samedi 5 juillet 2014 - par Stupeur

Langue française : histoire et devenir face à la pensée unique impérialiste (Alain Rey, Claude Hagège)

Alain Rey nous conte la longue et passionnante Histoire de la langue française, ainsi que son devenir qui oscille entre craintes et espoir. Ensuite, Claude Hagège promeut la diversité des langues face à la pensée unique. Et enfin, des vidéos complémentaires, pour aller plus loin

 

Une langue n’est pas seulement le moyen de se comprendre ; elle permet aussi l’affirmation de valeurs et la création mentale de mondes possibles. Rédacteur en chef des publications des Editions Le Robert, Alain Rey s’exprime sur la longue histoire et le devenir de la langue française.
Conférence donnée lors du 450e anniversaire de l’UNIGE en 2009.

 

 

Les origines de la langue française

« Probablement la langue romane (issue du latin) la plus influencée par les langues germaniques »

« Le mot "ambassadeur" hérité de la langue gauloise »

« Le français est un créole du latin »

« Il faut se garder de confondre la langue et la nation »

« Voyez à quel point le côté politique et le côté esthétique de la langue est nécessaire pour que s’établisse cette espèce de prise de mayonnaise, si je puis dire familièrement, qui va devenir une langue avec des effets culturels considérables... »

Dante et la langue italienne

Rabelais et la langue française

Calvin, Genève, la Réforme

Descartes, la mise à distance du latin

« Leibniz écrivait indifféremment en allemand, en français, ou en latin »

Volonté politique et réalité esthétique, etc

 

Faut-il à la fois craindre et espérer pour l’avenir de la langue française ?

« A l’époque, le latin n’était maîtrisé que par ceux qui savaient lire et écrire »

« Je ne pense pas qu’il soit facile de trouver deux langues qui aient eu autant de compromissions réciproques en matière de mots que l’anglais et le français »

« Une différence fondamentale entre la langue écrite et la langue parlée »

« Langue orale, langue en danger »

« Le peu que nous savons sur les gaulois vient des romains »

« La perte d’une langue est toujours un malheur »

 

Le breton, internet, Molière, Racine, l’esperanto, anglicismes, etc

 

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Claude Hagège défendant la diversité des langues face au poids de la pensée unique : « c’est-à-dire de la pensée qui a pour support l’anglais et qui est une pensée néolibérale, dont nous sommes tous les victimes, à commencer par les pays d’Occident, aussi ceux d’Asie du sud-est, à savoir des pays qui sont entiérement rangés sous la bannière du néolibéralisme. C’est-à-dire du profit à tout crin ; sans aucune considération d’ordre culturel ; sans aucune considération d’ordre humain, social... mais avec seulement un attrait pour le profit immédiat... »

 

 

 

. . . Pour aller plus loin . . .

 

L’Association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR a organisé les 13/14/15 et 16 septembre 2013 au C.U.M. À Nice un colloque sur la défense de la langue française à l’occasion des jeux internationaux de la francophonie. Ce colloque exceptionnel s’inscrit dans les manifestations périphériques aux jeux. De nombreux conférenciers de renommée internationale ont exposé leur point de vue sur le constat et les conséquences du « tout anglais » dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Colloque autour des thèmes suivants : l’appauvrissement du français dans la vie quotidienne, l’hégémonie de l’anglais sur le français, les enjeux économiques du tout anglais, les relations internationales (suprématie de l’anglais).

 

Charles Xavier Durand : L’appauvrissement du français dans la vie quotidienne (la fabrique du crétin et la désinformation par les mots - l’affaiblissement de la maîtrise de la langue)

 

 


Danielle Goussot : Les enjeux économiques du tout anglais (38:05)

Bernard Cassen : Relations internationales - Enjeux de pouvoir, lutte des nations (47:00)

Matthieu Varnier : L’hégémonie de l’anglais sur le français (58:35)

Philippe Loubière : L’appauvrissement du français dans la vie quotidienne (30:14)

Bernard Salengro : L’hégémonie de l’anglais sur le français - Le français, langue de travail ? (23:20)
 

 

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L’histoire du mot "avatar" par Alain Rey

 

 

L’histoire du mot "geek" par Alain Rey

De "ban" à "banlieue", histoire d’une famille de mots racontée par Alain Rey

Entre « habit » et « habiller », une histoire de mot pas banale racontée par Alain Rey

Histoire du mot « dépanneur » par Alain Rey


 

 

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À l’occasion du salon Expolangues, le linguiste Alain Rey revient sur l’utilisation des outils numériques dans l’apprentissage des langues dans le cadre de l’émission 7 jours sur la planète.


