaires, voire indispensables, pour savourer comme il se doit cette folle ambiance Russe, dans la belle ville de Nantes.

 

Rimski-Korsakov étant de la partie, j’en profite donc pour vous proposer la suite symphonique Shéhérazade op. 35.

Créée par Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov en 1888 à Saint-Petersbourg, elle est ici interprétée par le Rotterdams Philharmonisch (le 27 novembre 2011, dans la Grote Zaal du De Doelen à Rotterdam), dirigé par Claus Peter Flor

 

Instrumentation : 3 flûtes dont 2 jouant le piccolo, 2 hautbois dont 1 jouant le cor anglais, 2 clarinettes en Si♭ et La, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes en Si♭ et La, 3 trombones ténors et basse, 1 tuba, 1 harpe, des percussions (triangle, cymbales, caisse claire, grosse caisse, tambourin), timbales, cordes.

 

 Plan de l’oeuvre : 

  • I. La mer et le vaisseau de Simbad (Largo e maestoso — Allegro non troppo)
  • II. Le récit du prince Kalender (Lento — Andantino — Allegro molto — Con moto)
  • III. Le jeune prince et la jeune princesse (Andantino quasi allegretto — Pochissimo più mosso — Come prima — Pochissimo più animato)
  • IV. Fête à Bagdad - La Mer - Le Vaisseau se brise sur un rocher surmonté d’un guerrier d’airain (Allegro molto — Vivo — Allegro non troppo maestoso)

 

La partition de Rimski-Korsakov est typique du courant musical du XIXe siècle appelé "écoles nationales". Ce courant consiste en l’utilisation de "couleurs" nationales. Pour certains pays, cela consiste en l’exaltation de ses musiques folkloriques. Il s’agit aussi de l’exaltation de musiques d’autres pays au titre de l’exotisme. C’est le cas de Shéhérazade dans laquelle Rimski-Korsakov dépeint les couleurs orientales du pays des mille et une nuits. Nous allons voir quels sont les procédés d’écriture et d’orchestration utilisés dans cette pièce.
 
D’une manière générale, l’utilisation du violon solo pour le thème principal se justifie par la sonorité de l’instrument. Le timbre fin et légèrement métallique du violon, surtout dans l’emploi de son registre aigu, génère un indéniable parfum d’exotisme. Les accords de la harpe rappellent l’instrument d’appartement qui se jouait en intérieur. La conjugaison des deux instruments convient parfaitement pour l’illustration de la conteuse. Dans la suite du premier mouvement, les vagues sont symbolisées par des arpèges par les cordes graves (violoncelles et altos). De brefs rappels du thème, au violon solo, puis à la flûte et à la clarinette permettent une connexion entre la jeune conteuse et son récit, qui lui narre l’histoire du marin qui vogue sur les vagues. Concrètement, cette connexion se traduit par des vagues arpégées en noires et des rappels sur des motifs en triolets de croches. Le tempo, à la blanche pointée, permet de superposer les deux thèmes sans les brouiller. Le premier mouvement se termine sur un "coucher de soleil" : accord de vents ponctué par des pizzicati.
 
Le second mouvement commence par le thème du violon solo ponctué par les accords de harpe. Mais cette fois-ci, si c’est bel et bien la conteuse qui ouvre le mouvement, c’est l’histoire du prince Kalender qu’elle nous raconte. Le thème du prince est tour à tour interprété par le basson, le hautbois, les cordes puis tout l’orchestre. Un thème brillant et guerrier intervient au centre du mouvement déclamé par le trombone et la trompette, cuivres au son militaire. Toute l’agitation qui en résulte amène à une cadence à la clarinette solo, qui rappelle le thème du prince, légèrement modifié. Le thème militaire est développé en parallèle avec le thème du prince et aboutit à une seconde cadence, qui vient en écho à la précédente, mais cette fois-ci au basson solo. Juste après, l’enchaînement se fait avec un retour des triolets du thème principal transformé et en réponse au thème du prince. Le mouvement se conclut dans un déchaînement général.
 
Le troisième mouvement est plus calme, il parle du prince et de la princesse. La poésie et la douceur sont de mise. Seules de véloces et virtuoses gammes de clarinette et de flûte (en réponse) viennent perturber ce climat de tendresse. Climat de tendresse que Rimski-Korsakov crée en utilisant les violons sur la cordes de Ré, donnant un timbre presque plaintif. Au milieu du mouvement, un thème plus léger sur accompagnement de tambourin donne un caractère enfantin. Après un tutti orchestral d’un lyrisme saisissant, c’est sur une cadence du violon solo sur le thème de la conteuse, que l’on revient au climat de la première partie de ce troisième mouvement.
 
Le quatrième mouvement reprend plusieurs thèmes de la pièce. Notamment les deux cadences du violon solo au début et toute la fin en longue cadence du violon accompagné par l’orchestre de moins en moins fort. C’est la conteuse qui endort le sultan. Au milieu du mouvement, le thème festif (un rythme de base décomposé en deux parties, une longue et une brève) se développe avec des ornements de virtuosité et un accompagnement léger.

C’est aux moyens de ces principaux éléments et de bien d’autres encore, que le compositeur nous emmène au pays de l’orient. 

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Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov (en russe : Николай Андреевич Римский-Корсаков, prononcé [rʲim.skʲɪj ˈkorsəkəf] et, ISO 9 : Nikolaj Andreevič Rimskij-Korsakov), né le 18 mars 1844 à Tikhvine et mort le 21 juin 1908 à Lioubensk, est un compositeur russe. Il fut, avec Tchaïkovski, l’un des plus grands compositeurs russes de la seconde moitié du xixe siècle. Il fit partie des cinq compositeurs appelés à créer « le Groupe des Cinq ». Il fut également professeur de musique, d’harmonie et d’orchestration au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. 
 
Il est particulièrement connu et apprécié pour sa tendance à utiliser des thèmes extraits du folklore populaire ou des contes, ainsi que pour ses remarquables talents en orchestration, qui lui valent souvent le titre de « magicien de l’orchestre ». Il eut une influence importante sur la plupart des compositeurs russes, mais aussi étrangers, de la fin du xixe siècle au début du xxe siècle. Ses œuvres les plus emblématiques sont Shéhérazade, Capriccio Espagnol, La Grande Pâque russe, Le Coq d’or, et La Légende de la ville invisible de Kitège et de la demoiselle Fevronia.
 
 
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BONUS : Svetly prazdnik, op. 36 (en français : La Grande Pâque russe), est une ouverture de concert écrite par le compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov entre août 1887 et avril 1888 à la mémoire de Modeste Moussorgski et d’Alexandre Borodine, deux membres du Groupe des cinq.
 
La Grande Pâque russe op. 36
Orchestre du Mariinsky, Valery Gergiev
Ulianovsk, Russie (10/04/07)

 

Source : Wikipédia



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