jeudi 5 avril 2012 - par Sophie Li

Michel Serres : "Je suis pauvre et je vous emmerde"

Magnifique intervention du philosophe Michel Serres et éloge d’une certaine pauvreté dans Ce soir ou jamais lors d’un débat sur le bonus de 16 millions d’euros du patron de Publicis.

 

Le comédien Pascal Elbé et le juriste Mathieu Laine prennent, quant à eux, la défense de Maurice Lévy, et jugent scandaleuse la récupération politique de cette affaire :

 

Dans la même émission, Michel Serres explique pourquoi, dans un monde qui a totalement changé en un siècle et qui a du mal à être pensé, la campagne électorale actuelle est à ce point médiocre :

 



28 réactions


  • maQiavel machiavel1983 5 avril 2012 14:15

    Michel Serres est un philosophe. Il aurait fallu lui demander comment il définit la pauvreté à mon avis il fait la différence avec la misère ( mais il dit qu’ il a un salaire de misère ).

    Mais la pauvreté dans le sens commun , on ne peut pas en faire l’ éloge à moins d’ etre un bobo qui ne sait pas ce que c’ est de manquer d’ argent !
    Non la pauvreté n’ est pas une vertu , elle est à combattre ! En tous cas il faudrait bien définir les termes pour savoir de quoi on parle !

    • Bender Bender 5 avril 2012 14:30

      Évidemment que la pauvreté est à combattre. Il fait moins l’éloge de la pauvreté que ce qu’il critique la mode voulue par le système capitaliste et financier tel qu’on le connait : de toujours vouloir plus. Plus de pognon, plus de biens matériaux, plus de profit, plus de luxe et à la fin tout ça conduit... à la dépouillement d’une majorité d’êtres humains pour le bien d’une poignée.
      Voilà, à mon sens, comment résumer son intervention.


    • ffi 5 avril 2012 14:39

      Comme quoi , vouloir toujours plus fait valoir toujours moins.


    • ffi 5 avril 2012 14:41

      Ceux qui veulent tout sont des vauriens.
      Ceux qui ne veulent rien valent beaucoup mieux.


    • Bender Bender 5 avril 2012 14:47

      @ ffi
      Nous avons un point d’accord ou c’est du 2ème degré ?


    • ffi 5 avril 2012 15:09

      Si 2nd degré il y a, c’est par la forme.
      Mais sur le fond, c’est au 1er.


    • Mr.Kout 5 avril 2012 15:42

      Pauvre : qui n’a pas ou peu d’argent.

      Je ne pense pas que ce monsieur soit pauvre si l’on se réfère à la définition.A partir de quand peut t on considérer que l’on a peu d’argent ?
      Ce n’est pas la même chose pour un smicard et un milliardaire.Moi avec son salaire je ne m’estimerai pas pauvre.

      Maintenant,le 2eme sens de ce mot qui ne s’applique pas vraiment à l’humain,si on en adapte la définition : "qui manque de quelque chose" ;Pourrait être utile pour établir la définition correcte de pauvre.

      Donc je dirais que pauvre dans notre société c’est quelqu’un qui a peu ou pas d’argent et par ce fait manque de quelques choses essentielles au bonheur.

      Le bon mot reste donc misère,pour décrire l’état des plus opprimés par le totalitarisme marchand.


    • maQiavel machiavel1983 5 avril 2012 15:50

      Le bon mot reste donc misère,pour décrire l’état des plus opprimés par le totalitarisme marchand

       Je suis d’ accord Mr kout mais il dit avoir un salaire de misère ... je m’ étonne qu’ un philosophe de son niveau et qui est habitué à manier les mots n’ eut été plus précis ...

      @ Bender
      Je suis d’ accord , ce qui me gène c’ est quand il dit avoir un salaire de misères ...les vrais miséreux n’ ont même pas de salaire , et la pauvreté dans ce sens est loin d’ être une vertu !

    • Nazman Nums 5 avril 2012 19:19

      Michel Serres est un philosophe. Il aurait fallu lui demander comment il définit la pauvreté à mon avis il fait la différence avec la misère


      J’ai vu l’émission et en effet, il distingue la pauvreté de la misère et de l’indigence.

      Selon lui :

      -Pauvreté : ne pas avoir ou avoir peu d’argent.
      -Indigence : ne pas avoir de toit
      -Misère : ne pas avoir à manger

      Par contre, par la suite, un sociologue l’a remis en place en lui faisant remarquer qu’en tant qu’universitaires ils ne sont pas à plaindre. Ils sont pauvres par rapport à certains mais riches par rapport à d’autres.
      Ensuite, quand on enseigne à Stanford, dont on sait que c’est l’université qui dispose des plus gros moyens financiers de la planète, on peut supposer qu’il n’est pas à plaindre comme le fait justement remarquer un commentateur plus bas.