Le numérique et la langue


« le gros problème ce n’est pas ce qu’il y a dans le numérique, c’est la manière de l’appréhender et la manière de l’utiliser (...) Donc il manque dans l’éducation une éducation au numérique, et ça, ce serait quelque chose qui serait tout à fait précieux. Parce qu’il y a des scories, il y a trop de choses, il y a des choses à éviter... (...) Il faut redonner de l’humanité, du collectif, du sensible... parce que la langue ce n’est pas seulement des contenus intellectuels, c’est aussi des attitudes affectives et culturelles »

 

 

 

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Pourquoi étudier des langues rares ? (9 min - octobre 2013)

Pourquoi les linguistes décrivent des langues rares ou peu parlées ? Loin des idées reçues, deux chercheurs expliquent dans ce 2ème épisode que ces langues rares ont beaucoup plus de chose à nous apprendre qu’on le croit.

Avec :

Bernard Caron, linguiste au LLACAN (Langage, langues et cultures d’Afrique noire) CNRS / INALCO

Valentina Vapnarsky, ethno-linguiste à l’EREA (Centre Enseignement et Recherche en Ethnologie Amérindienne) UNIV PARIS OUEST NANTERRE LA DEFENSE / CNRS

 

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Que peut-on faire pour les langues en danger ? (9 min - janvier 2014)

Que peut-on faire pour les langues en danger ? cette question est au coeur du métier des linguistes de terrain. Confronté à des communautés inquiètes, quelles solutions peuvent-ils apporter ?
 
Avec : Mark Van de Velde, linguiste au LLACAN (Langage, langues et cultures d’Afrique noire) CNRS / INALCO
Katharina Haude, linguiste au SEDYL (Structure et Dynamique des Langues) CNRS / INALCO / IRD

 

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Le monde et la diversité des langues / Claude Hagège (120 min - mai 2010)

Résumé :

« Claude HAGÈGE (chercheur en linguistique, professeur au Collège de France). Conférence organisée par l’Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues (IRPALL), l’UFR des langues et le Conseil Scientifique de l’Université Toulouse II-Le Mirail, dans le cadre du programme "Les mercredis de la connaissance". Université Toulouse II-Le Mirail, 5 mai 2010. [Suivi d’un débat avec l’auditoire, animé par Solange Hibbs, Jean-Louis Breteau et François-Charles Gaudard, professeurs à l’Université Toulouse II-Le Mirail].

Selon les estimations, on compte, dans le monde contemporain, entre cinq mille et sept mille langues différentes, compte non tenu des dialectes et usages régionaux. Ces langues sont rangées en un certain nombre de familles, de l’indo-européenne à la sino-tibétaine, en passant par l’ouralienne, la sémitique, l’africaine, l’amérindienne, etc. Les langues appartenant à une même famille peuvent, néanmoins, être typologiquement très différentes. Certains esprits, hier comme aujourd’hui, prônent une unité linguistique, qui se réaliserait autour d’une langue unique, réputée faciliter les échanges à travers le monde. En réalité, aucune langue n’a jamais eu de diffusion mondiale, qui soit de nature à faire qu’elle supplante toutes les autres, et il ne semble pas, malgré ce qui est déclaré ici ou là, que l’anglais ait aujourd’hui cette vocation. En effet, face à sa présence sur les cinq continents, on voit s’affirmer des langues fortement promues par les pays où elles se parlent, de l’allemand au portugais, de l’espagnol au chinois, et de l’arabe au français, lequel prend tout naturellement sa place dans ce concert en faveur de la diversité linguistique du monde. »

 

 

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Conférence absolument passionnante et passionnée !

 

Grand succès pour l’Entretien d’Issy avec Claude Hagège autour de la pensée unique et de la diversité des langues (2012)

 

 

« La diversité des langues est naturelle »

« Je ne défends pas, je promeus ! »

« l’anglo-américain lui-même est en train de donner naissance à d’autres langues »

D’innombrables langues ont trouvé une tribune grâce à internet, néanmoins l’ampleur des moyens de diffusion de la langue anglaise est encore bien réelle.