      Perso, j’aimerais bien être aussi pauvre que lui et surtout être enseignant.

    • Bender Bender 5 avril 2012 20:11

      "Je suis d’ accord , ce qui me gène c’ est quand il dit avoir un salaire de misères ...les vrais miséreux n’ ont même pas de salaire , et la pauvreté dans ce sens est loin d’ être une vertu !"

      Nous sommes d’accord. il me plait bien ce petit vieux, c’est surement pour ça que je me méfie moins de lui que vous...


    • Bender Bender 5 avril 2012 20:12

      "Si 2nd degré il y a, c’est par la forme.
      Mais sur le fond, c’est au 1er."

      Comme quoi, parfois, nous pouvons être d’accord sur certains sujets


    • Mr.Kout 5 avril 2012 22:03

      Leur posture contradictoire montre que la fuite prétendant que Hollande avait rassuré ses soutiens fortunés en leur disant que c’était du vent est d’un coup plus crédible.
      Allez, cher militants et sympathisants PS,prenez là bien profond celle là.

      Mais vous faites pas d’illusion,la Marine elle fait pareil.


  • ffi 5 avril 2012 14:29

    Je trouve intéressant qu’il se réfère aux péchés capitaux.
    Toutes ces perversions laissées sans remède, voilà bien une grave faute.
     
    Un délire de la raison, sans trouver la sagesse... C’est très joliment dit.
     
    Pour les péchés capitaux et leurs remèdes voir ici.
     
    Nous sommes dirigés par des malades.


  • Flynt Flynt75 5 avril 2012 15:10

    Mouais moi je trouve que c’est de la branlette et un crachat lancé à tous les vrais pauvres, allez dire à quelqu’un qui ne peut pas se loger, à ceux qui dorment sous les ponts, à ceux qui souffrent du froid, à ceux qui ont faim, allez leur dire que la pauvreté est une vertu et qu’on doit être fier de l’être.

    -

    Il essaye de tenir une posture christique vis à vis de la pauvreté, mais faudrait lui rappeler que le christ menait un combat et lui dans sa conclusion il prône le non combat justement, on est pauvre c’est comme ça et c’est pas grave que des porcs s’enrichissent sur notre dos.
    Autant j’ai du respect pour ceux qui prône la pauvreté dans un concept philosophique de LUTTE contre le système autant j’emmerde les cons comme lui qui donnent un alibi à la pauvreté matérielle qui étouffe tant de monde.


    • ffi 5 avril 2012 15:16

      Je crois qu’il critique plutôt ce système philosophique qui consiste à vouloir sans cesse tout avoir et tout pouvoir.
       
      Que les riches se sortent vite de cette insanité où il leur en cuira !


  • Niza 5 avril 2012 15:26

    Michel Serres, né le 1er septembre 1930 à Agen (Lot-et-Garonne), est un philosophe, historien des sciences et homme de lettres français.
    À partir de 1969, il est professeur d’histoire des sciences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ainsi qu’à l’Université Stanford depuis 1984. Élu à l’Académie française le 29 mars 1990, il occupe le fauteuil no 18, anciennement occupé par Edgar Faure.

    En 1994, il est nommé Président du Conseil scientifique de La Cinquième, la chaîne de « télévision de la connaissance, du savoir et de l’emploi », lancée par Jean-Marie Cavada, sur décision du gouvernement d’Édouard Balladur1.

    Le philosophe s’engage dans une voie proprement littéraire et artistique en avril 2008 alors qu’il prépare une œuvre-spectacle pour la ville du Mans. Le thème est la conservation du patrimoine, de la cathédrale, du vieux-Mans et du bestiaire représenté dans la ville. La représentation unique eut lieu le 11 mai. Michel Serres participe chaque dimanche depuis 2004 à la chronique de France Info « le sens de l’info » avec Michel Polacco.

    Il a été nommé officier de l’ordre national du Mérite en 19872, puis promu commandeur en 19973 ; il a également été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1985, puis promu officier en 19934, commandeur en 20015 puis Grand Officier le 14 juillet 2010.

    Un vrai prolétaire...


    • maQiavel machiavel1983 5 avril 2012 15:43

      C’est ça ...


    • Mr.Kout 5 avril 2012 15:44

      "Un vrai prolétaire..."

      Prolétaire ne veut pas dire pauvre,je connais des prolétaires qui gagne 10 000€ par mois.Revoyez vos définitions.


    • Niza 5 avril 2012 15:55

      Machiavel : Le "je touche un salaire de misère" alors qu’il doit être pas loin de 10.000€ si pas plus (Stanford ça paye bien), c’est vraiment se foutre du monde, on est en plein dans la société du spectacle.

      MrKout : C’etait plus par provocation et ironie, théoriquement il est en effet un prolétaire puisqu’il n’est pas propriétaire de ses moyens de production et doit vendre sa force de travail. Mais le Vice Président de Goldman Sachs est aussi un prolétaire selon cette définition.


    • maQiavel machiavel1983 5 avril 2012 16:13

      Prolétaire ne veut pas dire pauvre,je connais des prolétaires qui gagne 10 000€ par mois.Revoyez vos définitions.

      R / Pour le coup , je suis plutôt d’ accord avec niza. Oui, on peut définir le prolétariat comme la classe qui n’ est pas propriétaire de ses moyens de production. 

      Un trader salarié chez Goldman Sachs selon cette définition est bien un prolétaire

      Mais si on définit le prolétariat comme " la classe historique de ceux qui n’ont aucun pouvoir sur l’emploi de leur existence dans la marchandisation du monde" le trader ne peut pas en être ...

       Bref , c’ est de la branlette intellectuelle tout ça , ce qui est sur c’ est que ce monsieur en disant avoir un salaire de misère devrait faire attention aux mots qu’ il emploie ...


    • Mr.Kout 5 avril 2012 16:20

      Vous oubliez une nuance,il y a bien les moyens de production qui rentre en ligne de compte mais aussi le capital,et votre exemple de goldman sach n’est pas forcement vrai car cela m’étonnerais que celui ci n’est pas de capital.


    • Mr.Kout 5 avril 2012 16:21

      "Mais si on définit le prolétariat comme " la classe historique de ceux qui n’ont aucun pouvoir sur l’emploi de leur existence dans la marchandisation du monde""

      Vous trouvez pas que le totalitarisme marchand brouille déjà assez les cartes,niveau vocabulaires,pour qu’on s’y mette aussi ?


    • Mr.Kout 5 avril 2012 16:22

      Mais je confirme,ce gars ferait mieux de poser ses mots.


  • Deneb Deneb 5 avril 2012 15:29

    Magistral. Michel Serres, président !


  • lsga lsga 5 avril 2012 16:42

    quel dommage qu’il soit relativiste celui-là...


    il finira dans l’enfer du non-être avec Wyne, Mac X, et Sextus Empiricus.... 



  • sortec sortec 5 avril 2012 20:35

    michel serres à rien


  • Morpheus Morpheus 6 avril 2012 14:38

    C’est le grand truc que nous ont apporté les Indignés : ils ne parlent plus en termes [ pauvres vs riches ], car chacun sait que personnes, excepté les miséreux, ne se considère comme pauvre (même ceux qui le sont objectivement). Ils parlent donc en termes de [ 99% vs 1% ] ce qui correspond très exactement au rapport de force et la véritable lutte des classes : 1% d’ultra-riches qui ont fait main basse sur la majeure partie des ressources de la planète, et qui dicte ses lois au monde entier, c’est-à-dire les 99%. C’est donc " l’ultra oligarchie ", ou l’oligarchie mondiale contre les peuples.


  • mortelune mortelune 15 avril 2012 18:26

    La pauvreté amène à la vertue si elle n’amène pas à en vouloir davantage. Se contenter de se que l’on a sans envier et jalouser ceux qui possèdent est la preuve d’une sagesse et d’une estime de soi suffisante pour accéder au bonheur. Si les besoins primaires et quelques besoins secondaires sont satisfaits il est possible de parler de pauvreté en les comparants aux richesses accumulées de certains. Seul un philosophe proche des idées de Sénèque peut avoir un discours comme celui de Michel Serres. Certains religieux ont aussi cette vertue comme l’avait certainement l’abbé Pierre. Michel Serre a raison, il est pauvre s’il n’est pas soumis à la tentation d’en avoir davantage. Par opposition à ceux qui en veulent toujours davantage. En disant ces mots il ne fait que dire que les pauvres ont leur dignité et il ramène aux valeurs humaines l’égalité que semblent oublier les nantis. Il n’y a aucune honte à être pauvre, c’est bien là la pensée du philosophe et il "emmerde" ceux qui ne sont satisfaits que par l’accumulation de richesse. Comme moi et sans doute vous, il n’a rien contre les riches, ils ne les jalouse pas, il les "emmerde" et c’est déjà pas si mal. G. Brassens aurait tout aussi bien pu dire la même chose alors qu’il ne manquait pas d’argent.


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