Véhiculaire / Vernaculaire

« J’ai toujours recommandé d’enseigner, non pas une, mais deux langues vivantes à l’école »

« La diversité est menacée lorsque l’enseignement finit par promouvoir une seule langue »

« Je ne dis jamais les anglo-saxons, je dis les anglo-américains »

Suprématie du cinéma hollywoodien

« La langue russe est une admirable langue, cent fois plus belle à mon oreille que l’anglais »

Si nous surmontons les réticences, un jour « L’Europe sera un pays qui va de Brest à Vladivostok »

Le chinois, Instituts Confucius

« En France, on n’est pas très conscient de l’importance capitale de promouvoir le français » (à 1:03:40)

OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) : 70 membres

Le Québec

La diversité contre l’impérialisme

 

Les questions du public (à 1:16:18)

 



13 réactions


  • Stupeur Stupeur 5 juillet 2014 13:02

    Lepoint.fr - 22/06/2014 : Les entreprises britanniques privilégient la langue française 
     
    « Le français reste la langue étrangère la plus prisée par les entreprises britanniques qui recherchent aussi de plus en plus du personnel sachant parler le mandarin ou l’arabe, montre une étude publiée dimanche. Le français arrive, comme l’année dernière, en tête des langues qualifiées comme "utiles" par les 300 entreprises consultées par la Confédération britannique de l’industrie (CBI) pour son rapport annuel qui doit paraître en intégralité en juillet. (...) » (lire l’article)
     

  • Stupeur Stupeur 5 juillet 2014 13:38

    Un portail très complet sur la langue française :
     
    Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) est adossé au laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF / CNRS - Nancy Université). Son objectif est de réunir au sein d’un portail unique, le maximum de ressources informatisées et d’outils de consultation pour l’étude, la connaissance et la diffusion de la langue française.
     
    Créé en 2005 par le CNRS, le CNRTL fédère au sein d’un portail unique, un ensemble de ressources linguistiques informatisées et d’outils de traitement de la langue.
    Le CNRTL intègre le recensement, la documentation (métadonnées), la normalisation, l’archivage, l’enrichissement et la diffusion des ressources.

  • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 5 juillet 2014 21:32

    cé koua la lang frenssaize ??????


  • Staline 6 juillet 2014 15:30

    une langue n’est vivante que si elle arrive à s’adapter à son époque.

    l’informatique dans les 20 ans permettra de traduire un texte en changeant la formulation celon la manière de faire d’un auteur.
    à l’epoque de chirac et raffarin, les français ont voulu se proteger de google en disant que cela viendrai de bouygue ou bolloré alors que c’est un modele de start up irlandaise.
    le prix du logement à quintuplé les salaires se sont reduit et l’etat culpabilise la logique des victimes.
    les retraités incarnant la sagesse ne pense qu’ a eux, en plein naufrage il ne savent pas nager. des fois que le bateaux coulerai il vaut mieux vendre la coque ?


    • jeanpiètre jeanpiètre 8 juillet 2014 18:20

      il ne faurt pas oublier que chaque langue à ses spécificités, on aime en 12 mots en français, on compte en 20 mots en anglais une dizaine de mots pour decrire la neige en inuit ......, il y à 3 sexes dans la plupart des langues etc....


  • Staline 6 juillet 2014 17:34

    Claude Hagège interprete tres bien l’autiste qui maitrise toute les langues, ça fait 5000000 mots articulés en differentes familles gramaticales ?

    une personnes change un peut l’orthographe et c’est la catastrophe, l’effet papillon.


  • Staline 6 juillet 2014 17:36

    c’est un peut comme nabilla à l’onu, il le dit au début.


  • Staline 6 juillet 2014 17:44

    le troisieme , ce que ne peut pas faire l’informatique caractérise sa difference par rapport aux maths.

    les ordinateur peuvent etre temporisé,par exemple, ou programmé. on peut jouer au flipper sur un ordinateur, il y a jamais eut de filipper mais on éprouve la joie d’y jouer.


  • Staline 6 juillet 2014 17:47

    la vrai difficulté serrai de n’avoir qu’un dictionnaire et de se retrouver avec un émulateur d’interlocuteur.


  • cathy30 cathy30 6 juillet 2014 23:30

    Ce titre est étonnant, puisque le français a été une langue impérialiste pour unifier un peuple français.


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